Et toujours...

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xxxx

WEST

NO

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PARKER

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SLIM

SLIM

MA

LIL

DINAH

CHAMPION

  MAI 68 Début d'une lutte... Agrandir

MAI 68 Début d'une lutte...

Début d'une lutte prolongée pour en finir avec le travail...
Les chansons radicales de Mai 68
24 slogans devenus 24 chansons
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CD 1
 
L’ESPRIT DE MAI 68
24 slogans parmi les centaines qui prolifèrent sur les murs et les affiches …24 chansons annonciatrices de mai, 68

« Ils pourront couper toutes les fleurs, ils n’empêcheront pas la venue du printemps »
1 Les cœurs purs
Jean-Roger Caussimon – Éric Robrecht
Jean-Roger Caussimon

« La beauté est dans la rue »
2 Je suis comme je suis      
Jacques Prévert – Joseph Kosma
de Paroles
Juliette Gréco
 
« Vous finirez tous par crever du confort »
3 Les Philistins
Jean Richepin – Georges Brassens
Georges Brassens
 
« Engagez-vous »
4 Ni Dieu ni maître
Léo Ferré
Michel Hermon
 
«Plus je fais la révolution, plus j’ai envie de faire l’amour »
5 La fiancée du pirate
Bertolt Brecht – Kurt Weill
Adaptation Ninon Steinhof & André Mauprey
de l’Opéra de Quat’sous
Catherine Sauvage
 
« La vie est ailleurs »
6 Familiale
Jacques Prévert – Joseph Kosma
de Paroles
Gilles et Julien
 
« Il n’y aura que deux catégories d’hommes : les veaux et les révolutionnaires. En cas de mariage cela fera des réveaulutionnaires »
7 L’orgue de Barbarie
Jacques Prévert – Joseph Kosma
de Paroles
Les Frères Jacques
 
« Ce n’est qu’un début, continuons le combat »
8 Rue des Blancs-Manteaux          
Jean-Paul Sartre – Joseph Kosma
Juliette Gréco
 
« La poésie est dans la rue »
9 Des mots de sang frais
Aimé Césaire – Bernard Ascal
Cahier d’un retour au pays natal
Bernard Ascal
 
« Le pouvoir est au bout du fusil. Est-ce que le fusil est au bout du pouvoir ? »
10 Marche ou crève
Jacques Prévert – Louis Bessières
de Spectacle
Rosalie Dubois
 
« Ouvrons les portes des asiles, des prisons et autres facultés » 
11 Prisons
Louise Michel / Michèle Bernard – Michèle Bernard
des Mémoires
Michèle Bernard
 
« Chassez le flic de votre tête »
12 Les milices
Jean-Roger Caussimon – Éric Robrecht
Jean-Roger Caussimon
 
« Le respect se perd, n’allez pas le rechercher »
13 La mort du cygne          
Benjamin Péret – Bernard Ascal
de Le grand jeu
Bernard Ascal
 
« La conscience commence par la désobéissance »
14 Le déserteur
Boris Vian – Harold Berg
Marc Robine
 
« Métro-boulot-dodo »
15 Ne rêvez pas
Jacques Prévert – Sébastien Maroto
de Choses et autres
Maya
 
« Ne dites plus urbanisme, dites : police préventive »
16 Avenue Thiers
Michèle Bernard
Michèle Bernard
 
« Osons »
17 La Commune est en lutte
Jean-Roger Caussimon – Philippe Sarde
Jean-Roger Caussimon
 
« Ne me libère-pas, je m’en charge »
18 Les canuts          
Aristide Bruant
Marc Robine
 
« Comment penser librement à l’ombre d’une chapelle »
19 Il n’y a qu’une merveille sur la Terre
Benjamin Péret – Bernard Ascal
de Le grand jeu
Bernard Ascal
 
« Vigilance ! les récupérateurs sont parmi nous »
20 Le gauchisme à la mode
Jean-Roger Caussimon – Éric Robrecht
Jean-Roger Caussimon
 
« Je suis marxiste, tendance Groucho »
21 La java des bombes atomiques           
Boris Vian – Alain Goraguer
Boris Vian
 
« Vous avez voté : vivotez »
22 Ils ont voté
Léo Ferré
Bernard Ascal
 
« Les armes de la critique passent par les armes »
23 Si vis pacem
Jean-Roger Caussimon –  Jean-Marie Sénia
Jean-Roger Caussimon
 
« L’’imagination au pouvoir »
24 Page d’écriture
Jacques Prévert – Joseph Kosma
de Paroles
Les Frères Jacques
 
CD 2 POUR EN FINIR AVEC LE TRAVAIL
 
Les chansons présentées dans ce CD appliquent le principe du détournement jusque dans les notices historiques qui les accompagnent. Si la relation des événéménts auxquels elles se refèrent est fidèle, leurs attributions (pour les chansons N°2,3,4 & 5) quoique plausibles, sont de purs pastiches, ni plus ni moins improbables que Les Vies Imaginaires de Marcel Schwob.
Les auteurs réels se sont naturellement, le plus sérieusement du monde, une fois de plus beaucoup amusés…
Chantés par Jacques Marchais, Vanessa Hachloum et Michel Devy
 
1.   L’bon Dieu dans la merde.
2.   La java des Bons-Enfants.
3.   La Makhnovstchina.
4.   Les journées de Mai.
5.   La vie s'écoule, la vie s'enfuit.
6.   Il est cinq heures.
7.   Chanson du CMDO.
8.   La mitraillette.
9.   Les bureaucrates se ramassent à la pelle.
 
