BLAISE CENDRARS
BLAISE CENDRARS

BLAISE CENDRARS

985022
8,00 €
POÈTES & CHANSONS
Poèmes devenus chansons
La Prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de France
1 CD-DC

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Les Titres :
1. En ce temps-là j’étais en mon adolescence…
3’20‘’
2. J’avais faim…
1’53’’
3. En ce temps-là…
3’22’’
4. Or, un vendredi matin…
1’26’’
5. J’étais très heureux…
1’51’’
6. Et pourtant…
3’36’’
7. Du fond de mon cœur
4’07’’
8. Le ciel est comme…
2’46’’
9. Nous sommes loin…
1’51’’
10. « Dis, Blaise, sommes-nous bien loin de Montmartre ? »
1’26’’
11. Mais oui, tu m’énerves…
0’40’’
12. « Dis, Blaise…
2’20’’
13. Tu as les hanches angulaires…                          
1’13’’
14. J’ai pitié…
4’44’’
15. Jeanne…
5’14’’
16. Effeuille la rose des vents…
4’03’’
17. À partir d’Irkoutsk…
2’06’’
18. J’ai vu…
3’01’’
19. À Tchita…
4’31’’
20. Tsitsikar et Kharbine…
1’25’’
21. Ô Paris…
7’07’’
 

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Blaise Cendrars Frédéric Louis Sauser, dit Blaise Cendrars [blɛz sɑ̃dʁaːʁ], est un écrivain suisse et français, né le 1er septembre 1887 à La Chaux-de-Fonds (Suisse) et mort le 21 janvier 1961 à Paris. À ses débuts, il utilise brièvement les pseudonymes Freddy Sausey, Jack Lee et Diogène. Dès l'âge de 17 ans, il quitte la Suisse pour un long séjour en Russie puis, en 1911, il se rend à New York où il écrit son premier poème Les Pâques (qui deviendra Les Pâques à New York en 1919). Il le publie à Paris en 1912 sous le pseudonyme de Blaise Cendrars, qui fait allusion aux braises et aux cendres permettant la renaissance cyclique du phénix. En 1913, il fait paraître son poème le plus célèbre, La Prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de France. Dès le début de la guerre de 1914-1918, il s'engage comme volontaire étranger dans l'armée française avant d'être versé dans la Légion étrangère. Parmi ses compagnons d'armes de la Légion, figure notamment Eugene Jacques Bullard, premier pilote noir des forces alliées à partir de 1917. Gravement blessé le 28 septembre 1915, Cendrars est amputé du bras droit et en conséquence réformé. Il écrit sur cette expérience son premier récit en prose : il s'agit d’une première version de La Main coupée. Le 16 février 1916, il est naturalisé français, suite à son engagement à la guerre. Il travaille dans l'édition et délaisse un temps la littérature pour le cinéma, mais sans succès. Lassé des milieux littéraires parisiens, il voyage au Brésil à partir de 1924. En 1925, il s'oriente vers le roman avec L'Or, où il retrace le dramatique destin de Johann August Sutter, millionnaire d'origine suisse ruiné par la découverte de l'or sur ses terres en Californie. Ce succès mondial va faire de lui, durant les années 1920, un romancier de l'aventure, que confirme Moravagine en 1926. Dans les années 1930, il devient grand reporter. Correspondant de guerre dans l'armée anglaise en 1939, il quitte Paris après la débâcle et s'installe à Aix-en-Provencea. Après trois ans de silence, il commence en 1943 à écrire ses Mémoires : L'Homme foudroyé (1945), La Main coupée (1946), Bourlinguer (1948) et Le Lotissement du ciel (1949). De retour à Paris en 1950, il collabore fréquemment à la Radiodiffusion française. Victime d'une congestion cérébrale le 21 juillet 1956, il meurt des suites d'une seconde attaque le 21 janvier 1961. L'œuvre de Blaise Cendrars, poésie, romans, reportages et mémoires, est placée sous le signe du voyage, de l'aventure, de la découverte et de l'exaltation du monde moderne où l'imaginaire se mêle au réel de façon inextricable. Le fonds d'archives de