Dexter GORDON / 1943 - 1946

Dexter GORDON / 1943 - 1946

R315
8,00 €
1 CD / With Billy ECKSTINE, DIZZY GILLESPIE, SIR CHARLES THOMPSON
Jazz Archives Collection

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1 I’ve found a new baby     4’37’’
S. Williams – J. Palmer
2 Rosetta       5’04’’
Whoode – Hines
3 Sweet Lorraine      4’51’’
Burwell – Mitchell – Parish
4 I Blowed and gone                       4’41’’
D. Gordon
5 Blowing the blues away   3’05’’
B. Eckstine – J. Valentine
6 Groovin’ hight       2’34’’
D. Gillespie
7 Lonesome lover blues      2’46’’
B. Eckstine – J. Valentine
8 Last night   3’00’’
Unknown
9 The street beat     2’34’’
C. Thompson
10 Takin’ off
C. Thompson
11 If I had you         2’59’’
Shapiro – Campbell – Conelly
12 Blow Mr. Dexter  2’56’’
D. Gordon
13 Dexter’s deck      2’55’’
D. Gordon
14 dexter’s cutting out       3’08’’
D. Gordon
15 Dexter’s minor mad       2’40’’
D. Gordon
16 Long tall Dexter  3’00’’
D. Gordon
17 Dexter rides again         3’12’’
D. Gordon
18 I can’t escape from you 3’13’’
Robin – Whiting
19 Dexter digs in     2’56’’
D. Gordon

Les enregistrements

1-4 : Dexter Gordon Quintet 
Harry Edison (tp), Dexter Gordon (ts), Nat King Cole (p), Johnny Miller (b), ? (dm) 1943
5 : Billy Eckstine Orchestra
Dizzy Gillespie, Shorty McConnell, Gail Brockman, Boonie Hazel (tp), Jerry Valentine, Chips Outcalt, Howard Scott, Taswell Baird (tb), John Jackson, Bill Frazier (as), Gene Ammons, Dexter Gordon (ts), Leo Parker (bs), John Malachi (p), Connie Wrainwright (g), Tommy Porter (b), Art Blakey (dm), Billy Eckstine (voc), 1944
6 : Dizzy Gillespie Sextet
Dizzy Gillespie (tp), Dexter Gordon (ts), Frank Paparelli (p), Chuck Wayne (g), Murray Schipinski (b), Irv Kluger (dm), 1945
7-8 : Billy Eckstine & His Orchestra
Fats Navarro, Shorty McConnell, Gail Brockman, Boonie Hazel (tp), Jerry Valentine, Chips Outcalt, Howard Scott, Taswell Baird (tb), Sonny Stitt, Budd Johnson (as), ), Gene Ammons, Dexter Gordon (ts), Leo Parker (bs), John Malachi (p), Connie Wrainwright (g), Tommy Porter (b), Art Blakey (dm), Billy Eckstine (voc), 1945
9-11 : Sir Charles Thompson & His All Stars
Buck Clayton (tp), Charlie Parker (as), Dexter Gordon (ts), Sir Charles Thompson (p), Danny Barker (g), Jimmy Butts (b), J.C. Heard (dm), 1945

12-15 : Dexter Gordon Quartet
Dexter Gordon (ts), Argonne Thornton (p), Gene Ramey (b), Ed Nicholson (dm), 1945
16-19 : Dexter Gordon Quintet
Leonard Hawkins (tp), Dexter Gordon (ts), Bud Powell (p), Curley Russel (b), Max roach (dm), 1946