MAI 68
 
Entre 1967 et 1969, une vague de contestation parcourt le monde, révélant des revendications très différentes suivant les pays.  Quatre exemples parmi d’autres :  en Tchécoslovaquie, le Congrès des Écrivains, en juin 1967, s’élève publiquement contre la censure, devançant le Printemps de Prague qui, durant quelques mois, va remettre en cause le joug communiste avant d’être écrasé par les chars soviétiques en août 1968 ; au Mexique, alors que le pays s’apprête à accueillir les jeux olympiques, c’est par une répression sanglante que  le régime de Diaz Ordaz met fin aux protestations étudiantes le 2 octobre 1968 provoquant la mort de 200 à 300 personnes ; en Allemagne, d’importantes manifestations se développent contre le conflit au Viêt Nam, un attentat, le 11 avril 1968, vise Rudi Dutschke  le meneur emblématique du SDS (parti socialiste étudiant) ; aux États-Unis, en 1967,  les communautés hippies se multiplient et leur slogan « faites l’amour, pas la guerre » gagne la jeunesse du monde entier, successivement Martin Luther King le 4 avril 1968 puis Robert Kennedy le 5 juin  sont assassinés, la répression s’abat aussi bien sur les mouvements protestataires des noirs que sur ceux condamnant la guerre du Viet Nam (la charge de la police au Congrès démocrate de Chicago le 28 août 1968 provoque plus de 600 blessés et entraîne 1000 arrestations).  
C’est dans ce contexte de violences qu’ont lieu, en France, les événements de mai et juin 1968. Manifestations urbaines, fermeture des universités, brutalités  policières, barricades, occupations des usines, grève générale, élections législatives de juin 1968 et victoire sans conteste du parti de l’ordre dans les urnes.
Pendant ces deux mois, la virulente critique de la société de consommation, la remise en cause de l’autorité et de ses représentants sous toutes ses formes — père, professeur, patron, président —, et la décision des femmes d’en finir avec leur reconnaissance a minima : « il y a plus inconnu que le soldat inconnu : sa femme », constituèrent les ingrédients d’un cocktail détonnant.
« Cours camarade, le vieux monde est derrière toi ». Il fallait rompre avec la trilogie « métro, boulot, dodo » ; fuir les valeurs bourgeoises de possession, de pouvoir et de hiérarchie tant dans les rapports sociaux que dans le domaine de l’intime ; échapper au flot moutonnier pour inventer sa propre existence, prendre la route, recommencer ailleurs, avec d’autres, multiplier les expériences, tenter la vie communautaire, renouer avec la nature et ses rythmes élémentaires…
 Cette période fut l’occasion d’une imprévisible prise de parole collective à laquelle participèrent pleinement ceux qui ne s’expriment jamais. Favorisé par la situation de grève générale, les réunions, assemblées, comités battent leur plein et le verbe, dans tous ses états, connaît un véritable âge d’or. Une myriade de slogans couvrent les murs ou sont scandés lors des multiples défilés : de « la chienlit, c’est lui » à  « nous sommes tous des Juifs allemands », de « sous les pavés la plage » au radical « élections piège à cons » de Jean-Paul Sartre mais aussi « le bonheur est une idée neuve », « l’imagination prend le pouvoir », « la poésie est dans la rue ».
 
Quarante années plus tard, il me semble retrouver dans les essentielles interrogations des «  faucheurs volontaires » concernant les OGM, dans les comités de défense des « sans papiers », chez les collectifs en quête de nouveaux fonctionnements économiques visant à combler les disparités entre pays riches et pauvres, des valeurs contenues dans les aspirations généreuses de Mai 68. Et si, en France, Mai 68 ne s’était pas déroulé sous la forme que nous lui connaissons, je ne doute pas que devant l’urgence de la situation actuelle, les mêmes femmes et hommes d’aujourd’hui seraient engagés dans les mêmes réflexions fondamentales, les mêmes luttes citoyennes où rien, jamais, n’est définitivement gagné.
Bernard Ascal.
 