Blaise Cendrars a été créé en 1975 par Miriam Gilou-Cendrars (1919-2018), sa fille, et se trouve aux Archives littéraires suisses à Berne. Biographie Frédéric-Louis Sauser naît le 1er septembre 1887 à La Chaux-de-Fonds (canton de Neuchâtel), dans une famille bourgeoise d'origine bernoise francophone. Frédéric, appelé Freddy, grandit au sein d'une famille désunie dans un climat d'insécurité. Les voyages de son père, un homme d'affaires un peu niais et instable, font mener à la famille une vie itinérante, notamment à Naples. Sa mère, elle est neurasthénique et néglige ses enfants. Envoyé en pension en Allemagne, Freddy fugue. Ses parents l'inscrivent à l'École de commerce de Neuchâtel, pour des études qui ne lui plaisent pas. En 1904, dans sa dix-huitième année, au vu de ses mauvais résultats scolaires, il est envoyé en apprentissage à Moscou et surtout à Saint-Pétersbourg, alors en pleine effervescence révolutionnaire. Jusqu'en 1907, il y travaille chez un horloger suisse. À la Bibliothèque impériale, dont il devient l'habitué, un bibliothécaire, R. R., l'encourage à écrire. Freddy commence à noter ses lectures, ses pensées, il aurait alors écrit La Légende de Novgorode, de l'or gris et du silence. Pour lui faire une surprise, R. R. l'aurait traduit en russe et fait imprimer à 14 exemplaires en blanc sur papier noir. Du vivant de Cendrars, personne n'a jamais vu ce livre qu'il a pourtant fait figurer en tête de toutes ses bibliographies à partir de Séquences (1913). Beaucoup doutaient de son existence, lorsqu'un poète bulgare en découvre un exemplaire, en 1995, chez un bouquiniste de Sofia. Depuis lors, l'authenticité de cette plaquette fait l'objet de controverses, ce qui enrichit la mythologie du poète de nouveaux épisodes. Vers la fin de son séjour, il se liera a une jeune femme russe, Hélène Kleinmann, a laquelle il donne des cours de Français. En 1907, Frédéric-Louis Sauser revient en Suisse. Quelques mois après son retour, Hélène subira a un destin tragique, elle meurt brûlée vive dans un incendie. Sur cet accident a toujours plané le fantasme du suicide. Étudiant la médecine à l'université de Berne, il a rencontré Adolf Wölfli, interné à l'asile de la Waldau. Ce schizophrène violent, dessinateur de génie, pourrait être un des modèles de Moravagine, le « grand fauve humain » qui va obséder Cendrars comme un double pendant de longues années. Quant aux études universitaires, elles apportent peu de réponses aux questions qui le hantent sur l'homme, son psychisme, son comportement. Sous l'influence du Latin mystique de Remy de Gourmont, il écrit ses premiers poèmes : Séquences. Après un court séjour à Paris, il retourne en 1911, pour quelques mois, à Saint-Pétersbourg. Il y écrit son premier roman, Moganni Nameh qui ne paraîtra, en feuilleton, qu'en 1922 dans la revue Les Feuilles libres. Il se plonge dans Schopenhauer ; une formule de ce philosophe illumine son rapport à la réalité : « le monde est ma représentation ». Désormais, la vie et la poésie seront pour lui des vases communicants. Fin 1911, Freddy s'embarque pour New York pour rejoindre Fela Poznańska, une étudiante juive russo-polonaise rencontrée à Berne. Il l'épousera par la suite et elle sera la mère de ses enfants Odilon et Rémy, et de Miriam. Ce séjour aux États-Unis lui montre la voie, nouvelle et soumise aux lois de la mécanique, de la vitesse, de la modernité, dans lequel le monde s'engage. Au sortir d'une nuit d'errance, il rédige son premier long poème, Les Pâques à New York, un poème fondateur de la poésie moderne. Pour le signer il s'invente le pseudonyme de Blaise Cendrart, qui sera