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Julia LEE

1 CD - 22 TITRES / (1944 - 1949) / UNE VOIX DE RÊVE À NE PAS MANQUER / BLUES COLLECTION HISTORIC RECORDINGS

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R411

8,00 €

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Artiste
Julia LEE
Type de musique
JAZZ
JULIA LEE - SNATCH AND GRAB IT (1944-1949)
 
1. COME ON OVER TO MY HOUSE 2'47
(J. Lee)
2. TROUBLE IN MIND                        2'48
(R.M. Jones)
3. IF IT'S GOOD                                  2'53
(J. Lee)
4. DREAM LUCKY BLUES                 3'03
(J. Lee)
5. LOTUS BLOSSOM                         3'18
(J. Lee - Turner)
6. GOTTA GIMME WHAT'CHA GOT   2'46
(S. Lovett - J. Lee)
7. SNATCH  AND GRAB IT
(OPPORTUNITY KNOCKS BUT ONCE) 2'50
(S.A. Pease)
8. IF YOU HADN'T GONE AWAY
(I WOULDN'T BE WHERE I AM)          2'37
(Brown - Rose - Henderson)
9. BLEEDING HEARTED BLUES        2'45
(L. Austin)
10. MAMA DON'T ALLOW                   2'52
(C. Davenport)
11. I WAS WRONG                                3'04
(R. Burns)
12. THAT'S WHAT I LIKE                      2'43
(unknown)
13. KING SIZE PAPA                             2'37
(J. Gomez - P. Vance)
14. I DIDN'T LIKE IT THE FIRST TIME
(THE SPINACH SONG)                         2'54
(B. Gordon - J. Gomez)
15. CHRISTMAS SPIRIT                       2'45
(J. Lee)
16. TONIGHT'S THE NIGHT                  2'58
(Y. Yates)
17. DO YOU WANT IT ?                         2'31
(V. Smith)
18. MY MAN STANDS OUT                   2'08
(Y. Yates)
19. DON'T COME TOO SOON               2'55
(unknown)
20. UGLY PAPA                                      2'51
(R. Elliot)
21. DECENT WOMAN BLUES               2'39
(A. Hanson - L. Broude)
22. YOU AIN'T GOT IT NO MORE         2'42
(Wax)
 
Les enregistrements
 
(1-2) Julia Lee with Jay McShann's Kansas City Stompers : Oliver Todd (tp), Tommy Douglas (as), Clairborne Graves (ts), Jay McShann (p), Efferge Ware (g), Walter Page (b), Sam "Baby" Lovett (dm), Julia Lee (vo). Kansas City, MO, 01/11/1944.
(3-5) Julia Lee with Tommy Douglas Orchestra : Julia Lee (p, vo) with Clarence Davis (tp), Tommy Douglas (cl, as), Freddie Gulliver, Harry Ferguson (ts), Efferge Ware (g), Ben Curtis (b), Sam Lovett (dm) ; brass and g out on (4). KC, Summer 1945.
Julia Lee & Her Boy Friends :
(6) Julia Lee (p, vo) with Geechie Smith (tp), Henry Bridges (ts), Nappy Lamare (g), Billy Hadnott (b), Sam Lovett (dm). Los Angeles, 23/08/1946.
(7-8) Julia Lee (p, vo) with Ernie Royal (tp), Dave Cavanaugh (ts), Jack Marshall(g), Harry Babasin (b), Sam Lovett (dm). LA, 11/06/1947.
(9) Same, but Vic Dickenson (tb) added and Red Callender (b) replaces Babasin. LA, 13/06/1947.
(10) Julia Lee (p, vo) with Bobby Sherwood (tp), Vic Dickenson (tb), Benny Carter (as), Dave Cavanaugh (ts), Jack Marshall (g), Red Callender (b), Sam Lovett (dm), Red Norvo (xyl). LA, 16/06/1947.
(11) Same, but Red Nichols (cnt) replaces Sherwood. LA, 18/06/1947.
(12-13) Julia Lee (p, vo) with Geechie Smith (tp), Benny Carter (as), Dave Cavanaugh (ts), Jack Marshall (g), Red Callender (b), Sam Lovett (dm). LA, 11/11/1947.
(14-15) Same, but Billy Hadnott (b) replaces Callender. LA, 13/11/1947.
(16-18) Julia Lee (p, vo) with Tommy Douglas (ts on 16, 18), Jim "Daddy" Walker (g), Clint Weaver (b), Sam Lovett (dm). Kansas City, 20/04/1949.
(19-20) Same. KC, 21/04/1949.
(21-22) Same, but Douglas out. KC, 24/04/1949.
 