LE DÉTOURNEMENT DANS LA CHANSON ET LA RÉVOLUTION
 
Le passé de la chanson politique, et de la chanson détournée, est aussi ancien que l’histoire de la chanson elle-même. Outre toutes les chansons directement politiques, dont nous possédons tant d'exemples, vouées à la propagande ou à la critique, et ce à partir des Croisades, on peut aisément relever le caractère politique original d'un grand nombre de chansons que l'on a voulu ramener depuis à une insignifiance folklorique destinée à crétiniser les enfants. Ainsi, Auprès de ma blonde, chanson de marche des troupes de Turenne, exprime en fait le défaitisme profond des militaires de tous les temps : « Il est dans la Hollande, – Les Hollandais l’ont pris – Que donneriez-vous, belle, – Pour revoir votre ami ? – Je donnerais Versailles , – Paris et Saint-Denis. » Et Compère Guilleri, qui va à la chasse à la perdrix (c'est-à-dire le chouan qui va tirer sur les bleus, sur les soldats de la République), traduit les sentiments de toutes les guerres de partisans abandonnées par leur « direction extérieure » (« Me laisseras-tu, me laisseras-tu mourir ? »).
Le détournement, pour sa part, est plus inséparable encore de la chanson.
Dans les siècles où l’essentiel de la musique appartient au cérémonial religieux, c’est sur des airs d’église, alors connus de tous, que s’exprime, avec de nouvelles paroles, la vie profane du peuple : l’amour et les luttes politiques. Puis, aussitôt les mêmes airs sont repris, passant de l’un à l’autre de ces centres d’intérêt, et exprimant d’autres politiques en conflit. Ceci est particulièrement riche pendant la Fronde (1648-1652) et plus tard, bien sûr, pendant la Révolution de 1789.
 
Cette pratique multiséculaire – transformer et chanter soi-même – avait reculé avec la passivité spectaculaire moderne, contemporaine de l’emploi aliénant des mass media qui centralisent, avec tout le reste de la communication sociale, l’émission des chansons ; et contemporaine aussi de la généralisation des « droits d’auteurs », qui transforment toutes les mélodies et toutes les paroles de votre bouche en propriété privée.
Ce processus a été surtout marqué des années 40 aux années 60, et en France probablement plus que partout ailleurs, la pratique du détournement populaire étant restée assez vivante dans les pays anglo-saxons, ou même en Italie : on sait que la chanson des partisans de 1943-45, Bella Ciao, est le détournement d'une vieille chanson de travailleurs agricoles.
 
Le retour actuel de la révolution qui, est également le retour du dialogue, amène naturellement un retour de la chanson critique et politique. Ceux qui recommencent à agir recommencent à chanter. Ce disque montre, plus particulièrement, comment, depuis un siècle, la révolution prolétarienne a toujours su exprimer, aussi dans la chanson, ses peines et ses colères. Quelques exemples frappants font voir combien les plus radicales de ces expressions ont très souvent été falsifiées et récupérées, suivant en ceci le sort commun de la révolution pendant une longue période. Mais le vent a tourné. Ceux qui aujourd’hui brûlent des voitures et dépavent les rues ne peuvent plus chanter les mêmes chansons qu’écoutent des électeurs. Un rock de « loulous » créé récemment sur les terrains vagues de La Courneuve, ne dit-il pas significativement : « Y a deux façons, y a deux façons – D’être cocu aux élections. – En grand, comme Krivine et Chaban. – Ou alors, plus petitement – Comme le total des électeurs. – Prends ton pavé, mon cœur... » ? Nous avons donc choisi, pour ce premier disque, quelques-unes des chansons les plus instructives du passé révolutionnaire français et international ; et les premières de celles qui ont trouvé une audience dans la période changée que nous vivons. Quelques années après 68, il devient même possible que désormais de tels disques paraissent. Le spectacle dominant sera de plus en plus fissuré par ce genre de brèches véridiques, jusqu’à son effondrement. Beaucoup de chansons prolétariennes anciennes, notamment étrangères, sont encore trop peu connues, et la subversion actuelle ne cesse pas d’en offrir de nouvelles.
Les mœurs s’améliorent. Les chansons y participent. Et la révolution de notre siècle pourra bientôt lancer joyeusement à ses multiples partisans cette formule : « Vous chantez, j’en suis fort aise. Eh bien ! dansez maintenant. »
Septembre 1974. Jacques Le Glou
 
POUR EN FINIR AVEC LE TRAVAIL
 
L’BON DIEU DANS LA MERDE
(1892 - anonyme)
Jacques marchais
 
Cette chanson, très en vogue dans les milieux anarchistes de la fin du siècle dernier, a été chantée par Ravachol montant à la guillotine le 11 juillet 1892, dans la prison de Montbrison. L’exécution interrompit Ravachol à la fin de l’avant-dernier couplet, qui est aussi le plus significatif. On y retrouve, à travers la référence au Père Duchesne et à Marat, l’évocation des revendications sociales des Enragés et des bras-nus de la première Révolution française. Les travailleurs qui se dressent contre la société de classes y désignent encore leurs ennemis, voués à la lanterne, sous les seules figures traditionnelles du propriétaire et du prêtre.
 