ensuite Cendrars. Pour Cendrars, l'acte de création artistique a lieu lorsque le poète est tel une braise, qui se consume au cours de la création, puis s'éteint pour se transformer en cendres. C'est pourquoi il choisit son pseudonyme Blaise comme braise, et Cendrars comme cendre Il revient à Paris pendant l'été 1912, convaincu de sa vocation de poète. Avec sa femme il demeure au 4 de la rue de Savoie. Avec Emil Szittya, un écrivain anarchiste, il fonde Les Hommes nouveaux, une revue et une maison d'édition où il publie Les Pâques, puis Séquences, un recueil de poèmes plus anciens d'inspiration décadente, marqués par l'influence de Remy de Gourmont qu'il admire comme un maître. Séquences appartient davantage à Freddy Sauser qu'à Cendrars, même s'il le signe de son pseudonyme. Il se lie d'amitié avec des personnalités de l'avant garde artistiques et littéraires : Apollinaire et les artistes de l'école de Paris, Chagall, Léger, Survage, Modigliani, Csaky, Archipenko, Delaunay, Kisling . En 1913, il publie La Prose du transsibérien et de la petite Jehanne de France, avec des compositions en couleurs de Sonia Delaunay-Terk. Dans ce premier livre simultané, le texte et l'image sont étroitement imbriqués pour créer une émotion artistique nouvelle, qui sera à l'origine d'une vive polémique. Ce poème-tableau de deux mètres de hauteur, présenté sous forme de dépliant, est reconnu aujourd'hui comme une contribution majeure à l'histoire du livre d'artiste. L'amitié liant Cendrars à certains artistes de l'École de Paris conduit Cendrars à la création de poèmes abstraits révolutionnaires, qui constituent aussi pour certains des hommages directs à des peintres comme Chagall et Léger : il s'agit des Dix-neuf poèmes élastiques publiés en 1919. Dès le début de la Première Guerre mondiale, Cendrars lance, avec l'écrivain italien Ricciotto Canudo, un Appel aux artistes étrangers qui vivent en France, et s'engage à la Légion étrangère pour la durée de la guerre au régiment de marche du camp retranché de Paris. Il est affecté à la 6e compagnie du 3e régiment de marche du 1er étranger. Après son baptême du feu sur la Somme en novembre, il est promu légionnaire de 1re classe après six mois d'engagement puis caporal pour son courage au feu le 12 juin 1915. Son régiment est dissous en juillet 1915 et il est alors affecté au 2e régiment de marche du 2e étranger. Le 27 septembre 1915, meurt Remy de Gourmont, son "maitre en écriture", le lendemain durant la grande offensive de Champagne, il est gravement blessé au bras droit par une rafale de mitrailleuse, et amputé au-dessus du coude (Cendrars est droitier). Il est alors cité à l'ordre de l'armée, décoré de la Médaille militaire et de la Croix de guerre avec 2 palmes avant d'être réformé9. Dossier de naturalisation de Fréderic Louis Sauser, dit Blaise Cendrars, en application de la loi sur la naturalisation des étrangers, votée le 4 août 1914. Après une « année terrible » où il n'écrit plus, le poète manchot apprend à écrire de la main gauche. Le 16 février 1916, il est naturalisé français. Vers la fin de l'année il rencontre Eugenia Errazuriz, grande mécène chilienne qui recevra, jusqu'a la drôle de guerre, fréquemment "son poète" dans sa villa de Biarritz, de même que Picasso, Rubinstein ou Stravinsky. Fin 1916, il publie La Guerre au Luxembourg. Au cours de l'été 1917, qu'il passe à Méréville (Seine-et-Oise, aujourd'hui Essonne), il découvre son identité nouvelle d'homme et de poète de la main gauche, en rédigeant, au cours de sa « plus belle nuit d'écriture », le 1er septembre, La Fin du monde filmée par l'Ange N.