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PARIS MONTMARTRE

.SONGS FROM PARIS MONTMARTRE
98 chansons de Montmartre et de ses cabarets : Autour du Chat Noir, Les nuits de Montmartre, Les cabarets, De Patachou au Trois Baudets... Digipack 4 CD et un Livret 42 pages..

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Les titres ; 

DISQUE 1
Autour du Chat Noi
Marc & André
“Les Baladins de la Cité“ et leur guitare
1. À MONTMERTE 
2’02
(Aristide Bruant)
Pacific 1842 (RE 2063-Part. 13976)
Novembre 1951
Trémolo
Orchestre dir. Jehan Charpentier
2. LE PENDU (de St. Germain) 
2’33
(Maurice Mac-Nab - Camille Baron)
Artiphone A 349 (13139)
1929
Stello, du Lapin à Gill
Chœurs et orchestre dir. Georges Aubanel
3. L’EXPULSION 
3’10
(Maurice Mac-Nab - Camille Baron)
Polydor 524.050 (1662 WPP)
Mars 1935
Jacques Grello, du Théâtre de Dix-Heures
Piano L. Petitjean
4. LE GRAND MÉTINGUE DU MÉTROPOLITAIN 
2’55
(Maurice Mac-Nab - Camille Baron)
Lumen 33412 (XC 470-1)
Janvier 1943
Damia
Orchestre Pierre Chagnon
5. L’ORGUE 
3’23
(Légende allemande)
(Charles Cros - Louis Loréal, harm. P. Larrieu)
Columbia DF 309 (W.L. 1964-3)
Décembre 1930
Damia
6. LA VEUVE 
3’44
(Jules Jouy - harm. P. Larrieu)
Columbia DFX 144 (CLX 1665-1)
Février 1933
Stello, du Lapin à Gill
Chœurs et orchestre dir. Jean Lenoir
7. UN BAL CHEZ LE MINISTRE 
3’38
(Jules Jouy - Antonin Jouberti)
Polydor 522.466 (5832 BKP)
Novembre 1932
Jean Clément
Orchestre Pierre Chagnon
8. CHANSON D’AUTOMNE 
3’04
(Maurice Rollinat)
Columbia DF 1439 (CL 4541-1)
Novembre 1933
André Pasdoc
Acc. d’orchestre
9. FERMONS NOS RIDEAUX 
3’04
(Maurice Boukay - Paul Delmet)
Pacific 2868 (RE 2107 Part. 14.898)
ca. Mars 1952
Eugénie Buffet
Piano Yvonne Thomson
10. DÉCLARATION 
2’08
(Jean Richepin - Gustave Michiels)
Gramophone K 7306 (OPG 1378-1)
Mars 1934
Aristide Bruant
et ses amis
11. CINQ MINUTES CHEZ BRUANT 3’13
(Scène réaliste)
(Aristide Bruant)
Odéon I.T.M. 60854 (XP 4167)
ca. Juin 1908
Yvette Guilbert
Piano Hélène-Frédérique de Faye-Jozin
12. ELLE ÉTAIT TRÈS BIEN 
2’35
(Léon Xanrof)
Gramophone W 994 (Cc 13811-1)
Juin 1928
Léon Xanrof
Piano Madame Philippot ?
13. LE FIACRE 
1’38
(Léon Xanrof)
Decca FMT 163054
1953
Miguel Zamacoïs
14. L’HUÎTRE ET LES PLAIDEURS 
0’35
(Miguel Zamacoïs)
Decca FMT 163054
1953
Vincent Hyspa
15. LE VER SOLITAIRE 
2’38
(Vincent Hyspa)
Odéon 250321 (KI 5677-1)
Décembre 1932
Robert Casa, de la Boîte à Fursy
Acc. de piano
16. MARIAGE DÉMOCRATIQUE 
3’24
(Dominique Bonnaud - Adolf Stanislas- Fernand Heintz)
Odéon I.T.M. 97392 (XP 4751)
Fin 1909
Gabriel Montoya
Piano Paul Salomon ?
17. L’AMOUR IMPOSSIBLE 
2’43
(Gabriel Montoya - Edmond Missa)
APGA 1700
1907/08  
Fragson
Acc. de piano
18. LES AMIS DE MONSIEUR 
1’59
(Eugène Héros - Cellarius - H. Fragson - Lucien Del)
Pathé 3206
1903
Yvette Guilbert
19. LES VIEUX MESSIEURS 
2’54
(Maurice Donnay)
Gramophone K 7461 (OPG 1523-1)
Avril 1934
Yvette Guilbert
Piano Irène Aïtoff
20. D’ELLE À LUI 3’24
(Paul Marinier)
Gramophone K 7559 (OLA 4-1)
Septembre 1934
Fursy
Acc. de piano
21. DÉPLACEMENTS MINISTÉRIELS 
1’36
(Henri Fursy)
Gramophone GC-2-32682 (1498 F.I.)
1903
Xavier Privas
Piano Paul Salomon ?