JULIA LEE
 
Plus que n'importe lequel de tous ces noms illustres qui sont nés, ont grandi, fait leurs premières armes ou connu la gloire à Kansas City, celui de Julia Lee appartient à cette grande cité du Mid-West. Sa vie, son métier et sa carrière sont totalement liés à cet endroit fameux et béni pour tous les musiciens qui, durant les années 20, 30, 40, y trouvaient autant de travail qu'ils le voulaient et participaient à l'extraordinaire émulation suscitée par cette ville tapageuse du Missouri, laquelle, grâce aux manœuvres plus ou moins légales du potentat local Tom Pendergast, était moins touchée que d'autres par la prohibition et la crise économique.
C'est dans cette ambiance pétaradante qu'une forme de jazz mainstream  s'est développée, représentant une sorte de point d'équilibre entre les racines sudistes de la musique noire (et donc nourrie de blues) et les développements les plus avancés du jazz orchestral new yorkais. Aucun professionnel ne pouvait éviter Kansas City (musicien,  organisateur, directeur artistique, producteur de disques, journaliste). "Vaut le voyage", aurait écrit le Guide Vert musical de l'époque s'il avait existé. Mais y habiter, comme Julia Lee depuis les premières années du siècle, c'était encore mieux ! C'est dans la région, à Boonville (Missouri), que Julia Lee voit le jour le 31 octobre 1902. Son père, George Lee Sr, joue du violon et la petite, dès l'âge de 4 ans, pousse facilement le couplet au milieu du string trio que dirige papa. En 1912, la famille déménage à Kansas City et Julia, qui vient de se faire offrir un piano, commence à étudier l'instrument auprès des professeurs Scrap Harris, un ancien élève de Scott Joplin, et Charles Williams. À partir de 14 ans, Julia joue à l'église, dans les house parties, les fêtes scolaires, les patinoires, les réunions mondaines... et se fait remarquer dans les spectacles d'amateurs. Vers 1918, alors qu'elle vient de se marier à 16 ans, elle parfait son éducation musicale à l'université. Julia Lee commence à jouer du piano professionnellement au Novelty Club de Kansas City puis, à partir de 1920, sa carrière va se confondre pendant treize ans avec celle de son frère, George E. Lee. Saxophoniste, George Ewing Lee Jr (1896-1959) a débuté à peu près en même temps que Bennie Moten, le premier grand chef d'orchestre de  Kansas City. Il commence d'abord par former un trio au Lyric Hall avec sa sœur puis étoffe progressivement son équipe avec des musiciens locaux, Clarence Taylor (saxes), Thurston Maupin (trombone) puis Sam Utterbach (trompette). Le George E. Lee's Band se produit dans les clubs de la ville et effectue des tournées dans tout le Sud-Ouest. Une parenthèse : Julia Lee, chanteuse, aurait gravé deux tests pour OKeh en 1923 mais on n'en a jamais trouvé trace. En 1927, le George E. Lee & His Novelty Singing Orchestra enregistre deux faces pour la petite marque Meritt à Kansas City alors qu'un pianiste-arrangeur vient de rejoindre la formation. Il s'agit de Jesse Stone qui fera parler de lui plus tard lors des grandes heures du rhythm and blues chez Atlantic. Vers 1928, ils jouent au Reno Club, le lieu où se retrouvent les meilleurs musiciens de la ville (Count Basie, plus tard, en sera le principal pensionnaire). En novembre 1929, l'orchestre, devenu un tentette avec notamment l'arrivée de saxophoniste Budd Johnson, enregistre six faces pour Brunswick. Jesse Stone tient toujours le piano sur les disques et le frère et la sœur se partagent les vocaux, Julia chantant en soliste He's Tall Dark And Handsome et Won't You Come Over To My House. Ce seront là les ultimes traces discographiques d'une formation qui n'aura jamais atteind la notoriété ni sans doute la qualité des big bands réputés de la ville bien que des gens comme Buck Clayton ou Jimmy Rushing en aient laissé d'excellentes appréciations et qu'occasionnellement Chu Berry, Lester Young et Charlie Parker n'auront pas dédaigné "tailler un bœuf" avec l'orchestre. Elle est aussitôt engagée en soliste au Milton's Tap Room, endroit qui restera son port d'attache jusqu'en 1948. Un bail de quinze ans dans ce club chic où, appétissante à souhaits à 40 ans passés dans sa robe de dentelle noire et avec des fleurs dans les cheveux, elle charmait la clientèle (exclusivement blanche) où l'on pouvait apercevoir Benny Goodman, — le "Roi" venait à Kansas City sans doute pour prendre quelques leçons de swing ! — la chanteuse Mildred Bailey et son mari Red Norvo dont le xylophone saupoudrera plus tard quelques jolis disques de Julia (Mama Don't Allow It, I Was Wrong). À demeure au Milton's, la pianiste-chanteuse s'en échape parfois pour honorer quelqu'engagement à Chicago au Three Deuces avec le batteur Baby Dodds et au Offbeat Club avec le trompettiste Wingy Manone en 1939, au Beachcomber de Omaha (Nebraska) et au Downbeat Room de Chicago en 1943. En novembre 1944, pour la première fois depuis quinze ans, Julia Lee se retrouve derrière des micros d'enregistrement accompagnée cette fois par le septette de Jay McShann. La chanteuse reprend son Come Over To My House et propose sa version