Né en nonante-deux
Nom de dieu ! bis
Mon nom est Pèr’ Duchesne
Marat fut un soyeux,
Nom de dieu !
A qui lui porte haine
Sang-dieu !
Je veux parler sans gêne,
Nom de dieu !
Je veux parler sans gêne.
 
Coquins, filous, peureux,
Nom de dieu ! bis
Vous m’appelez canaille
Dès que j’ouvre les yeux,
Nom de dieu !
Jusqu’au soir je travaille
Sang-dieu !
Et je couch’ sur la paille,
Nom de dieu !
Et je couch’ sur la paille.
 
On nous promet les cieux,
Nom de dieu ! bis
Pour toute récompense.
Tandis que ces messieurs,
Nom de dieu !
S’arrondissent la panse,
Sang-dieu !
Nous crevons d’abstinence,
Nom de dieu !
Nous crevons d’abstinence.
 
Pour mériter les cieux,
Nom de dieu ! bis
Voyez-vous ces bougresses.
Au vicair’ le moins vieux,
Nom de dieu !
S’en aller à confesse,
Sang-dieu !
Se fair’ p’loter les fesses,
Nom de dieu !
Se fair’ p’loter les fesses.
 
Quand ils t’appellent gueux,
Nom de dieu ! bis
Sus à leur équipage.
Un pied sur le moyeu,
Nom de dieu !
Pour venger cet outrage,
Sang-dieu !
Crache-leur au visage,
Nom de dieu !
Crache-leur au visage.
 
Si tu veux être heureux,
Nom de dieu ! bis
Pends ton propriétaire,
Coup’ les curés en deux,
Nom de dieu !
Fous les églis’ par terre,
Sang-dieu !
Et l’bon dieu dans la merde,
Nom de dieu !
Et l’bon dieu dans la merde.
 
Peuple trop oublieux,
Nom de dieu ! bis
Si jamais tu te lèves,
Ne sois pas généreux,
Nom de dieu !
Patrons, bourgeois et prêtres,
Sang-dieu !
Méritent la lanterne,
Nom de dieu !
Méritent la lanterne.
 
LA JAVA DES BONS-ENFANTS
(1912 - Raymond Callemin)
 
On connaît le massacre causé dans le personnel du commissariat de police de la rue des Bons-Enfants par la bombe anarchiste, du modèle classique dit « marmite à renversement », qui y explosa le 8 novembre 1892. Quoiqu’elle fût sans doute destinée à soutenir la grève des mineurs de Carmaux, une partie des ouvriers parisiens d’alors nièrent l’efficacité tactique de cette forme de critique sociale. On entend un écho de ces divergences (« les socialos n’ont rien fait... ») dans cette Java des Bons-Enfants, qui du reste n’est pas contemporaine de l’événement. Exprimant une franche approbation de l’action directe, la chanson n’est en fait écrite que vingt ans plus tard parmi les anarchistes de la fameuse « Bande à Bonnot » ; quand celle-ci mène, à l’aide d’automobiles volées, la première de toutes les tentatives de « guérilla urbaine ». Son auteur, guillotiné en 1913, est Raymond-La-Science, de son vrai nom Raymond Callemin.
 
Dans la rue des Bons-Enfants
On vend tout au plus offrant.
Y avait un commissariat,
Et maintenant il n’est plus là.
 
Une explosion fantastique
N’en a pas laissé un’ brique.
On crut qu’ c'était Fantômas,
Mais c’était la lutte des classes.
 
Un poulet zélé vint vite
Y porter une marmite,
Qu’était à renversement,
Et la retourne imprudemment.
 
Le brigadier, l’commissaire,
Mêlés au poulet vulgaire,
Partent en fragments épars,
Qu’on ramasse sur un buvard.
 
Contrairement à c’qu’on croyait
Y en avait qui en avaient.
L’étonnement est profond :
On peut les voir jusqu’au plafond.
 
Voilà bien ce qu’il fallait
Pour fair’ la guerre aux palais.
Sach’ que ta meilleure amie,
Prolétair’, c'est la chimie.
 
Les socialos n’ont rien fait
Pour abréger les forfaits
D’l’infamie capitaliste,
Mais heureusement vient l’anarchiste.
 
Il n’a pas de préjugés.
Les curés seront mangés.
Plus d’patries, plus d’colonies.
Et tout pouvoir, il le nie.
 
Encore quelques beaux efforts,
Et disons qu’on se fait fort
De régler radicalement
L’problème social en suspens.
 
Dans la rue des Bons-Enfants,
Viande à vendre au plus offrant ;
L’avenir radieux prend place,
Et le vieux monde est à la casse.
 
