SISTER ROSETTA THARPE

SISTER ROSETTA THARPE

R436
8,00 €
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1 CD / SISTER ROSTTA THARPE / 1939 - 1947 / THE SWINGING GOSPEL QUEEN / WITH LUKY MILLINDER - SAMMY PRICE - MARIE KNIGHT / BLUES COLLECTION

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SISTER ROSETTA THARPE

1939 - 1947

THE SWINGING GOSPEL QUEEN

WITH LUKY MILLINDER - SAMMY PRICE - MARIE KNIGHT

1 I LOOKED DOWN THE LINE (AND I WONDERED)
2 SIT DOWN
3 STAND BY ME
4 ROCK ME
5 THAT'S ALL
6 I WANT TO LIVE SO GOD CAN USE ME
7 I CLAIM JESUS FIRST
8 STRANGE THINGS HAPPENING EVERY DAY
9 TWO LITTLE THINGS AND FIVE LOAVES OF BREAD
10 DON'T TAKE EVERYBODY TO BE YOUR FRIEND
11 HOW FAR FROM GOD
12 WHEN I MOVE TO THE SKY
13 JESUS IS HERE TO STAY
14 OH WHEN I COME TO THE END OF MY JOURNEY
15 BEAMS OH HEAVEN
16 UP ABOVE MY HED I HEAR MUSIC IN THE AIR
17 MY JOURNEY TO THE SKY
18 CAIN'T NO GRAVE HOLD MY BODY DOWN
19 FAMILY PRAYER
20 EVERYBODY'S GONNA HAVE A WONDERFUL TIME UP THERE


















SISTER ROSETTA THARPE

 

C'est dans le sud des États-Unis, à Cotton Plant, Arkansas, que naît le 20 mars 1915, Rosetta Nubin, chanteuse de gospel et guitariste, que les étiquettes des disques présenteront, par la suite, sous le nom de Sister Rosetta Tharpe. Dès son plus jeune âge, vers 6 ans, elle sait déjà jouer de la guitare et du piano. Sa mère Katie Bell Nubin, très engagée dans la vie des congrégations religieuses du Sud, consacrait une grand partie de son temps à parcourir les églises pour prêcher et répandre la bonne parole. Toute jeune, Rosetta est à ses côtés et participe à l'action de sa mère, active évangéliste missionnaire. Cela lui montre, tout naturellement, la voie à suivre : chanter sa foi et par ce biais, conforter les âmes avides de la parole de Dieu!

Cependant, venue à New-York en 1936, elle passe pendant 3 saisons dans une revue du célèbre Cotton Club, avec le non moins célèbre Cab Calloway. Devenant une attraction remarquée, elle est recrutée par la marque Decca qui lui demande d'enregistrer des disques de spirituals avec le seul accompagnement de sa guitare. En 1941, elle rejoint l'orchestre de Lucky Millinder, cédant à la tentation de la musique profane. Elle se produit alors dans des cabarets New Yorkais comme le Café Society, mais elle ne se sent jamais très à l'aise dans les clubs ou les dancings et après deux ans elle quitte Lucky Millinder et son orchestre. De ce jour, elle se consacrera alors, uniquement à la musique religieuse, au gospel!

Attention, lorsque l'on dit musique religieuse, ne vous attendez pas à de la musique statique, compassée, comme c'est généralement la règle en Europe. Avec les noirs des Etats-Unis, chanter les louanges du Seigneur, c'est s'investir complètement, s'adresser à lui avec ferveur et spontanéité, c'est vivre intensément sa prière en y mettant toute sa conviction pour l'interpeller et dialoguer avec Lui! C'est aussi swinguer sa joie d'être une élue! La pulsation de la musique de Rosetta est digne de celle des plus grands du jazz ou du blues, car elle swingue avec sa guitare, bien sûr, mais aussi avec sa voix qu'elle plie à toutes les nuances de son chant!