-D. Commence alors une période d'activité créatrice intense placée sous le signe tutélaire de la constellation d'Orion, dans laquelle la main droite du poète s'est exilée. De ce renouveau créateur naissent aussi des œuvres comme L'eubage ou encore Profond aujourd'hui. Avec Profond aujourd'hui (1917), le poète de la main gauche publie son manifeste en présentant une vision poétique de la modernité. Dans J'ai tué (1918), premier livre illustré par Fernand Léger, il écrit quelques-unes des pages les plus fortes et les plus dérangeantes qui aient été écrites sur la guerre : « Mille millions d'individus m'ont consacré toute leur activité d'un jour, leur force, leur talent, leur science, leur intelligence, leurs habitudes, leurs sentiments, leur cœur. Et voilà qu'aujourd'hui j'ai le couteau à la main. L'eustache de Bonnot. « Vive l'humanité ! » Je palpe une froide vérité sommée d'une lame tranchante. J'ai raison. Mon jeune passé sportif saura suffire. Me voici les nerfs tendus, les muscles bandés, prêt à bondir dans la réalité. J'ai bravé la torpille, le canon, les mines, le feu, les gaz, les mitrailleuses, toute la machinerie anonyme, démoniaque, systématique, aveugle. Je vais braver l'homme. Mon semblable. Un singe. Œil pour œil, dent pour dent. À nous deux maintenant. À coups de poing, à coups de couteau. Sans merci. Je saute sur mon antagoniste. Je lui porte un coup terrible. La tête est presque décollée. J'ai tué le Boche. J'étais plus vif et plus rapide que lui. Plus direct. J'ai frappé le premier. J'ai le sens de la réalité, moi, poète. J'ai agi. J'ai tué. Comme celui qui veut vivre. » Paraissent également des poèmes écrits avant-guerre : son troisième poème « homérique » ou « whitmanien », Le Panama ou les aventures de mes sept oncles (1918), ainsi que les Dix-neuf poèmes élastiques (1919). S'éloignant de Paris, il prend congé des milieux littéraires d'avant-garde (Dada, puis surréalisme) dont les polémiques lui paraissent dépassées et gagne Bruxelles où il donne des conférences à l'U.L.B. (Université Libre de Bruxelles), s'y liant d'amitié avec Robert Goffin. Attiré par le cinéma, qui incarne pour lui la modernité de l'expression artistique, il devient l'assistant d'Abel Gance pour J'accuse, où il tient également un rôle de figurant, puis pour La Roue. En 1921, par l'entremise de Cocteau, il passe lui-même à la réalisation, à Rome ou il réalisera La Venera Nera (La Vénus Noire), un film aujourd'hui perdu, mais l'expérience est un échec. Comme beaucoup d'artistes et d'écrivains à cette époque, il se passionne pour l'Afrique et compile dans son Anthologie nègre (1921) des contes de tradition orale, qu'il est le premier à considérer comme de la littérature. Pour les Ballets suédois, il tire de ce recueil l'argument de La Création du Monde (1923), avec une musique de Darius Milhaud, des décors et costumes de Fernand Léger. En janvier 1924, il se rend au Brésil à l'invitation de Paulo Prado (pt), homme d'affaires et mécène des poètes modernistes de São Paulo, parmi lesquels Oswald de Andrade et Mário de Andrade. Dans un pays où la nature aussi bien que la population s'accordent à ses aspirations profondes, il découvre son « Utopialand » qu'il célébrera souvent dans ses livres. Il y retournera par deux fois, de janvier à juin 1926 et d'août 1927 à janvier 1928. Il s'y lie notamment avec les poètes Oswald de Andrade (qui lui dédia son recueil Pau Brasil, publié en 1925 au Sans Pareil), Mário de Andrade, Sérgio Milliet, Luis Aranha, Manuel Bandeira et Carlos Drummond de Andrade, ainsi qu'avec les peintres Cícero Dias et surtout Tarsila do Amaral, qu'il nomme « la plus belle Pauliste du