22. LES THURIFÉRAIRES 
3’15
(Xavier Privas - arr. C. Tristan)
APGA 1428
1907/08
Théodore Botrel
Acc. piano, violon…
23. LE COUTEAU 
3’03
(Théodore Botrel)
Gramophone K 2138 (BS 957-1)
Mai 1923
Jack, du Lapin à Gill
Acc. à la harpe par Mlle Yette Édy
24. LA PETITE ÉGLISE 
2’52
(Charles Fallot - Paul Delmet)
Polydor 521.540 (2171 BK)
Berlin, ca. Mai 1929
Jean-Roger Caussimon, Renée Jan et Marcel Nobla
Piano Suzanne Cargill
25. LE CHAT NOIR 
2’55
(Aristide Bruant)
Au Lapin Agile*, 1946

DISQUE 2
Les cabarets artistiques et chansonniers
Lucien Boyer
et le Comité de la République
1. TU VERRAS MONTMARTRE ! (Monte là-dessus) 3’08
(Lucien Boyer - Charles Borel-Clerc)
Pathé 4087 (3836)
1922
Stello, du Lapin à Gill
Orchestre dir. Jean Lenoir
2. LES DEUX MÉNÉTRIERS 
2’40
(Jean Richepin - Lucien Durand)
Polydor 522.154 (4830 BKP)
ca. octobre 1931
Jean Clément
Acc. piano, violon, violoncelle
3. MON AMOUR ÉTAIT MORT 
3’12
(Edmond Haraucourt - Claude Rohan)
Columbia DF 790 (WL 3378-1)
Décembre 1931
Yvonne Darle
Piano Marc Berthomieu + ondioline
4. VA DANSER 
4’16
(Gaston Couté - Marcel-Legay)
Ducretet-Thomson 260 V 052 (LD 464)
Au Lapin Agile, fin 1955
Paulo
5. LA TOINON 
2’30
(Gaston Couté)
Ducretet-Thomson 260 V 052 (LD 465)
Au Lapin Agile, fin 1955
Georges Chepfer
Acc. de piano
6. LA LEÇON DE VALSE DU PETIT FRANÇOIS 
3’21
(AMédée de Beauplan - adapt. George Chepfer)
Odéon 238260 (KI 3921-1)
Décembre 1930
Noël-Noël
Acc. au piano par Claude Rolland
7. LE RASOIR DU COIFFEUR 
2’48
du film  « La Vie chantée »
(Noël-Noël)
Odéon OS 1094
1955
Paul Colline, des Cabarets Montmartrois
Acc. de piano (Paul Maye ?)
8. QUAND C’EST AUX AUTOS DE PASSER 
3’25
“Drame de la circulation“
(Paul Colline - Paul Maye)
Pathé X 94348 (E 203885-MC1)
Février 1933
Pierre Dac
Acc. de piano
9. LES PARENTS 
2’52
(Pierre Dac)
Columbia DF-1421 (CL 4645-1)
Janvier 1934
Gabriello
Piano L. Ducret
10. AVANT D’ÊTRE CAPITAINE… 
2’58
(Gabriello - Francisco Alongi)
Cristal 5645 (CP 949)
Septembre 1933
Raymond Souplex
Piano Georges Matis
11. APPAREILS 
3’22
(Raymond Souplex - Georges Matis)
Decca 133.809
1955
René Dorin
Acc. de piano
12. AU PAS, AU PAS 
4’31
(René Dorin)
Véga 16035
1954
Robert Rocca
Piano Simone Delaroche
13. MA 5 HP 
3’18
(Robert Rocca - Max d’Yresne)
Polydor 590.233 (0367-2 ACP)
Novembre 1948
Jack, du Lapin à Gill
Acc. à la harpe par Mlle Yette Edy
14. LES DEUX CŒURS 
2’30
(Henri de Fontenailles - Hippolyte Lucas)
Polydor 521.540 (2172 BK)
Berlin, ca. Mai 1929
André Pasdoc
Orchestre dir. Albert Valsien
15. LE BLEU DES BLEUETS 
3’26
Romance
(Edmond Haraucourt - Marcel-Legay)
Odéon 281.373 (KI 8894-1)
Avril 1939
Louis Bory
Orchestre dir. Ackermans
16. INFIDÉLITÉ 
2’17
(Théophile Gautier - Reynaldo Hahn)
Odéon 281 324 (Ki 8750-1)
Janvier 1939
Renée Jan
Piano Marc Berthomieu
17. MADAME ARTHUR 
3’01
(Paul de Kock - Yvette Guilbert)
Au Lapin Agile*, 1946
Marcel Nobla
s’accompagnant à la guitare
18. FRÉDÉ 
3’29
(MichelVaucaire - Daniel White)
Au Lapin Agile*, 1948
Marc & André
Orchestre dir. André Grassi
19. ANDRÉE MADELEN 
1’56
(Louis Poterat - Francis Lopez)
Pacific 2729 (RE 1424 Part. 10.634)
Octobre 1950
Cora Vaucaire
Acc. par Philippe-Gérard et son ensemble
20. SANS RIEN DIRE 
3’01
(Claude Moselle - Marcel-Legay)
Pathé Marconi AT 1067
Juillet 1955
Jacques Douai
s’accompagnant à la guitare
21. LES PETITS PAVÉS 
2’04
(MichelVaucaire - Paul Delmet)
EPM 980532 (Licence INA)
1957
Monique Morelli
Accordéon Lino Léonardi
22. JOUR DE LESSIVE 
3’17
(Gaston Couté - Léo Daniderff)
EPM 980702
(P) Morelli 1963
Monique Morelli
Accordéon Lino Léonardi
23. LE REVENANT 3’27
(Jehan Rictus - G. Ligny)
EPM 980702
(P) Morelli 1963
Cora Vaucaire
Acc. par Georges Van Parys et son grand orchestre
24. LA COMPLAINTE DE LA BUTTE 
3’04
(Jean Renoir - Georges Van Parys)
Pathé Marconi AT 1067
Janvier 1955

DISQUE 3
Les nuits de Montmartre
Bordas
Orchestre dir. Pierre Chagnon
1. DANS MON PETIT BISTROT 
3’17
(J. Rodor - R. Ancelin - P. Durand)
Columbia DF 2869 (CL 7522-1)
Novembre 1941
Fréhel
Acc. de piano
2. LA MAISON DE MON CŒUR EST PRÊTE 
2’26
Mélodie
(G. Dumestre)
Pathé X 5319 (200809)
Mai 1927
Damia
Acc. quatuor
3. CHANSON DE FOU 
3’59
(H. de Fleurigny – G. Lemaire)
Odéon 171052 (XXP 6547)
Décembre 1927/Janvier 1928
Cora Madou
Acc. d’orchestre
4. PARADIS DU RÊVE 
3’11
(J. Richepin - N. Fyscher)
Gramophone K 7309 (OPG 1549-1)
Mai 1934
Charles & Johnny
Acc. de piano
5. QUAND ON EST CHEVAL DE FIACRE 
3’13
(C. Trenet - J. Hess)
Pathé PA 120 (204322-MC1)
Février 1934
O’ Dett
Orchestre Michel Warlop
6. LA DESTINÉE DU PETIT MARIN 
2’56
(F. Rauzéna - L. Cazaux - J. Ellworth)
Columbia DF-2018 (CL 5912-1)
Octobre 1936
Joséphine Baker
Acc. par le Melodic-Jazz du Casino de Paris, dir. Edmond Mahieux
7. DIS MOI JOSÉPHINE 
3’09
(L. Lelièvre - H. Varna - M.Cab - Z. Bela)
Columbia DF 228 (WL 2513-1)