C'est une artiste spontanée, vivante, persuasive et on ne peut résister et rester insensible à la flamme qui l'anime. Sa très belle voix, particulièrement phonogénique, la rend fascinante à entendre d'autant plus qu'elle anime tous ses vocaux de phrases jaillissantes, d'apartés, de passages mi-parlés mi-chantés, de vocalises, d'inflexions de notes longuement tenues, de growl… De son chant se dégage une présence, une vie, un rayonnement extrêmes que tous ceux qui ont eu la chance de l'entendre en concert, retrouveront ici! C'était un spectacle total que d'assister en direct à une soirée de Sister Rossetta Tharpe, de la voir évoluer avec grâce, de savourer son comportement physique, de suivre les mouvements de son corps, de tout ce prolongement visuel qui magnifiait l'authenticité de son chant! Les spectateurs étaient stupéfaits et ravis de constater qu'une femme seule sur une scène, avec pour unique soutien sa guitare, était capable de les émouvoir, de les "tenir" pendant deux ou trois heures d'un spectacle hélas trop tôt terminé pour tous! Car, fidèle à la tradition des grands créateurs noirs, Rosetta improvise constamment, non seulement dans son accompagnement de guitare, mais aussi dans les paroles de ses textes, de ses chants, dont elle modifie souvent d'une interprétation à l'autre le caractère, la nuance, pour en augmenter l'impact grâce à des inflexions et des vocalises.

Elle parcourt les paroisses des Etats-Unis, se produisant dans les communautés noires et parallèlement enregistre une longue série de disques, tous d'un extrême niveau musical. Elle y est souvent accompagnée par le grand pianiste de blues et de boogie woogie Sammy Price qui sait, à la perfection, lui donner une assise idéale. A partir de 1957 elle effectue plusieurs tournées européennes, dont une sous l'égide du Hot Club de France qui lui permet de se produire dans de nombreuses villes de notre pays. Elle participe à des festivals et, hélas, tombe gravement malade à Genève en 1970. On doit alors l'amputer d'une jambe, mais avec courage, elle continue de chanter lorsque sa mort survient le 9 octobre 1973.

Dans ce recueil nous présentons la première partie de l'œuvre discographique de Sister Rosetta Tharpe. A notre connaissance, il n'existe pas de témoignages enregistrés de sa collaboration avec Cab Calloway et son orchestre nous allons donc suivre Rosetta d'abord seule dans ses premiers disques de 1939-41, puis avec Lucky Millinder et son big band fin 1941. Ensuite de 1944 à 1947 avec le soutien du trio Sammy Price, dont certains titres en duo avec une autre chanteuse de gospel de grande classe : Marie Knight et enfin avec un des ces innombrables quatuors de gospel qui fleurissaient à l'époque : The Dependable Boys.

Programme varié illustrant les diverses facettes de la personnalité de la grande chanteuse. Dans I Looked Down The Line son chant recueilli est soutenu par sa guitare lancinante qui n'est pas sans évoquer les guitaristes du sud des USA. Soutien tellement dense et fourni que l'on pourrait penser avoir affaire à deux guitaristes! Stand By Me est un bel exemple de l'art vocal de Rosetta, de sa parfaite articulation où chaque syllabe est travaillée, modulée, mise en valeur par des variations de timbre ou de volume!

Pour Rock Me on trouve Miss Tharpe avec l'orchestre de Lucky Millinder. En pleine possession de ses moyens, après l'introduction de guitare, son chant d'abord recueilli devient de plus en plus vibrant, plein d'envolée, pour terminer par de longues notes tenues qui dans le final font penser aux codas de trompette d'un Louis Armstrong! Magnifique soutien de tout l'orchestre qui joue avec retenue et chaleur un bel arrangement sobre et efficace. Disque exceptionnel qui prouve bien que Roseta était très à l'aise au sein d'une grande formation et que si elle l'avait désiré, elle aurait pu faire également une grande carrière dans la musique profane. Toujours avec le big band, elle anime vigoureusement That's All en y faisant preuve de son abattage coutumier.

Nous arrivons à toute une série de morceaux au cours desquels, Sister est accompagnée par Sammy Price et son trio. Soulignons tout de suite l'exceptionnelle entente entre le pianiste et la chanteuse-guitariste. Le piano, quoique très présent, se met au service de Rosetta, discret, attentif mais toujours terriblement efficace!