LA MAKHNOVSTCHINA
(1919 - anonyme ukrainien)
 
On sait comment la révolution soviétique de 1917 en Russie a été vaincue par le parti bolchevik qui, saisissant le pouvoir étatique, constitua sa propre bureaucratie en nouvelle classe dominante dans la société. Cette dictature totalitaire fut naturellement combattue par les travailleurs révolutionnaires, notamment les marins du soviet de Cronstadt et le mouvement anarchiste d’Ukraine, qui simultanément furent au premier rang dans la guerre civile contre les armées blanches de la réaction tsariste. L’armée anarchiste de Makhno, la Makhnovstchina, fut utilisée dans les phases critiques de la lutte contre les généraux blancs Dénikine et Wrangel par Trotsky, chef de l’Armée rouge, lequel, une fois le péril écarté, exigea sa soumission à l’État renforcé et, ne pouvant y parvenir, l’anéantit par les armes.
Modernité à relever, c’est sur un air bolchevik (Chant des partisans) aussitôt détourné par les communistes-libertaires et les autogestionnaires d’Ukraine que cette chanson de la Makhnovstchina a été composée. Son attribution à Nestor Makhno lui-même n’est pas crédible et, pour diverses raisons, ne nous semble pas même mériter l’examen. Sans pouvoir trancher cette question, notons que les noms de Voline et, beaucoup plus vraisemblablement, d’Archinov, ont été souvent avancés.
 
Makhnovstchina, Makhnovstchina,
Tes drapeaux sont noirs dans le vent.
Ils sont noirs de notre peine, bis
Ils sont rouges de notre sang.
 
Par les monts et par les plaines,
Dans la neige et dans le vent,
A travers toute l’Ukraine, bis
Se levaient nos partisans.
 
Au printemps, les traités de Lénine
Ont livré l’Ukraine aux Allemands.
A l’automne, la Makhnovstchinabis
Les avait jetés aux vents.
 
Makhnovstchina, Makhnovstchina,
Tes drapeaux sont noirs dans le vent.
Ils sont noirs de notre peine, bis
Ils sont rouges de notre sang.
 
L’armée blanche de Dénikine
Est entrée en Ukraine en chantant,
Mais bientôt la Makhnovstchinabis
L’a dispersée dans le vent.
 
Makhnovstchina, Makhnovstchina,
Armée noire de nos partisans,
Qui combattait en Ukrainebis
Contre les rouges et les blancs.
 
Makhnovstchina, Makhnovstchina,
Armée noire de nos partisans,
Qui voulait chasser d’Ukrainebis
A jamais tous les tyrans.
 
Makhnovstchina, Makhnovstchina,
Tes drapeaux sont noirs dans le vent.
Ils sont noirs de notre peine, bis
Ils sont rouges de notre sang.
 
CHANT DES JOURNÉES DE MAI
(1937 - anonyme espagnol)
 
L’histoire admet aujourd’hui que la première époque de la révolution prolétarienne, après ses échecs dans la Commune de Paris, en Russie, en Allemagne et en Italie notamment, doit être considérée comme achevée avec son échec en Espagne en mai 1937, tandis que sa seconde époque, annoncée dans les années 50 par les soulèvements ouvriers de Berlin-Est et de Hongrie, commence ouvertement dans les années 60, avec le retour de cette révolution qui actuellement menace, d’une manière plus ou moins marquée, toutes les classes dominantes d’Europe, d’Amérique, de Russie et de Chine. Lors des « journées de mai » 1937 à Barcelone, l’État républicain espagnol écrase la dernière affirmation autonome de la révolution prolétarienne et se retrouve enfin en état de conduire seul la guerre civile contre Franco et ses alliés fascistes de l’étranger ; guerre que naturellement la République perdra. La défaite des travailleurs de Barcelone entraîne la liquidation du POUM, marxiste, et la soumission de la puissante CNT-FAI, anarchiste. Ce Chant des journées de mai, dont l’auteur direct reste anonyme, émane cependant de la gauche anarchiste qui a appelé jusqu’au bout les ouvriers à rester sur les barricades contre les forces de répression de la bourgeoisie républicaine et du pseudo-communisme stalinien ; plus précisément du groupe minoritaire qui s’était nommé « Les Amis de Durruti ». Cette chanson, et c’est ce qui fait son importance, si elle marque la fin d’une époque, témoigne aussi d’une prise de conscience qui ressurgira plus tard d’une manière terrible pour tous les exploiteurs, propriétaires du capital privé ou étatique. Elle désigne, comme ennemie principale de « l’autonomie ouvrière », cette « aliénation étatique » qu’ont ralliée en Espagne les ministres anarchistes du gouvernement de Valence ; elle souligne la complicité des staliniens avec la république bourgeoise, et attribue même à ceux-là seuls toute la responsabilité de la provocation et de la répression de mai 1937. L’élément le plus notable paraît pourtant constitué par cet appel : « Que le front d'Aragon vienne. » Le front contre Franco en Aragon était tenu par des unités anarchistes. On a souvent accusé les anarchistes d’avoir envisagé d’abandonner ce front pour ramener leurs troupes combattre à Barcelone contre la Garde d'assaut du gouvernement républicain, et les forces du « parti communiste ». Les anarchistes ont toujours démenti cette calomnie. La chanson dit que cela aurait dû être fait. Il est par ailleurs piquant de noter que la même chanson est devenue par la suite bien connue, dans une autre version simplement « républicaine ». Ses paroles ayant été complètement transformées, elle évoque, sous le titre El Paso del Ebro (Le Passage de l'Ebre), la dernière offensive de l’armée de la République en 1938 sur le cours inférieur de ce fleuve.
 