Octobre 1930
Lys Gauty
Piano A. de Pierlas
8. BYE !.. BYE !.. 
3’14
(R. Gérard - T. Richepin)
Columbia DF 1134 (CL 4242-1)
Mars 1933
Saint-Granier et Loulou Hégoburu
Acc. d’orchestre
9. JOUJOU 
2’47
(Saint-Granier - H. Varna - C. Borel-Clerc)
Columbia DF 63 (WL 2222)
Avril 1930
Mlle Florelle, des Concerts parisiens
Acc. de jazz
10. MON SEUL PARIS 
2’42
du film « La Chanson des nations »
(Seygan – Labor)
Pathé X 3921 (202744)
Décembre 1930
Rina Ketty
Jean Vaissade et son ensemble
11. DANS LES BRAS D’UN MATELOT 
2’44
(Bataille-Henri - A. Paresa)
Gramophone K-7732 (OLA 1112-1)
Juin 1936
Lyne Clevers
Orchestre dir. Albert Lasry
12. UNE PETITE AUTO 
3’10
(C. François - A. Lasry)
Odéon 166 892 (Ki 7069-2)
Janvier 1935
Gilles et Julien
s’accompagnant au piano Pleyel
13. FAUT BIEN QU’ON VIVE 
2’51
(C. François - J. Villard)
Columbia DF-1824 (CL 5484-1)
Octobre 1935
Germaine Lix
Orchestre dir. Marcel Cariven
14. ACCORDÉON, C’EST TOI QUI CHANTE
3’00
(H. Varna - M. Cab - L. Pipon)
Pathé PA 1731 (CPT 4656-1)
Janvier 1939
Germaine et Jean Sablon
Acc. par Stéphane Grappelli, Django Reinhardt, Joseph Reinhardt et Louis Vola
15. LA PETITE ÎLE 
2’55
(J. Nohain - Mireille)
Gramophone K 7517 (OLA 521-1)
Mai 1935
André Pasdoc
Orchestre dir. Georges Aubanel
16. CHANSON TENDRE 
2’44
(F. Carco - J. Larmanjat)
Polydor 524177 (2327 HPP)
Mars 1936
Édith Piaf (“La Môme Piaf“)
Acc. d’orchestre
17. LA PETITE BOUTIQUE 
3’18
(R. Carlès - O. Hodeige)
Polydor 524185 (2990 HPP)
Octobre 1936
Édith Piaf (“La Môme Piaf“)
Acc. de piano, Jean “Matelo“ Ferret, guitare
18. LA JULIE JOLIE 3’05
(G. Couté - L. Daniderff)
Polydor 524185 (2377 HPP)
Mars 1936
André Claveau
Orchestre dir. Marcel Cariven
19. AH ! C’ QU’ON S’AIMAIT 
3’23
(L. Boyer - P. Marinier)
Columbia DF 2848 (CL 7500-1)
Octobre 1941
Jacques Pills
Orchestre dir. Félix Chardon
20. MARCHÉ ROSE 
2’47
(J. Boyer)
Columbia BF 56 (CL 7500-1)
Avril 1943
Odette Laure
Orchestre dir. Raymond Legrand
21. ÇA TOURNE PAS ROND 
2’54
(F. Blanche - H. Leca)
Pathé PA 3008 (CPT 9815-21)
Juin 1953
Mick Micheyl
Orchestre Marius Coste
22. LE MARCHAND DE POÉSIE 
3’18
(M. Micheyl - B. Astor)
Columbia BF 294 (CL 7858-1)
 Janvier 1950
Jean-Claude Darnal
Orchestre Michel Legrand
23. CHEZ NARCISSIO 
2’40
(J.C. Darnal)
Polydor 560 480 (3334-2 ACP)