Vers le milieu des années 1940, les saxophonistes ténors qui ressentirent l’appel de la modernité n’avaient pas un Charlie Parker pour leur servir directement de modèle. Bird, qui n’aimait pas le ténor, bien qu’il lui arriva d’en jouer, considérant que l’instrument était peu maniable, avait défini à l’alto des standards de vélocité qui n’étaient pas faciles à transposer sur un autre instrument. Aussi devons-nous admettre que Dexter Gordon, comme tous les ténors de sa génération, ne s’aligna pas immédiatement sur le style be-bop, même à l’époque où il faisait partie du groupe de Charlie Parker et de Dizzy Gillespie en 1945 (vers la même époque, bien que dans un contexte plus classique, nous pouvons entendre la différence entre Bird Parker et Gordon, dans les morceaux où tous deux jouent avec Sir Charles Thompson).
En 1945, Dexter Gordon avait déjà établi un palmarès assez éloquent. Né en 1923, il avait commencé par travailler dans l’orchestre de Lionel Hampton en 1940, puis un court moment chez Fletcher Henderson avant d’entrer chez Louis Armstrong (on peut l’entendre prendre quelques solos dans divers enregistrements de 1944 du trompettiste).
En 1943, il signa sa première séance sous son nom à Los Angeles (en compagnie de Nat King Cole et de Harry Edison). Chez Billy Eckstine, fin 1944, il trouva en ensemble bouillonnant, réunion de jeunes musiciens, pour la plupart attentifs à l’expression la plus moderne du jazz et, notamment, une section de saxophones particulièrement irrésistible, qui sonnait alors “comme une tornade”, selon l’expression de Gordon. Dexter y affirma un style percutant où, pourtant, l’empreinte de Lester Young était toujours sensible.
Dexter Gordon fut désigné par Dizzy Gillespie, sans doute en remplacement de Charlie Parker, pour jouer avec lui lors de sa première séance d’enregistrement chez Guild, le 19 février 1945, il s’y montra assez discret. Le 4 septembre de la même année, c’est auprès de Charlie Parker que Dexter se retrouva convoqué, cette fois pour le compte du pianiste Sir Charles Thompson, dans un contexte relativement traditionnel.
Aucune de ces séances ne dément la relation profonde à l’art de Lester; bien que Gordon apportât une vigueur certaine à son expression, il n’avait pas encore développé un véritable style be-bop.
La première séance sous son nom chez Savoy, le 30 octobre 1945 reflète le même inter-règne stylistique. Le pianiste engagé, Argonne Thornton, alias Sadik Hakim, a beau être un ami de Thelonious Monk, il ne l’évoque que fugitivement, sans faire preuve de beaucoup d’invention.
Dexter Gordon est à peine plus “moderne” lors de la séance suivante chez Savoy, le 29 janvier 1946, toujours comme leader,  la différence majeure tient à une rythmique qui se révélerait une des plus exemplaires du be-bop, constituée par Bud Powell au piano, Curley Russell à la contrebasse et Max Roach à la batterie.  Pourtant, Gordon avait déjà trouvé sa manière et c’est là le paradoxe, il était moderne avant la lettre, sans être moderne au sens où on l’entend habituellement.
François Billard.
Vers le milieu des années 1940, les saxophonistes ténors qui ressentirent l’appel de la modernité n’avaient pas un Charlie Parker pour leur servir directement de modèle. Bird, qui n’aimait pas le ténor, bien qu’il lui arriva d’en jouer, considérant que l’instrument était peu maniable, avait défini à l’alto des standards de vélocité qui n’étaient pas faciles à transposer sur un autre instrument. Aussi devons-nous admettre que Dexter Gordon, comme tous les ténors de sa génération, ne s’aligna pas immédiatement sur le style be-bop, même à l’époque où il faisait partie du groupe de Charlie Parker et de Dizzy Gillespie en 1945 (vers la même époque, bien que dans un contexte plus classique, nous pouvons entendre la différence entre Bird Parker et Gordon, dans les morceaux où tous deux jouent avec Sir Charles Thompson). En 1945, Dexter Gordon avait déjà établi un palmarès assez éloquent. Né en 1923, il avait commencé par travailler dans l’orchestre de Lionel Hampton en 1940, puis un court moment chez Fletcher Henderson avant d’entrer chez Louis Armstrong (on peut l’entendre prendre quelques solos dans divers enregistrements de 1944 du trompettiste). En 1943, il signa sa première séance sous son nom à Los Angeles (en compagnie de Nat King Cole et de Harry Edison). Chez Billy Eckstine, fin 1944, il trouva en ensemble bouillonnant, réunion de jeunes musiciens, pour la plupart attentifs à l’expression la plus moderne du jazz et, notamment, une section de saxophones particulièrement irrésistible, qui sonnait alors “comme une tornade”, selon