La Garde d’assaut marche – Boum badaboum badaboum bam bam  bis
Au central téléphonique, Ay Carmela, Ay Carmela  bis
Défi aux prolétaires – Boum badaboum badaboum bam bam bis
Provocation stalinienne, Ay Carmela, Ay Carmela bis
On ne peut laisser faire – Boum badaboum badaboum bam bam bis
La sang coule dans la ville, Ay Carmela, Ay Carmela bis
POUM et FAI et CNT – Boum badaboum badaboum bam bam bis
Avaient seuls pris Barcelone, Ay Carmela, Ay Carmela bis
La République s’arme – Boum badaboum badaboum bam bam bis
Mais d’abord contre nous autres, Ay Carmela, Ay Carmela bis
A Valence et à Moscou – Boum badaboum badaboum bam bam bis
Le même ordre nous condamne, Ay Carmela, Ay Carmela bis
Ils ont juré d’abattre – Boum badaboum badaboum bam bam bis
L’autonomie ouvrière, Ay Carmela, Ay Carmela bis
Pour la lutte finale – Boum badaboum badaboum bam bam bis
Que le front d’Aragon vienne, Ay Carmela, Ay Carmela bis
Camarades-ministres – Boum badaboum badaboum bam bam bis
Dernière heure pour comprendre, Ay Carmela, Ay Carmela bis
Honte à ceux qui choisissent – Boum badaboum badaboum bam bam bis
L’aliénation étatique, Ay Carmela, Ay Carmela bis
 
LA VIE S’ÉCOULE, LA VIE S’ENFUIT
(1961 - anonyme belge)
 
Sur un air qui évoque curieusement le folksong de l’Ouest américain, cette chanson mélancolique tire son origine de la grande grève sauvage de la Wallonie, au début de 1961. On y sent toute la tristesse d’un prolétariat une fois de plus humilié et vaincu. L’évocation, assez conventionnelle, de « la violence » qui mûrira dans l'avenir, ne peut dissimuler la déception, la sensation poignante de devoir vieillir sans avoir rien pu atteindre de ce que l’on s’était promis de la vie. C’est parmi les travailleurs de chez Ratgeb, à Linkebeek dans la banlieue bruxelloise, entreprise bien connue pour la radicalité et la fermeté constantes de ses luttes quotidiennes, qu’a été composée la chanson. On est amené à remarquer, une fois de plus, à propos de cette production où une indéniable maîtrise du langage sert un rythme délicat, combien de talents dorment, inemployés, dans la classe ouvrière ; talents qui, chez des petits-bourgeois passés par l’université, se prostitueraient tout de suite dans le journalisme alimentaire ou parmi la valetaille des petits cadres de l’édition.
 
La vie s’écoule, la vie s’enfuit,
Les jour défilent au pas de l’ennui.
Parti des rouges, parti des gris,
Nos révolutions sont trahies.            bis
 
Le travail tue, le travail paie,
Le temps s’achète au supermarché,
Le temps payé ne revient plus,
La jeunesse meurt de temps perdu. bis
 
Les yeux faits pour l’amour d’aimer
Sont le reflet d’un monde d'objets.
Sans rêve et sans réalité,
Aux images nous sommes condamnés. bis
 
Les fusillés, les affamés,
Viennent vers nous du fond du passé.
Rien n’a changé, mais tout commence,
Et va mûrir dans la violence.            bis
 
Brûlez, repaires de curés,
Nids de marchands, de policiers !
Au vent qui sème la tempête
Se récoltent les jours de fête. bis
 
Les fusils sur nous dirigés
Contre les chefs vont se retourner.
Plus de dirigeants, plus d’État,
Pour profiter de nos combats. bis
 
IL EST CINQ HEURES
(1968 - Jacques Le Glou)
L’original de la chanson, interprétée par Jacques Dutronc, était un succès des premiers mois de 68 ; le mois de mai devait amener sa version détournée, plus concrète quoique encore prophétique. Chantée dans les rues, sur les barricades, elle a été de nombreuses fois ronéotypée dans les assemblées fiévreuses de ce temps-là, en particulier dans la « Salle Jules Bonnot » de la Sorbonne occupée.
Ce détournement, tout en retrouvant la fête de la Commune, avec sa colonne qui tombe, est visiblement une réponse aux urbanistes et autres policiers de l’époque gaulliste. Ce ne sont plus les Halles que l’on démolit, mais le Panthéon ; ce ne sont plus les quais que l’on ravage, mais la place de l’Étoile. Cette critique préfigure les futures actions révolutionnaires pendant les émeutes, et après si elles ont réussi : détruire à tout jamais  la laideur répressive et morale du pouvoir.
Si certains s’étonnent des violences qui menacent les bureaucraties syndicales ou le « parti dit communiste », il leur suffira de lire aujourd'hui les articles de l’Humanité du mois de mai 1968 pour en vérifier l’inoubliable ignominie. Il faudra évidemment d’autres Mai à la classe ouvrière afin qu’elle revendique elle-même son autonomie, ses propres organisations, sa propre autodéfense. Elle sait déjà qu’elle ne peut combattre l’aliénation par des moyens aliénés, et que la bureaucratie syndicale est son premier ennemi ; en Italie comme en Angleterre, en Allemagne comme au Portugal.
« Après Paris, le monde entier... » Ce fut vite vérifié.
 