du classique Trouble In Mind qui a repris récemment un coup de jeune avec Sister Rosetta Tharpe. L'été suivant, Julia grave enfin ses premières faces sous son nom avec l'orchestre de Tommy Douglas et quelques autres transfuges de chez McShann dont Sam "Baby" Lovett, le batteur favori de Pete Johnson, qu'elle avait connu dans l'orchestre de son frère et qui figurera dans tous ses disques jusqu'en 1949. C'est la rencontre avec Dave Dexter, rédacteur en chef de Down Beat et chargé du département jazz/blues de la jeune marque Capitol, qui s'avère décisive. Convoquée à Los Angeles en août 1946, Julia Lee enregistre Gotta Gimme What'cha Got, un boogie sur un rythme endiablé qui préfugure le rock 'n' roll, lequel entre dans les charts en novembre. C'est le début du succès populaire pour une femme de 44 ans mais qui, fraîcheur vocale et dynamisme musical aidant, peut sans problème cacher son âge et faire figure de jeune chanteuse ! Ainsi lancée, dans une période charnière où le R&B naissant reste encore fortement marqué par la couleur jazzy des petits ensembles swing, Julia Lee va connaître plusieurs années fastes, enregistrant pour Capitol de nombreux disques à succès à Los Angeles puis à Kansas City jusqu'en 1952. Mais cette soudaine célébrité ne la grise pas. Et même si elle participe avec Baby Lovett à un gala à la Maison Blanche en présence du président Truman en 1948, même si elle honore quelques engagements dans des clubs de l'Ouest (le Ciro's et le Tiffany de Los Angeles en 1949, le Rossonian Club et le Theater Lounge de Denver en 1950), elle décline les tournées que, promotion oblige, les artistes se doivent d'accomplir. Elle assure un second hit avec Snatch And Grab It en octobre 1947, réalise sa meilleure vente avec le blues salace King Size Papa en janvier 1948 (250.000 ex.) et obtient plusieurs autres réussites commerciales (dont I Didn't Like It The First Time, Chhristmas Spirit et Tonight's The Night reproduits ici), You Ain't Got It No More obtenant même la neuvième place au Top Billboard R&B en novembre 1949. Réussites musicales également car la plupart de ses chansons sont de petits bijoux. Il faut dire que la chanteuse-pianiste est fort bien accompagnée par ses Boy Friends que dirige Lovett auxquels se joignent volontiers des solistes de renom comme le trompettiste Ernie Royal (Snatch And Grab It, Bleeding Hearted), le tromboniste Vic Dickenson (Mama Don't Allow It), le saxophoniste Benny Carter (le même titre et I Was Wrong, King Size Papa, I Didn't Like It...)... sans oublier des musiciens à la réputation plus modeste comme le trompettiste Geechie Smith (Gotta Gimme What'cha Got, That's What A Like, King Size Papa) ou le sax-ténor Dave Cavanaugh (Gotta Gimme..., Snatch...) dont les solos ne pâlissent pas à côté de ceux de leurs illustres voisins de pupitre.
Après ces quelques années de reconnaissance tardive et inattendue, Julia Lee se contente à nouveau des projecteurs plus modestes du Cuban Room puis du Hi-Ball Bar, clubs locaux où elle officie souvent même si elle enregistre encore quelques faces entre 1954 et 1958 et apparait dans le film «The Delinquents» en 1957 avec le trio du batteur Bill Nolan. Le 8 décembre 1958, une attaque cardiaque fatale la surprend pendant son sommeil. La gloire ne l'avait pas intéressé de son vivant, sa disparition engendrera un oubli complet pendant près de vingt-cinq ans jusqu'aux premières rééditions d'une partie de son œuvre.
Julia Lee possède une voix fraîche, souple, riche, bien placée, on sent qu'elle ne s'évapore pas avec les bulles du champagne que sirotent les noctambules venus l'entendre. La bonne femme a les pieds sur terre. C'est une chanteuse robuste, incarnée, équilibrée, drôle, truculente et qui passait pour avoir une bonne descente. Très coquine, elle excelle dans les chansons aux paroles audacieuses qui fourmillent d'allusions (I Didn't Like It The First Time, Do You Want It ?), s'appuient sur le double-entendre (King Size Papa, Tonight's The Night) ou affichent ouvertement leur caractère sexuel (Gotta Gimme What'cha Got, Snatch And Grab It), et elle n'hésite pas à fustiger l'incompétence du partenaire au plumard (Don't Come Too Soon, You Ain't Got It No More). C'est aussi une pianiste "robuste et féminine" au sens où pouvait l'être sa concitoyenne Mary Lou Williams qui l'appréciait beaucoup, Count Basie également. En complément naturel et nécessaire à son chant et à son jeu de piano qui s'appuie volontiers sur de solides basses boogie, la musique de Julia Lee est également fraîche, très enlevée et rythmée, swinguante au possible mais non légère. Les racines sont solides, aussi peut-elle reprendre Bleeding Hearted Blues ou Mama Don't Allow It en en faisant des chansons de son époque. En fait de toutes les époques car sa musique, pourtant rapidement écrasée par les rythmiques appuyées, les interchangeables solos de saxo ténor et la guitare électrique du rhythm and blues des années 50, a beaucoup mieux vieilli, ne s'étant jamais enfermée dans un schéma formel stéréotypé. Jean Buzelin

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