l’expression de Gordon. Dexter y affirma un style percutant où, pourtant, l’empreinte de Lester Young était toujours sensible. Dexter Gordon fut désigné par Dizzy Gillespie, sans doute en remplacement de Charlie Parker, pour jouer avec lui lors de sa première séance d’enregistrement chez Guild, le 19 février 1945, il s’y montra assez discret. Le 4 septembre de la même année, c’est auprès de Charlie Parker que Dexter se retrouva convoqué, cette fois pour le compte du pianiste Sir Charles Thompson, dans un contexte relativement traditionnel. Aucune de ces séances ne dément la relation profonde à l’art de Lester; bien que Gordon apportât une vigueur certaine à son expression, il n’avait pas encore développé un véritable style be-bop. La première séance sous son nom chez Savoy, le 30 octobre 1945 reflète le même inter-règne stylistique. Le pianiste engagé, Argonne Thornton, alias Sadik Hakim, a beau être un ami de Thelonious Monk, il ne l’évoque que fugitivement, sans faire preuve de beaucoup d’invention. Dexter Gordon est à peine plus “moderne” lors de la séance suivante chez Savoy, le 29 janvier 1946, toujours comme leader, la différence majeure tient à une rythmique qui se révélerait une des plus exemplaires du be-bop, constituée par Bud Powell au piano, Curley Russell à la contrebasse et Max Roach à la batterie. Pourtant, Gordon avait déjà trouvé sa manière et c’est là le paradoxe, il était moderne avant la lettre, sans être moderne au sens où on l’entend habituellement. François Billard. In the mid-40s, tenor saxophonists who felt drawn to the more modern forms of jazz expression had no Charlie Parker to model themselves on. Bird, even though he occasionally played tenor sax, did not like it considering it more difficult to manipulate than the alto on which he had developed fast tempos that were not easy to adapt to another instrument. This is probably why Dexter Gordon, like many tenor players of his generation, did not immediately adopt the bebop style, not even when he was part of the Charlie Parker-Dizzy Gillespie group in 1945 (it is during this period, although within a more classical context, that the difference between Parker and Gordon can clearly be heard on titles where both play with Sir Charles Thompson). By 1945 Dexter Gordon had already made a name for himself. Born in 1923, his first job was with Lionel Hampton’s Orchestra in 1940, then he played for a short time with Fletcher Henderson before joining Louis Armstrong (some of his solos are featured on several of Armstrong’s 1944 recordings). In 1943 he made his first recordings under his own name in Los Angeles (accompanied by Nat King Cole and Harry Edison). Coming in as sideman for Billy Eckstine towards the end of 1944, he found himself surrounded by an exuberant group of young musicians, most of them influenced by some of the most powerful elements of modern jazz; in particular an explosive sax section which blew “like a tornado” to use Gordon’s own expression. It was here that Gordon developed his own vibrant, forceful style … a style however that always retained echoes of Lester Young. Dizzy Gillespie chose Gordon, probably as a replacement for Charlie Parker, on his first-ever recording for the Guild label on 19 February 1945, a session on which Gordon did not particularly make his presence felt. On 4 September the same year Gordon and Parker were invited to back up Sir Charles Thompson in what turned out to be a fairly traditional context. Both these sessions reveal his undeniable debt to Lester Young. While it is true that Gordon had already developed a rich and vibrant sound he was yet to find a real bebop style. The first session he recorded for Savoy under his own name was on 30 October 1945 and, here again, the overall approach seems to fall between two stylistic stools. For all that pianist Argonne Thornton, alias Sadik Hakim, was a close friend of Thelonius Monk little of the latter’s influence seems to have rubbed off and Hakim’s playing here is far from inventive. While Dexter Gordon’s own playing is scarcely more “modern” on the following Savoy session which he fronted on 29 January 1946, a tremendous difference can be heard in the rhythm section where Bud Powell on piano, Curley Russell on bass and Max Roach on drums provide an exemplary example of bebop. And yet Gordon had by now found his own style and herein lies the paradox. He was a “modern jazz” musician long before the term had been coined, without being “modern” in the sense that this term is usually understood. Adapted from the French by Joyce Waterhouse

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