Avril 1954
Fréhel
Orchestre Pierre Chagon
24. OÙ EST-IL DONC ? 
3’12
du film « Pépé le Moko »
(A. Decaye - L. Carol - V. Scotto)
Columbia DF 2065 (CL 5990-1)
Décembre 1936

DISQUE 4
De Chez Patachou aux Trois Baudets
Jacqueline François
Acc. d’orchestre
1. UTRILLO 
2’56
(J. Larue - J. Lutèce)
Polydor 560 185 (893-2 ACP)
Mars 1950
Les Garçons de la Rue
Orchestre Pierre Arrimi
2. LA PAUVRE ORPHELINE 
3’19
(Cami – G. Gabaroche – M. Berthomieu)
SRD-R.C.A. 90SM57
(P) 1955
Francis Lemarque
Acc. guitare, accordéon, basse et batterie
3. LE TUEUR AFFAMÉ 
3’11
(F. Lemarque)
Polydor 560 166 (687-2 ACP)
Novembre 1949
Henri Salvador
s’accompagnant à la guitare
4. LE PETIT SOUPER AUX CHANDELLES 
2’39
(P. Misraki)
Polydor 560 060 (0124-1 ACP)
Février 1948
Jean-Roger Caussimon
Piano Marc Berthomieu
5. L’ILLUSIONNISTE1’49
(J.R. Caussimon)
Au Lapin Agile*, 1946
Pierre Dudan
Orchestre Jacques-Henry Rys
6. TOMATES 
2’20
(P. Dudan – Louiguy)
Pathé PA 2523 (SF 3-1)
Avril 1958
Pierre Dac et Francis Blanche
Piano Pierre Arnaud de Chassy-Poulay
7. TYROLIENNE HAINEUSE 
2’15
(P. Dac - A. Calabrèse)
Aux Trois Baudets**, 1950
Robert Lamoureux
8. VISITE À LA RADIO ou “Paupiette de Paris“ 
3’38
Monologue
(R. Lamoureux)
Polydor 560 201
Décembre 1949
Les Pinsons
“Joyeux Cow-boys“
9. LE DINDON DIGNE “Yankee Doodle“ 
2’16
(F. Blanche - Traditionnel)
Philips N 72027 (1531-2 ACP)
Août 1951
Félix Leclerc
à la guitare
10. BOZO 
2’12
(F. Leclerc)
Polydor 576 003
1953 ? (1e publication 1954)
Mouloudji
Orchestre dir. Michel Legrand
11. ELLE TOURNE LA TERRE 
3’25
(L. Ferré)
Philips N 72213 (2740 ACP)
Juin 1953
Le Trio des Quatre
Acc. d’orchestre
12. C’ÉTAIT UN HUN, 2, 3 
3’09
Marche
(M. Manlez - J. Canon)
Saturne 3001 (1386)
1950
Patachou
Orchestre Jo Boyer
13. RUE LEPIC 
2’34
(P. Jacob - M. Emer)
Polydor 560 288 (904-2 ACP)
Avril 1950
Georges Brassens
s’accompagnant à la guitare, contrebasse Pierre Nicolas
14. LE MAUVAIS SUJET REPENTI 
2’31
(G. Brassens)
Polydor 560 398 / Philips N 72083 (2060-2 ACP)
Mai 1952
Catherine Sauvage
Orchestre André Grassi 
15. PAR VIVIANE ET PAR MERLIN 
2’09
(A. Vannier - M. Philippe-Gérard)
Philips 72.061 (1734-2 ACP)
Novembre 1951
Les 4 Barbus
Piano Marc Berthomieu ?
16. VALSE ALSACIENNE 
1’44
(J.R. Caussimon)
Au Lapin Agile*, 1949
Aglaé
Orchestre Michel legrand
17. AGLAÉ 
2’11
(L. Daunais)
Philips N 72046 (2462-3 ACP)
Févrie 1953
Philippe Clay
Orchestre J.P. Mengeon
18. Où SONT LES PÉPÉES ? 
2’14
(R. Rouzaud - H. Ithier - M. Philippe-Gérard - E. Barclay)
Philips N 72307 (3863 ACP)
Octobre 1955
Les Quat’ Jeudis
chantent, avec acc. de piano
19. LE PLANTEUR DE RHUBARBE 
3’11
(P. Louki - J. Lacome, arr. Raoul Curet)
Ducretet-Thomson 460 V 282
Catherine Sauvage
Acc. par l’ensemble Tony Bell de Radio Genève
20. GRAND PAPA LABOUREUR 
2’44
(J. Broussolle - A. Popp)
Decca 27.215 (BSWS 389)
Début 1950
Jacques Brel
Orchestre Lou Logist
21. IL Y A 
2’20
(J. Brel - L. Logist)
Philips P19055-200305
Février 1953
Fernand Raynaud
22. LES CROISSANTS 
2’16
(F. Raynaud)
Philips 6680 271
1955
Boris Vian
Acc. par l’ensemble Jimmy Walter
23. COMPLAINTE DU PROGRÈS “Les Arts Ménagers“ 
2’42
(B. Vian - A. Goraguer)
Philips B 77922
Avril 1955
Yves Mathieu
et les chœurs du Lapin, piano Henri Morgan
24. À MONTMERTE 
3’06
(A. Bruant)
Au Lapin Agile, 2005***
*Coll. Raphaël Caussimon (enregistrements inédits)
**Coll. Jacques Pessis
***© Yves Mathieu (enregistrement inédit)

PARIS MONTMARTRE
 
Paris ne fut pas toujours Montmartre, et Montmartre ne fut pas toujours à Paris !..
Et pourtant, le point le plus haut de la capitale, celui qui domine, tout autour de lui, Paris, son centre, ses faubourgs, sa banlieue, c’est bien la “Butte sacrée“. À son sommet se dresse fièrement, quoique avec suffisance, la basilique du Sacré-Cœur inaugurée en 1895, celle qui fait grimper les grappes de touristes par les escaliers ou en funiculaire jusqu’à son parvis.
Nonobstant la basilique, nous sommes là-haut dans le “Vieux Montmartre“, le Montmartre historique, le village, là où serpentent encore les petites rues étroites, là où d’autres nous amèneraient au-dessus du vide si, in extremis, les escaliers « durs aux miséreux » ne nous présentaient leurs marches et leurs rampes pour nous rattraper et nous entraîner dans de vertigineuses descentes. Vers le Bas Montmartre, celui qui n’a rien de pittoresque ni de remarquable architecturalement parlant. « Un p’tit jet d’eau, une station de métro, entourée de bistrots… Pigalle ». Sommes-nous encore, ou déjà, à Montmartre sur cette place où se rejoignent (presque) le boulevard de Clichy et le boulevard de Rochechouart ?