La guitare est très en évidence, tant à l'accompagnement pour soutenir et prolonger le chant, qu'en solo. Au cours des introductions sa guitare installe le climat qu'elle désire donner à chaque morceau et imposer le tempo qui lui semble le meilleur et le plus adapté A ce propos, apprenez que Rosetta Tharpe avait l'habitude d'accorder sa guitare d'une manière toute personnelle, très différente de celle, orthodoxe, utilisée par tous ses confrères guitaristes!

Quant à sa pulsation, son drive, écoutez la fin de When I Move To The Sky, le dynamique  Jesus Is Here To Stay  ou encore Can't No Grave où guitare et piano se fondent, se complètent et s'épaulent pour fournir un accompagnement d'une rare richesse. Autre titre exceptionnel, How Far From God, un chef-d'œuvre, avec vocal insistant, pesant, dramatique, qui sonne comme un blues. Avec maîtrise et aisance elle glisse d'une note à l'autre, mettant en évidence son beau timbre de voix au vibrato émouvant. Là aussi Sammy Price est exemplaire dans son accompagnement ! Avec Family Prayer nous avons un parfait exemple de son art de travailler les versets, les mots de ses cantiques. Elle insiste, pèse, revient sur chaque syllabe pour lui donner le poids désirable. Loin du procédé, c'est un moyen supplémentaire qu'elle utilise sans calcul, spontanément pour convertir son auditoire, rendre son message encore plus vivant, plus direct.

Toujours avec Sammy Price, elle enregistre de nombreux duos avec son amie Marie Knight. Cette dernière ayant une voix plus grave, une diction sobre et majestueuse, le rôle de chaque chanteuse sera logiquement distribué : c'est Marie qui tiendra la partie principale, restant au plus près du texte, pendant que Rosetta beaucoup plus mobile aura le soin d'improviser une partie volubile, créant ainsi une véritable contrepoint autour de la partie de son amie. (Up Above My Head après le solo de guitare). Les voix des deux chanteuses se mêlent, s'unissent, se complètent à la perfection. Leur entente est magique, leurs duos tellement populaires qu'elle graveront de multiples faces pendant des années et ce, jusqu'en 1954 Avec les Dependables Boys, notez comment dès le début, elle utilise avec brio le débit syncopé des révérends spécialistes du "preaching", cela n'annonce-t-il pas déjà le débit des rappeurs?? Rien de nouveau sous le soleil, boys!

Sister Rosetta Tharpe est une artiste exceptionnelle se donnant à fond pour sa mission : louer le Seigneur et vous faire partager sa joie de vivre avec simplicité, bonté et swing! Hallelujah!!!

 

Jacques Morgantini

 

 

Rosetta Nubin, Gospel singer and guitarist, later to become known as Sister Rosetta Tharpe, was born in Cotton Plant, Arkansas, on 20 March 1915. By the time she was six she could already play guitar and piano. Her mother Katie Bell Nubin a fervent Evangelist missionary spent a lot of time travelling around the South and preaching in churches. From a very early age, Rosetta accompanied her, thus naturally paving the way for her future career—singing her faith to those eager to hear the Word of God!

However, when she arrived in New York in 1936, she appeared for three seasons in a revue at the famous Cotton Club, alongside the equally famous Cab Calloway. Having become a celebrity herself, she was invited by Decca to record a series of spirituals, accompanied only by her guitar. In 1941 she again yielded to the temptation of secular music and joined Lucky Millinder’s orchestra, appearing in New York cabarets such as the Café Society. But she never felt really comfortable in the night-club environment and, after two years, she left Millinder’s band to devote herself solely to religious music - gospel.