Les 403 sont renversées,
La grève sauvage est générale,
Les Ford finissent de brûler,
Les Enragés ouvrent le bal.
Il est cinq heures,
Paris s’éveille.                                                           bis
 
Les blousons noirs sont à l’affût,
Lance-pierres contre lacrymogènes,
Les flics tombent morts au coin des rues,
Nos petites filles deviennent des reines.
Il est cinq heures,
Paris s’éveille.            bis
 
La tour Eiffel a chaud aux pieds,
L’Arc de triomphe est renversé,
La place Vendôme n’est que fumée,
Le Panthéon s’est dissipé.
Il est cinq heures,
Paris s’éveille.            bis
 
Les maquisards sont dans les gares,
A Notre-Dame on tranche le lard,
Paris retrouve ses fêtards,
Ses flambeurs et ses communards.
Il est cinq heures,
Paris s’éveille.            bis
 
Toutes les Centrales sont investies,
Les bureaucrates exterminés,
Les flics sont sans merci pendus
A la tripaille des curés.
Il est cinq heures,
Paris s’éveille.            bis
 
Le vieux monde va disparaître,
Après Paris, le monde entier.
Les ouvriers sans dieu, sans maître,
Autogestionnent la cité.
Il est cinq heures, bis
Le nouveau monde s’éveille.
Il est cinq heures,
Et nous n’aurons jamais sommeil.
 
 
CHANSON DU CONSEIL POUR LE MAINTIEN DES OCCUPATIONS(CMDO)
(1968 - Alice Becker-Ho)
 
En mai 1968, c’est une nouvelle époque qui s’ouvre pour la révolution, non seulement en France, mais dans le monde entier. Le courant le plus extrémiste, et le plus représentatif sans doute, du nouveau mouvement prolétarien qui prend forme dès ce moment-là, est constitué alors par les Enragés de Nanterre, l’Internationale situationniste et d’autres travailleurs « conseillistes », qui, ensemble, dominent l’espèce de « soviet » de la Sorbonne, et appellent à l’occupation de toutes les entreprises et à l’expropriation du capital privé et bureaucratique. Cette avant-garde, réunie dans le Conseil pour le maintien des occupations, se battra sur tous les terrains jusqu’au recul provisoire du mouvement. La Chanson du CMDO, contrairement à la très grande majorité des chansons révolutionnaires, écrites plus ou moins longtemps après les événements qui les inspirent, date des jours qui suivent la bataille sur les barricades autour de la rue Gay-Lussac, et a été effectivement chantée par les groupes d’intervention du CMDO dans les combats de rue immédiatement ultérieurs, reproduite sur-le-champ, et popularisée par ce baptême du feu. Dans cette chanson on voit apparaître le nouvel ennemi historique du prolétariat, les bureaucrates, qui désormais seront évoqués dans presque toutes les chansons suivantes. Il est intéressant de noter que des historiens ont pu relever, au moins en ce qui concerne un des couplets, une nette parenté de cette chanson avec celle des spartakistes écrasés à Berlin, en janvier 1919, par les troupes du social-démocrate Noske (la Chanson de Büxenstein). Ce n’est pas sans émotion que peuvent l’entendre ceux qui se sont battus rue Gay-Lussac.
 
Rue Gay-Lussac, les rebelles
N’ont qu’les voitures à brûler.
Que vouliez-vous donc, la belle,
Qu’est-ce donc que vous vouliez ?
 
Refrain :
Des canons, par centaines.
Des fusils, par milliers.
Des canons, des fusils,
Par centaines et par milliers.
 
Dites-moi comment s’appelle
Ce jeu-là que vous jouiez ?
La règle en paraît nouvelle,
Quel jeu, quel jeu singulier !
 
Refrain
 
La révolution, la belle,
Est le jeu que vous disiez.
Elle se joue dans les ruelles,
Elle se joue grâce aux pavés.
 
Refrain
 
Le vieux monde et ses séquelles,
Nous voulons les balayer.
Il s’agit d'être cruels,
Mort aux flics et aux curés.
 
Refrain
 
Ils nous lancent comme grêle
Grenades et gaz chlorés ;
Nous ne trouvons que des pelles,
Des couteaux pour nous armer.
 