monde ». En 1924, il publie Kodak (Documentaire). Il faudra attendre les années 1970 pour découvrir que Cendrars avait composé ces poèmes par collage en découpant et réaménageant des fragments du Mystérieux docteur Cornélius, un roman populaire de Gustave Le Rouge. Il voulait ainsi montrer à son ami qu'il était lui aussi un poète. La même année, paraît Feuilles de route, son dernier recueil de poèmes, illustré par Tarsila do Amaral. Au retour du Brésil, il se lance dans le roman. En quelques semaines, il écrit L'Or (1925), où il retrace le tragique destin de Johann August Suter, millionnaire d'origine suisse ruiné par la découverte de l'or sur ses terres en Californie. Ce succès mondial va faire de lui, durant les années 1920, un romancier de l'aventure. Suivent bientôt Moravagine (1926), puis Petits contes nègres pour les enfants des blancs et Dan Yack qui rate le Goncourt. Une vie romancée de l'aventurier Jean Galmot (Rhum - L'aventure de Jean Galmot, 1930) lui fait découvrir le monde du journalisme. Dans les années 1930, il devient grand reporter pour explorer les bas-fonds (Panorama de la pègre, 1935). Son ami Pierre Lazareff, le patron de Paris-Soir, l'envoie prendre part au voyage inaugural du paquebot Normandie, puis visiter Hollywood, la Mecque du cinéma. Pendant la même période, il recueille dans trois volumes d'« histoires vraies » les nouvelles qu'il a publiées dans la grande presse. En décembre 1934, il rencontre Henry Miller qui deviendra un de ses amis. Entre 1937 et 1938, il se retire dans les Ardennes, sur la propriété d’Élisabeth Prévost, une jeune femme baroudeuse de vingt-sept ans qu'il a rencontrée à Paris et à laquelle il dédiera L'Homme foudroyé. En 1939, lorsque la guerre éclate, il s'engage comme correspondant de guerre auprès de l'armée britannique. Ses reportages paraissent notamment dans Paris-Soir et le livre qu'il en tire, Chez l'armée anglaise, sera pilonné par les Allemands. Profondément affecté par la débâcle, il quitte Paris et le journalisme pour se retirer à Aix-en-Provence pendant toute l'Occupation. Durant trois ans, il cesse d'écrire. À la suite d'une visite du romancier Édouard Peisson, il sort enfin du silence le 21 août 1943 et commence L'Homme foudroyé (1945) que suivront La Main coupée, Bourlinguer et Le Lotissement du ciel. Ces volumes de « mémoires qui sont des mémoires sans être des mémoires » forment une tétralogie marquée par deux grands traumatismes : la perte de sa main droite et le suicide d'une jeune fille profondément amoureuse de lui. Ils sont composés comme des rhapsodies par Cendrars qui renoue ainsi avec la formation musicale de sa jeunesse. À l'occasion de ce retour à l'écriture, un jeune photographe inconnu, Robert Doisneau, est envoyé à Aix pour faire un reportage sur Cendrars. Il illustre l'article que Maximilien Vox publie en 1945 dans La Porte ouverte, la revue de la chambre de commerce franco-suédoise, sous un titre qui résume bien ces années de guerre : Cendrars, un éléphant solitaire. Quatre ans plus tard, en 1949, Cendrars écrit le texte du premier album de Doisneau : La Banlieue de Paris, qui révèle un grand photographe. En 1944, Cendrars, qui n'écrit plus de poèmes depuis vingt ans, a recueilli ses Poésies complètes chez Denoël, avec l'aide et une préface de son ami Jacques-Henry Lévesque resté à Paris. En janvier 1948, il quitte Aix-en-Provence pour Villefranche-sur-Mer. De jeunes poètes viennent lui rendre visite : André Miguel, Frédéric Jacques Temple. L'année suivante, le 27 octobre 1949, il se marie avec Raymone Duchâteau, à Sigriswil dans l'Oberland bernois. Depuis qu'il a rencontré cette