In this context the term “religious music” certainly does not imply something static and formal, as is so often the case in Europe. When black Americans praise the Lord in song, it is with their whole heart and soul, with a fervour and intensity, that expresses the whole of their faith. They “swing” their joy at having been chosen! The beat of Rosetta’s music is equal to that of any great jazz or blues artist, for she swings not only with her guitar but also with the entire range of her multi-textured voice

The listener cannot fail to be moved by her spontaneity, verve and persuasive presence or to be fascinated by her extremely beautiful voice that she uses to such great effect on record, interspersing her solos with unexpected phrases, asides, half-spoken half-sung passages, long-held notes, growls… All those fortunate enough to have heard her in concert will find in the present compilation that same presence, verve and brilliance. Hearing Sister Rosetta Tharpe live was a never-to-be forgotten experience—and not only hearing her but seeing her, seeing how her fluid, graceful movements added another dimension to her singing, making it come doubly alive! Audiences were amazed that a woman alone on stage, with only her guitar for company, could hold them enthralled for 2 or 3 hours—hours that passed all too quickly. For, true to the tradition of all great black musicians, Rosetta improvises constantly, not only on her guitar accompaniments but also in her lyrics, which she frequently changes from one interpretation to another.

She travelled throughout the States, appearing in black communities while, at the same time, recording extensively often in the company of the great blues and boogie pianist Sammy Price who provided her with the perfect backing. From 1957 onwards, she made a several European tours, including one organised by the Hot Club de France. She featured in numerous Festivals before becoming seriously ill in Geneva in 1970, an illness that resulted in the amputation of one of her legs. Showing enormous courage, she continued to sing right up to her death on 9 October 1973.

This selection covers the first part of Sister Rosetta Tharpe’s discography. To the best of our knowledge no records exist of her collaboration with Cab Calloway and his orchestra so we open with Rosetta solo on her first records from 1939-41, followed by sides with Lucky Millinder and his big band at the end of 1941. Then from 1944 to 1947, backed by the Sammy Price trio, including a few titles in duo with that other great gospel singer, Marie Knight, and finally with the Dependable Boys, one of the countless gospel quartets that flourished at the time.

A varied programme illustrating the diverse facets of this great singer. The vocal on I Looked Down The Line is a contemplative one, with a piercing Southern-style guitar backing, so packed with sound that there might almost be two guitarists! Stand By Me is an excellent example of Rosetta Tharpe’s vocal talents, revealing her superb articulation, enhanced by variations in timbre and volume. Lucky Millinder’s band provides magnificent backing for a beautiful arrangement of Rock Me that opens in a somewhat reflective vein before her voice takes off in full flight, terminating in the kind of long-held notes that recall Louis Armstrong’s trumpet codas. This outstanding track proves the ease with which she fitted into a big formation  and that, had she wished, she could have had an equally successful career in secular music. She is once more with the big band on a vigorous That’s All.

Then come several titles on which she is accompanied by the Sammy Price trio. An exceptional understanding existed between the pianist and Rosetta, the former offering solid yet discreet support while allowing the guitar to take centre-stage. It is the guitar introductions that create the atmosphere and decide the tempo of each piece. Incidentally, Rosetta Tharpe tuned her guitar in a very personal manner, completely unlike that of other guitarists.

To comprehend the beat and drive she was capable of generating, you only have to listen to the end of When I Move To The Sky, Jesus Is Here To Stay or Can’t No Grave… on which guitar and piano blend together in an accompaniment of a rare richness. Sammy Price is also exemplary on How Far From God, a small masterpiece, the dramatic, insistent vocal full of blues echoes. With Family Prayer we are given an example of her skill with lyrics that we mentioned previously.

Sammy Price is also present on the duos she recorded with her friend Marie Knight. Marie, whose voice is deeper and more imposing, sings the lead, staying closer to the lyrics, while the more volatile Rosetta embroiders an intricate counterpoint around the central theme (Up Above My Head following the guitar solo). The two voices intermingle and unite, each a perfect complement to the other. Their duos were so popular that they continued to record together until 1954. Finally, with the Dependable Boys, note her use of a preaching style that might almost be a precursor of rap!

Sister Rosetta Tharpe was an exceptional artist who saw her mission in life as praising the Lord in music and spreading the gospel far and wide. Hallelujah!

 

Adapted from the French by Joyce Waterhouse

 

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