Ce sont pourtant sur ces deux axes qui marquent les limites entre les 9e et 18e arrondissements, que se sont pressés l’un contre l’autre, superposés les uns sur les autres, succédés les uns derrière les autres, ces établissements qu’on appelle les “Cabarets de Montmartre“. Sans oublier ces lieux mythiques que sont ou furent le Moulin Rouge, place Blanche, le cirque Médrano (ex-Fernando), juste à l’angle où se rencontrent ces deux boulevards, la Cigale, en face, l’Élysée-Montmartre un peu plus loin…
 
Les cabarets de Montmartre ne poussent pas sur la Butte ! Le Vieux Montmartre, repaire des artistes, des poètes, des rapins, des marlous, lieu de vie d’une population pas vraiment huppée — voir le Maquis — ne dispose que de petits estaminets, quelques hostelleries sur la place du Tertre, l’auberge “À ma Campagne“ rue des Saules… et s’accroche aux ailes de son dernier moulin. Non seulement les cabarets dédaignent la Butte car la clientèle ne se risquerait guère à y monter le soir, mais ils ont même l’irrésistible tendance à continuer à descendre vers l’Opéra ou les Grands Boulevards. Où vont-ils s’arrêter ? Ou plutôt : où allons-nous les laisser filer ?
Si l’on ne franchit pas les terre-pleins des boulevards de Clichy et de Rochechouart, on élimine au bas mot la moitié des cabarets dont le second Chat Noir ! Il nous faut donc réconcilier le mythe avec la réalité, l’histoire avec la géographie qui, pour une fois, ne s’accordent pas ensemble. Pour cela, il nous faut tracer un “périmètre montmartrois“ qui pourrait, par exemple, contenir nos deux fameux boulevards dans toute leur longueur. À l’extrême Ouest : la place Clichy, à l’extrême Est : le carrefour Barbès-Rochechouart. Cherchons à présent l’exact milieu entre ces deux pôles. Point la place Pigalle, décalée vers la gauche, mais une autre, plus discrète, plus en hauteur, celle des Abbesses qui se trouve exactement à mi-chemin entre ces deux extrémités. Plantons la pointe de notre compas sur la station de métro dessinée par Guimard, plaçons l’autre branche sur celle de la place Clichy, sortie rue Biot, face à l’Européen — le music-hall reste à la porte — et traçons une circonférence en remontant vers le Nord. Nous traversons le cimetière de Montmartre, nous nous asseyons quelques instants sur un banc du square Raymond Souplex au carrefour Damrémont-Marcadet, survolons un temps cette rue Marcadet, évitons la Mairie du 18e (!), accrochons au passage le souvenir du cabaret “À la Belle Gabrielle“ en traversant la rue du Mont Cenis, et rattrapons la rue Custine juste avant la place du Château Rouge. Il suffit alors de descendre le boulevard Barbès et nous avons accompli la moitié de notre parcours. Nous continuons à tracer notre frontière en suivant un moment la rue de Maubeuge avant d’arriver, à l’extrême Sud, juste dans le chœur de l’église N.D. de Lorette, en incluant de justesse le Théâtre de la Bodinière rue Saint-Lazare, mais en laissant sur notre gauche, et l’église de la Sainte Trinité, et le Casino de Paris ! Mais nous ferons un geste vers le Shéhérazade avant de remonter la rue de Clichy.
Le cercle est refermé, notre territoire marqué, notre promenade à travers les cabarets de Montmartre peut commencer. Mais par où, et quand ?
 
Avant même le milieu du XIXe siècle, les bals, à la fois chics et populaires, commençaient à peupler ces quartiers encore très campagnards : le Bal de la Boule Noire (1822-1880), 120, bd de Rochechouart, qui deviendra La Cigale, celui de l’Élysée-Montmartre (1831-1894) au 72, celui des Folies Robert (1856-1865) au 62 ; le Bal du Château Rouge (1844-1881) sur la place du même nom et, tout près de là, boulevard Barbès, celui du Grand Turc  que fréquentent Alexandre Dumas et Gérard de Nerval, dès 1833, on y chante dans un des salons ; le Bal du Petit Moulin Rouge, 3, place Constantin Pecqueur, créé en 1878, plus de dix ans avant la création de l’autre Moulin Rouge — Zidler lui aurait-il piqué son nom ? — sur les ruines du Bal de la Reine Blanche qui existait déjà avant 1850 ; le Bal-concert du Chalet (1871), 50, avenue de Clichy, qui deviendra le Théâtre Moncey : et enfin le plus célèbre et qui les enterra tous, le Bal du Moulin de la Galette (1833-1940), au coin des rues Lepic et Girardon.
Puis, à l’angle des grandes avenues, les cafés ont commencé à se faire une réputation lorsque poètes, écrivains, artistes, en particulier les peintres impressionnistes qui les ont souvent pris pour décor, s’y sont retrouvés à l’heure de l’absinthe. Ces réunions informelles mais sans doute fort animées, devaient parfois tourner au “spectacle“ et, tout naturellement, le poète qui récitait ses derniers vers dans l’arrière-salle pour ses amis, fini par se lever et, qui sait, grimper sur la table pour en faire profiter toute la clientèle. Insensiblement, le café tournait au cabaret. Parmi les ceux qui sont entrés dans l’Histoire, citons Dinocheau, rue Breda (Henri-Monnier) vers 1850 que fréquentait Baudelaire, Le Guerbois, à l’angle de l’avenue de Clichy, rendez-vous des Impressionnistes, le Concert de l’Abbaye, vers 1860/70, la Brasserie des Martyrs que fréquentait Courbet et, en face, le Café de la Belle Poule rue des Martyrs, sorte de café chantant , le Père Lathuille, immortalisé par Manet, le Rat Mort, place Pigalle, refuge de la bohème contestataire…
 
Autour du Chat Noir
 
Un certain Père Laplace tenait, vers 1870, un café 28, avenue Trudaine. En 1878, il le baptise La Grande Pinte et y reçoit le chansonnier Arthur Marcel-Legay, dit “Le Chauve chevelu“ qui, jusqu’à présent chantait en terrasse à Montmartre, sur les boulevards et au Quartier latin. Il y accueille aussi Émile Goudeau (1849-1906), président du Club des Hydropathes dont les réunions animées ont lieu au restaurant Le Procope, rive gauche. C’est en cet endroit, que nous pouvons considérer comme le premier vrai cabaret montmartrois, que Goudeau rencontra Rodolphe Salis (1852-1897), artiste peintre sans réputation ? (1)
Nous sommes en 1881. Traversons la rue Lallier pour, en face au 30, pousser les portes de l’Auberge du Clou, fondée par Jules Mousseau et, à partir de 1891, animée par divers chansonniers dont Marcel-Legay. Bientôt on y entendra Vincent Hyspa, Paul Delmet, Victor Meusy et Eugène Lemercier ainsi que les pianistes Albert Tinchant et Albert Chantrier que relaient parfois Claude Debussy et Erik Satie au milieu d’habitués comme Georges Courteline.