Refrain
 
Mes pauvres enfants, dit-elle,
Mes jolis barricadiers,
Mon cœur, mon cœur en chancelle :
Je n’ai rien à vous donner.
 
Refrain
 
Si j’ai foi dans ma querelle
Je n’crains pas les policiers.
Il faut qu’elle devienne celle
Des camarades ouvriers.
 
Refrain
 
Le gaullisme est un bordel,
Person’ n’en peut plus douter.
Les bureaucrat’s aux poubelles !
Sans eux on aurait gagner.
 
Refrain
 
Rue Gay-Lussac, les rebelles
N’ont qu’les voitures à brûler.
Que vouliez-vous donc, la belle,
Qu’est-ce donc que vous vouliez ?
 
Refrain
 
LA MITRAILLETTE
(1969 - Jacques Le Glou)
 
À partir d’une bicyclette chantée par Yves Montand, cette chanson exprime le retour de l’extrémisme révolutionnaire dans la jeunesse d’aujourd'hui. On y retrouve sa sensibilité, les seuls héros du passé qu’elle veut reconnaître, et l’essentiel de ses projets d’avenir. On remarquera tout particulièrement l’importance accordée au thème de l’armement.
 
Déjà la mère à la maison
Nous criait « vivez vos passions ! »
Par la fenêtre.
Et j’appelais tous les copains,
Les petites filles des voisins,
Pour aller tenir dans nos mains
La mitraillette.
C’était celle d’un très vieux cousin
Qu’avait rougi du stalinien
Dans l’Espagne en fête.
Plus de hasard, plus de destin,
On se disait : c’est pour demain
Qu’on la f’rait claquer dans nos mains,
La mitraillette.
 
Faut dire que les syndicats-bordels
Nous pourchassaient dans les ruelles
Rien qu’à nos têtes.
On était déjà les rebelles
Qui remplissions toutes les poubelles
Des idées, anciennes et nouvelles,
Sans mitraillette.
Curés, salauds, patrons, pêle-mêle,
Vous n’aurez pas longtemps vie belle,
Viendra la fête.
Y’aura le jeu du plus cruel,
On empaillera un flic modèle
Pour que plus tard on se rappelle
De leur drôle de tête.
 
Faut dire qu’on y mettra du cœur,
Les pétroleuses étaient nos sœurs.
Vienne la tempête.
Makhno, Villa et Durruti
Ont déjà su manier l’outil
Qui fait revivre la poésie,
La mitraillette.
On en refilera même à Bonnot
Pour qu’il revienne dans son auto
Trancher des têtes.
Et l’on verra cette société
Spectaculaire assassinée
Par les Soviets du monde entier,
À coups de mitraillette.
 
LES BUREAUCRATES SE RAMASSENT À LA PELLE
(1973 - Jacques Le Glou)
 
Les Feuilles mortes de Prévert et Kosma, la plus connue peut-être des chansons de la fin des années 40, la chanson de Saint-Germain-des-Prés, voit ici son contenu détourné d’une manière très significative. Dans le lyrisme d’un temps changé, la « grève sauvage » de l’avant-révolution a remplacé, comme référence centrale, les amours mortes de l’après-guerre. L’internationalisme nouveau y rapproche la lutte des anti-péronistes d’Argentine et l’exemplaire grève antisyndicale des dockers d’Anvers. Surtout, on y trouve formulé le but révolutionnaire explicite des « loulous », des jeunes prolétaires des banlieues modernes : « Ne plus jamais travailler. » Comme dans toute l’expression nouvelle qui se développe depuis mai 1968, la valeur libératrice de la pratique de l’érotisme est évoquée.
 
Oh, je voudrais tant que tout ça devienne
Des jours heureux, et la misère finie.
Mais maintenant nous sommes des rebelles
Et l’on peut voir, dans le monde, aujourd’hui :
Les bureaucrates se ramassent à la pelle,
Leurs syndicats et leurs partis aussi.
Et la grève sauvage les emporte,
Avec le pouvoir qui les suit.
Tu vois, il faut s’organiser
Pour ne plus jamais travailler.
 
C’est une pratique qui nous rassemble,
J’les assassine
En Argentine,
Nous survivons tous deux ensemble,
Tu les fous en l’air
Sur le port d’Anvers.
Mais le crime rapproche ceux qui baisent,
Tout doucement, en faisant du bruit,
Et le temps ne saurait effacer
Le pas des amants tous unis.
 
On aura pu comprendre – à la lumière du texte de 1974 – que les chansons présentées dans ce disque appliquent le principe du détournement jusque dans les notices historiques qui les accompagnent. Si la relation des événements auxquels elles se réfèrent est fidèle, leurs attributions (pour les chansons n° 2, 3, 4 et 5), quoique plausibles, sont de purs pastiches, ni plus ni moins improbables que les Vies imaginaires de Marcel Schwob.
Les auteurs réels se sont naturellement, le plus sérieusement du monde, une fois de plus beaucoup amusés.

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