jeune comédienne en octobre 1917, il lui voue un amour idéalisé, non sans ambivalence, traversé de nombreuses crises. La même année 1949, il publie Le Lotissement du ciel, dernier volume des mémoires, qui réunit les deux figures de Joseph de Cupertino, le saint volant du xviie siècle, et Oswaldo Padroso, un fazendeiro brésilien qui s'est pris d'un amour fou pour Sarah Bernhardt. Le prière d'insérer du volume tient de la profession de foi : « Je voulais indiquer aux jeunes gens d’aujourd’hui qu’on les trompe, que la vie n’est pas un dilemme et qu’entre les deux idéologies contraires entre lesquels on les somme d’opter, il y a la vie, la vie, avec ses contradictions bouleversantes et miraculeuses, la vie et ses possibilités illimitées, ses absurdités beaucoup plus réjouissantes que les idioties et les platitudes de la « politique », et que c’est pour la vie qu’ils doivent opter, malgré l’attirance du suicide, individuel ou collectif, et de sa foudroyante logique scientifique. Il n’y a pas d’autres choix possibles. Vivre ! » En 1950, il retourne définitivement à Paris et s'installe au no 23 rue Jean-Dolent, derrière la prison de la Santé. À l'initiative de son ami Paul Gilson, qui y dirige les programmes artistiques, il collabore fréquemment à la Radiodiffusion française en compagnie notamment de Nino Frank et Albert Rièra. Ses entretiens radiophoniques avec Michel Manoll connaissent un grand succès. Il se lie avec de jeunes écrivains qu'il recommande aux éditions Denoël : René Fallet, Robert Giraud, Jean-Paul Clébert, Jacques Yonnet. Après un travail long et difficile, il publie, en 1956, Emmène-moi au bout du monde !…, un roman à clefs sous couvert d'une intrigue policière. La truculence de cette chronique théâtrale qui doit beaucoup à la vie de la comédienne Marguerite Moreno, une amie de Raymone, fait scandale. Ce sera sa dernière œuvre car il est victime d'une première attaque cérébrale le 21 juillet 1956, puis d'une seconde en 1958. En janvier 1959, c'est un grabataire qu'André Malraux fait Commandeur de la Légion d'honneur. Il se convertit au catholicisme le 1er mai 1959 et épouse religieusement Raymone à l'église Saint-Dominique. Le couple emménage en août au rez-de-chaussée d'un immeuble de la rue José-Maria-de-Heredia. Il meurt le 21 janvier 1961 en son domicile au 5 rue José-Maria-de-Heredia dans le 7e arrondissement de Paris, après avoir reçu in extremis la seule récompense littéraire officielle qu'il ait obtenue de son vivant : le grand prix littéraire de la Ville de Paris. Tombe de Cendrars au Tremblay-sur-Mauldre (à partir de 1994). Blaise Cendrars a reposé de 1961 à 1994 au cimetière des Batignolles à Paris. Œuvres Année Œuvre Genre littéraire 1945 L'Homme foudroyé Roman autobiographique 1946 La Main coupée Roman autobiographique 1948 Bourlinguer Roman autobiographique 1949 Le Lotissement du ciel Roman autobiographique Poèmes La Légende de Novgorode ou La Légende de Novgorode, de l'Or gris et du Silence. Dans ses bibliographies, Cendrars présente ainsi ce premier poème qui aurait été publié en Russie à son insu : « traduit en russe par R. R. sur le manuscrit ; tirage en blanc sur papier noir ; 14 exemplaires numérotés et signés. Moscou, Sozonov, 1909. Un volume in-12 carré ». Un exemplaire de cette plaquette longtemps introuvable a été découvert en 1995 à Sofia (Bulgarie) et il a fait l'objet de deux traductions en français (Montpellier, Éditions Fata Morgana, 1996, puis 1997). Il est désormais établi qu'il s'agit d'un faux. Les Pâques. Avec un dessin de l'auteur en frontispice. Paris, Éditions des Hommes nouveaux, 1912. Devient Les Pâques à