La rue Lallier rejoint le boulevard de Rochechouart. Tournons à droite et arrêtons-nous au 84, où, fin novembre 1881, Salis invite Goudeau pour l’ouverture, dans les locaux d’un ancien bureau de poste, d’un cabaret artistique d’un genre nouveau : Le Chat Noir. Tout ce que le quartier (et Paris) compte d’écrivains, de chroniqueurs, de journalistes, de peintres, de dessinateurs parmi les plus jeunes talents, s’y retrouve. Goudeau a entraîné à sa suite toute la bande des Hydropathes qui, traversant la Seine, abandonnent le Quartier Latin pour faire bientôt de Montmartre le lieu de l’avant-garde intellectuelle et culturelle. L’histoire et les péripéties du Chat Noir ont été suffisamment narrés dans de multiples ouvrages pour qu’il nous soit permis de renoncer à établir une liste, forcément incomplète, de tous ceux, connus de leur temps ou par la postérité, qui fréquentèrent l’établissement et collaborèrent au journal “Le Chat Noir“ de 1882 à 1899. Rappelons simplement que c’est le dessinateur et peintre Adolphe Willette qui croqua la première silhouette du Chat Noir et orna les murs d’un vitrail, “La Vierge verte“, et de peintures (dont l’immense Parce Domine). Parmi ses collègues : André Gill, Caran d’Ache, Forain, Signac, Steinlen… Avant de s’attarder sur ceux qui diffusaient leurs œuvres directement face au public, signalons la participation active des “poètes muets“, ceux qui faisaient interpréter leurs textes par les autres ou qui les publiaient dans le journal Le Chat Noir : François Coppée, Félicien Champsaur, Raoul Ponchon, Georges Auriol (arrivé en 1883), Alphonse Allais (en 1884), Laurent Tailhade, Jean Lorrain, etc. Charles Cros, Jean-Baptiste Clément, Jean Richepin, Edmond Haraucourt, Courteline, le compositeur Léon de Bercy y récitaient-ils ou chantaient-ils leurs œuvres ? Peut-être, sans doute, mais pas avec la régularité “professionnelle“ de ceux qui vont s’affirmer comme les premiers grands chansonniers de l’époque : Jules Jouy, Maurice Rollinat qui en sera la vedette le peu de temps qu’il restera au Chat Noir, Georges Fragerolle, Maurice Mac-Nab, présents dès l’ouverture, Marie Krysinska qui s’accompagne, comme Rollinat, au piano, Armand Masson, Georges d’Esparbès, Louis Marsolleau, Victor Meusy qui pousse la porte en 1882, Aristide Bruant, qui “fout un coup d’pied dedans“ l’année suivante, Marcel-Legay, etc.
Extraordinaire vivier de la création, de l’impertinence et de la poésie, le Chat Noir suscite de nombreux émules. Mais qui pourra se targuer d’avoir réuni entre ses murs une troupe aussi brillante qu’impressionnante ? D’ailleurs l’espace devient bien trop étroit pour accueillir un public qui doit, bien souvent, rester sur le trottoir lorsque le local est plein à craquer. Parlons-en du “trottoir“. Celui du boulevard de Rochechouart ne brille pas par sa distinction et ne répond plus aux ambitions “haut de gamme“ de Salis. Aussi, en l’an 1885, pour se débarrasser des souteneurs et autres éléments tapageurs et interlopes, le “gentilhomme cabaretier“ déménage, de nuit mais en grande pompe, à la tête d’une procession folklorique qui traverse le boulevard et gagne le 12 de la rue Victor Massé (appelée encore rue de Laval), où il s’installe luxueusement dans l’ancien hôtel particulier du peintre mondain Alfred Stevens. Certains le suivent, d’autres non qui, à l’instar de Willette, Laurent Tailhade et Goudeau trouvent cette mascarade ridicule. Plus prosaïquement, Aristide Bruant reste sur place. Il rachète le bail du 84 à Salis et y ouvre le Cabaret du Mirliton. Entouré d’une petite troupe faire-valoir, il anime à peu près seul le cabaret grâce à sa forte personnalité et à ses façons de rudoyer le client. Bientôt, tout Paris y court se faire engueuler et le succès du Mirliton propulse Bruant au rang de véritable vedette. En 1895, il abandonnera l’animation de son cabaret pour monter sur les plus grandes scènes populaires (L’Eldorado, Les Ambassadeurs), aidé par le génial coup de patte de son ami Toulouse-Lautrec qu’on ne rencontre guère dans les autres cabarets “artistiques“. Le peintre préfère les danseuses de french cancan du Moulin Rouge et les écuyères du Cirque Medrano. Sous la signature de Tréclau, il collabore, comme Steinlen, qui lui signe Jean Caillou, au journal “Le Mirliton“ dirigé par Camille de Sainte-Croix et Georges Courteline.
Remontons le boulevard de Rochechouart jusqu’à la rue des Martyrs. Au coin, 2 boulevard de Clichy s’ouvre, à la fin de l’année 1885, la Taverne du Bagne, animée par un ancien colonel de la Commune désormais amnistié, Maxime Brienne, dit Lisbonne. Sans “vedettes“ ni programme consistant, l’établissement fermera au bout de six mois, un laps de temps toutefois suffisant pour lui assurer une postérité, ou plutôt celle de son fondateur qui n’en est qu’au début de ses ouvertures tapageuses brièvement suivies de banqueroutes tout aussi retentissantes.
Tournons à droite et remontons de quelques pas la rue des Martyrs pour nous arrêter au 75 et pousser la porte du Divan Japonais. Il reprend, en 1886, le nom d’un café créé en 1873 à la place de la Brasserie des Martyrs. Entre temps il s’est appelé le Café (ou Caveau) de la Chanson ; qu’y chantait-on ? Repris en main par Jehan Sarrazin en 1888 qui l’installe au sous-sol l’année suivante, cet établissement sans prétention change alors de registre et de standing avec la participation du chanteur de caf’ conc’ Charlus, des chansonniers Jules Jouy, Marcel-Legay et Jean Varney, et surtout de la chanteuse Yvette Guilbert qui, en 1891, assure sa réputation avec un tour de chant d’un genre nouveau et un répertoire qui comprend les chansons de Léon Xanrof. Le Divan est repris par Edmond Fournier puis, en 1894, devient le Concert Lisbonne par les bons soins du Maxime précité. Lequel, grâce à une programmation “audacieuse“ (« Le Coucher d’Yvette », pas Guilbert mais Blanche Cavelli), s’offre une nouvelle faillite ! Le Divan Japonais retrouve son nom et ses couleurs l’année suivante sous la houlette de l’auteur des « Chansons sensuelles » Gaston Habrekorn (ancien du Chat Noir) qui programme aussi bien Dranem que le chansonnier Paul Marinier ! Mais, en 1900, l’affaire est entendue et, en 1902, le théâtre de la Comédie-Mondaine s’installe dans les lieux plus tard partagés avec… Madame Arthur ! Ainsi, le souvenir d’Yvette Guilbert reste visible sur la devanture qui voisine, cent ans plus tard, avec le Divan du Monde.
Nous redescendons jusqu’au coin du boulevard, passons devant la Cigale, traversons devant feu Medrano et continuons la rue des Martyrs en sens inverse jusqu’à la rue Victor Massé où nous retrouvons notre camarade bonimenteur Salis. L’Hostellerie du Chat Noir brille de tous ses feux (ce qui est la moindre des choses pour un monument aussi pompier !) et est devenue le lieu où tout ce que Paris, la France et l’Étranger compte de célébrités doit se rendre au moins une fois. Rodophe Salis, de plus en plus délirant, organise de véritables spectacles avec des pièces du fameux théâtre d’ombres créé par Henri Rivière et Caran d’Ache, et auquel toute la troupe d’auteurs, compositeurs et artistes divers prête ses talents. S’ajoute une programmation de chansonniers sélectionnés et appointés (mal) parmi les meilleurs de la place : les anciens Jules Jouy (qui, stoïquement, restera jusqu’en 1893), Mac-Nab (jusqu’en 1888, il meurt l’année suivante) et Victor Meusy (jusqu’en 1894), soit le grand trio des chansonniers modernes (2). Les accompagnent Paul Delmet (de 1886 à 94), Vincent Hyspa (1888 puis à partir de 92), Maurice Donnay (1889), Jacques Ferny (1891-94), Pierre Trimouillat le “Baron du rire“, Gabriel Montoya (1892 à la fin), Eugène Lemercier, Léon Xanrof (après un bref passage au Mirliton en 1891), Numa Blès (1892), Gaston Sécot, Dominique Bonnaud (1893 jusqu’à la toute dernière tournée), Jehan Rictus (vers 95), Maurice Boukay, Léon Durocher ou Maurice Vaucaire, Jean Goudeski, Edmond Teulet, Gaston Dumestre, Jules Moy, Miguel Zamacoïs, etc., Bref, la fine fleur de la gente chansonnière, auteurs, compositeurs, poètes et interprètes. Après ces années glorieuses, le Chat Noir, dont la troupe tourne également en France et même à l’Étranger à partir de 1892, s’éteindra avec la mort de son fondateur-bonimenteur-despote Rodolphe Salis en 1897 (3), laissant sa place brièvement au… Pacha Noir dirigé par Georges Chardin et Théodore Botrel, avant que, en 1900, Fursy y installe sa Boîte pendant quelques années, on la retrouvera tout à l’heure et dans toute sa gloire rue Pigalle. On verra même apparaître un Chat Blanc au 26 et, plus marquant, un Chien Noir (hors Montmartre, rue Saint-Honoré), fondé en 1894 par une équipe de dissidents du Chat : Jules Jouy, Jacques Ferny, Vincent Hyspa, Paul Delmet, Armand Masson et Victor Meusy, mais qui n’aura que trois ans d’existence. Le temps pour le “chansonnier breton“ Théodore Botrel d’y lancer sa Paimpolaise.