New York in Du monde entier. Paris, Gallimard, 1919. Les Pâques à New York. Avec huit bois de Frans Masereel. Paris, René Kieffer, 1926. Séquences. Paris, Éditions des Hommes nouveaux, 1913 (recueil exclu par Cendrars de ses Poésies complètes). Recueil repris en appendice des Poésies complètes, Denoël, Œuvres complètes, t. I, 1963, Recueil repris en appendice des Poésies complètes parmi les « Poèmes de jeunesse », Denoël, coll. « Tout autour d'aujourd'hui », tome 1, 2001. Prose du Transsibérien et de la petite Jeanne de France. Avec des couleurs simultanées de Sonia Delaunay-Terk. Paris, Éditions des Hommes nouveaux, 1913. Le Transsibérien. Avec un portrait inédit de l'auteur et les reproductions en fac similé des épreuves corrigées du poème. Paris, Seghers, 1957. La Guerre au Luxembourg. Avec 6 dessins de Moïse Kisling. Paris, D. Niestlé, 1916. Le Panama ou les aventures de mes sept oncles. Couverture de Raoul Dufy, avec 25 tracés de chemins de fer américains et un prospectus publicitaire. Paris, La Sirène, 1918. Dix-neuf poèmes élastiques. Avec un portrait de l'auteur par Amedeo Modigliani (deux dans le tirage de tête). Paris, Au Sans Pareil, 1919. Édition critique par Jean-Pierre Goldenstein. Paris, Méridiens-Klincksieck, 1986. Du monde entier, recueil comprenant Les Pâques à New York, Prose du Transsibérien et de la petite Jeanne de France et Le Panama ou les aventures de mes sept oncles. Paris, Éditions de la Nouvelle Revue française, 1919. Feuilles de route, I. Le Formose. Avec 8 dessins de Tarsila do Amaral. Paris, Au Sans Pareil, 1924. Kodak (Documentaire). Couverture de Frans Masereel. Avec un portrait de l'auteur par Francis Picabia. Paris, Stock, 1924. Poésies complètes. Préface de Jacques-Henry Lévesque. Paris, Denoël, 1944. Poésies complètes. Préface de Jacques-Henry Lévesque. Nouvelle édition revue et corrigée. Paris, Denoël, 1947. Du monde entier au cœur du monde. Poésies complètes. Denoël, 1957. Poésies complètes, avec 41 poèmes inédits. Denoël, coll. « Tout autour d'aujourd'hui », t. 1, éd. de Claude Leroy, 2001; nouvelle édition 2005. Reprise des versions originales des recueils avec leurs illustrations. Du monde entier au cœur du monde. Poésies complètes. Préface de Paul Morand, éd. de Claude Leroy. Poésie/Gallimard, 2006. Publication posthume : Le Volturno, avec une lithographie de Pierre Alechinsky. Montpellier, Éditions Fata Morgana, 1989. Romans, contes, nouvelles, pièces radiophoniques Profond aujourd'hui, avec 5 dessins d'Angel Zarraga. Paris, À la Belle Édition, chez François Bernouard, 1917 (prose poétique). Nouvelle édition sans les dessins de Zarraga. Paris, Les Éditeurs Réunis, coll. « Tout autour d'aujourd'hui », 1926. J'ai tué, avec 5 dessins de Fernand Léger. À la Belle Édition, chez François Bernouard, 1918 (prose poétique). Nouvelle édition, avec un portrait de l'auteur par Fernand Léger. Georges Crès, 1919. Reproduction en fac-similé de l'édition de 1918, Éditions Fata Morgana, 2013. La Fin du monde filmée par l'Ange N.-D., avec des compositions en couleur de Fernand Léger. Paris, Éditions de la Sirène, 1919 (roman). Nouvelle édition précédée d'un « Pro domo ». Pierre Seghers, coll. « Poésie 49 », 1949. Anthologie nègre, couverture de Csaky. Paris, Éditions de la Sirène, 1921. Recouvrure de cette édition Au Sans Pareil, Paris, 1927. « Édition définitive, revue et corrigée », Paris, Corréâ, 1947. L'Or. La Merveilleuse Histoire du général Johann August Suter. Paris, Grasset, 1925 (roman). Édition revue et corrigée. Grasset, 1947. Gallimard, coll. « Folio », no 331, 1998. Préface de Francis Lacassin. L'Eubage. Aux antipodes de l'unité, avec 5 gravures au burin de Joseph Hecht. Paris, Au Sans Pareil, 1926 (roman). Édition critique par Jean-Carlo Flückiger. Paris, Champion, coll. « Cahiers Blaise Cendrars » no 2, 1995. Moravagine. Paris, Grasset, 1926 (roman). Nouvelle édition revue et augmentée de « Pro domo » et d'une « postface ». Paris, Grasset, 1956. Éloge de la vie dangereuse. Paris, Les Éditeurs Réunis, coll. « Tout autour d'aujourd'hui », 1926 (prose poétique). L'ABC du cinéma. Paris, Les Éditeurs Réunis, coll. « Tout autour d'aujourd'hui », 1926 (prose poétique). Petits Contes nègres pour les enfants des Blancs. Paris, Éditions des Portiques, 1928. Au Sans Pareil, avec quarante bois et douze hors texte de Pierre Pinsard, Paris, 1929. Jean Vigneau, avec des illustrations de Francis Bernard. Marseille, 1943. Réédition : Paris, 1946. Le Plan de l'Aiguille (Dan Yack). Paris, Au Sans Pareil, 1929 (roman). Les Confessions de Dan Yack. Paris, Au Sans Pareil, 1929 (roman). Dan Yack. Paris, Éditions de la Tour, 1946. Réunion en un volume revu et corrigé du Plan de l'Aiguille et des Confessions de Dan Yack. Paris, Gallimard, coll. « Folio », no 5173, 2011. Édition préfacée et annotée par Claude Leroy. Comment les Blancs sont d'anciens Noirs, avec cinq bois d'Alfred Latour. Paris, Au Sans Pareil, 1930 (contes nègres). Histoires vraies. Paris, Grasset, 1937 (nouvelles). Paris, Gallimard, coll. « Folio », no 5683, 2013. Édition présentée et annotée par Claude Leroy. La Vie dangereuse. Paris, Grasset, 1938 (nouvelles). La nouvelle J'ai saigné a été reprise aux éditions Zoé, coll. « Minizoé », no 62, Genève, 2004. Postface de Christine Le Quellec Cottier. D'Oultremer à Indigo. Paris, Grasset, 1940 (nouvelles). Gallimard, coll. « Folio », no 2970, 1998. Édition préfacée et annotée par Claude Leroy. Emmène-moi au bout du monde !... . Paris, Denoël, 1956 (roman). Films sans images (en coll. avec Nino Frank). Paris, Denoël, 1959 (pièces radiophoniques). Publications posthumes : John Paul Jones ou l'Ambition. Préface de Claude Leroy. Montpellier, Éditions Fata Morgana, 1989 (roman inachevé). La Vie et la mort du Soldat inconnu. Édition de Judith Trachsel. Préface de Claude Leroy. Paris, Champion, coll. « Cahiers Blaise Cendrars » no 4, 1995 (roman inachevé). La Carissima. Édition d'Anna Maibach. Paris, Champion, coll. « Cahiers Blaise Cendrars » no 5, 1996 (roman inachevé). Les Armoires chinoises. Postface de Claude Leroy. Montpellier, Éditions Fata Morgana, 2001 (conte inachevé). Nouveaux Contes nègres. Postface de Christine Le Quellec Cottier. Montpellier, Éditions Fata Morgana, 2006. Wikipédia Bibliographie originale sélective Poésie 1909 La légende de Novogorod (1997 Fata Morgana) Texte français établi sous la direction de Miriam Cendrars 1912 Les Pâques à New York (Hommes Nouveaux) 1913 La Prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de France (Hommes Nouveaux) 1918 Le Panama ou les aventures de mes sept oncles (La Sirène) 1919 Dix-neufs Poèmes élastiques (Au sans pareil) 1924 Documentaires / Kodak (Stock) 1924 Feuilles de route (Au sans pareil) 1926 Sud-Américaines (Feuilles libres) Prose 1919 La Fin du monde (La Sirène) 1921 Anthologie nègre (La Sirène) 1925 L’Or (Grasset) 1926 Moravagine (Grasset) 1928 Petits contes nègres pour les enfants des blancs (Portiques) 1929 Les Vonfessions de Dan Yack (Au sans pareil) 1930 Rhum (Grasset) 1937 Histoires vraies (Grasset) 1945 L’Homme foudroyé (Denoël) 1946 La Main coupée (Denoël) 1948 Bourlinguer (Denoël) 1949 Le Lotissement du ciel (Denoël) 1956 Emmène -moi au bout du monde (Denoël)

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