On s’en retourne au coin de l’avenue Trudaine en passant devant le 6 rue Victor Massé où, durant un seul mois (en 1899), apparut la Muse de Montmartre entourée de Jean Goudeski et Paul Marinier. Tiens, la Grande Pinte a disparu et c’est l’enseigne du Cabaret de l’Âne Rouge qui surplombe le 28. Fondé en 1889 par Gabriel Salis, le propre frère de Rodophe, il accueille de nombreux “dissidents“ du Chat Noir comme Sécot, Léon de Bercy, Delmet, Trimouillat, Lemercier, Montoya, Meusy, Marcel-Legay… bref, une belle brochette de talents qui en a soupé de la pingrerie et de la vantardise du grand frère, auxquels se joignent les vieux habitués Goudeau, Willette, Courteline, Gustave Charpentier, Verlaine, Steinlen, Charles Cros… du beau monde. Durant la dizaine d’années que durera l’aventure Salis II, d’autres chansonniers se feront entendre comme Xavier Privas, Yon Lug ou Gaston Dumestre. Andhré Joyeux en prendra la direction en 1898 et on y applaudira Dickson, future vedette du caf’ conc’. Mais l’établissement est en perte de vitesse et l’on retrouve Joyeux pendu ! Léon de Bercy le reprendra de 1903 à 1905, offrant sa scène à Gaston Couté, Eugène Manescau, Maurice Mérall, Jehan Rictus, Victor Tourtal, Paul Daubry, Anne de Bercy (Madame)…
Remontons une dernière fois la petite rue Lallier et retournons boulevard de Rochechouart : nous tombons face au n°108 où, en dix ans, pas moins de cinq cabarets vont se succéder ! C’est d’abord la Morgue Littéraire, que fonde en 1892 le chansonnier Hector Sombre (oui oui !) ; on y entend Georges Baltha. Lui succède rapidement le Cabaret de la Corneille, dirigé par Nobody (personne ?), où apparaissent Xanrof, George Auriol, Victor Meusy et Delmet. Debière, avec Eugène Lemercier comme directeur artistique, y installe ensuite en lieu et place le Cabaret des Éléphants où, durant l’hiver 1894-95, Xavier Privas, Pierre Trimouillat… s’y produisent, Lucien Boyer et Numa Blès y font leurs débuts. Léon de Bercy tente de le remplacer avec le cabaret du Coup de Gueule qui rapidement, sous Henri Martin (le patron), Jean Chagot et Henri Grégeois, devient la même année le Conservatoire de Montmartre, pas moins, où Fernand Chezell, Yon Lug, Buffalo, Manescau, Couté, etc., apportent leur voix, leur présence et leur talent. En 1899, tout en gardant son nom, il est repris, après une parenthèse Gabrielle Bassy, par Chagot qu’assiste Yon Lug (de son vrai nom Constant Jacquet, l’auteur de l’immortelle Ballade des agents“sont des braves gens“). On y entendra Fernand Dhervyl et quelques artistes aussi “célèbres“ que Buffalo, Darmancy, Darget, Jane Delmary, le pianiste Droccos et Sidi-Ben-Alcide ! Enfin, quelques années plus tard, l’enseigne se transformera en Cabaret de la Veine, géré par Xavier Privas et Gaston Dumestre, puis deviendra l’Excelsior avant de se transformer, dans les années 20, en Brasserie Franco-Russe !
On pousse jusqu’à la place Pigalle et on la contourne par le bas (sur le trottoir de droite, on irait tout droit !). Au n° 1 : l’Abbaye de Thélème, ouvert en 1886 par Alexis Bouvier, et que fréquentent Charles Monselet, Émile Goudeau, Marcel-Legay, Jean Richepin et Mac-Nab, et qui deviendra Le Coup de Patte dans les années 20, dirigé par Martini, avant de reprendre son nom en 1928, mais patience… Puis l’on passe devant deux célèbres cafés qui existaient déjà vers 1870 : au 7, Le Rat Mort, et au 9, le Café (ou Taverne) de la Nouvelle Athènes où, à l’étage, s’ouvre en 1896 le Cabaret de la Feuille de vigne — c’est le moins qu’on puisse faire ! — dirigé par un certain Ludo qui présente Pierre Trimouillat, Georges Tiercy et Paul Daubry. En 1903, Eugénie Buffet, qui vient de tomber dans la “Purée“, boulevard de Clichy, relancera, sans plus de réussite, la Nouvelle Athènes ; difficile de tenir sa maison quand on est chanteuse de rues !
À présent, empruntons le boulevard de Clichy, mais sur quel trottoir ? Pas facile, les cabarets se serrent les uns contre les autres. Commençons à droite par le 34, avec la Taverne des Plaideurs (1888) qui devient rapidement le Tonneau de Diogène (88/89) avant de se transformer en café-concert, Au Coq d’Or, en 1891. Puis, l’année suivante, voilà que le Néant, préalablement ouvert au 7 boulevard de Rochechouart, s’installe dans la place avec Antonin et Dorville, le futur comique de la scène et de l’écran. “Circonstances atténuantes“ pour ce Néant qui se déplacera ensuite un peu plus loin rue Coustou et se situe à l’origine des cabarets à attractions de Montmartre : point de chansonniers ni de poètes, mais du “spectacle“ pour le touriste et le noctambule qui en veut pour son argent. Et il en aura jusque dans les années 50 ! Au 36, la porte à côté, s’ouvre en 1898 le Cabaret des Arts dirigé par Gaston Sécot que secondent Xavier Privas, Jean Varney, Numa Blès, Georges Baltha et Dominique Bonnaud, tous en rupture de Quat ‘z’ Arts. Pas le même genre ! La première étape de l’aventure se termine en 1903 — on retrouvera les Arts plus tard rue Caulaincourt, carrément de l’autre côté de la Butte. En 1904, Blès et Bonnaud, restés sur place, créent le Logiz de la Lune Rousse qui restera à cette adresse avant de déménager rue Pigalle où il deviendra l’un des plus réputés cabarets du quartier. Né Charles Bersat, Numa Blès avait fondé la première Lune Rousse à Marseille après avoir accompli avec Lucien Boyer un tour du monde chantant. En attendant, poursuivons sur le même trottoir. Au 54, Maxime Lisbonne a ouvert, en 1888, la Brasserie des Frites Révolutionnaires. Inutile d’entrer, sauf peut-être pour les frites, l’endroit n’attirant personne malgré la présence signalée de Marcel-Legay. Au 62, en 1885 s’était ouvert le Tambourin, un café passé à la postérité, grâce en particulier à Van Gogh qui représentera la patronne assise à l’une de ses fameuses tables en forme de… tambourin (Femme assise au Café le Tambourin, 1887). Quant à Degas, c’est à la Nouvelle Athènes qu’il avait immortalisé en 1876 le graveur Marcellin Desboutin Dans un café (ou L’Absinthe), personnage pittoresque de la faune montmartroise, lequel fonde sur ses vieux jours  en 1891, à l’emplacement du Tambourin, le Cabaret de la Butte où débute Fragson ! Mais bien vite, sous la houlette de François Trombert qu’assistent Jean Varney et Georges Baltha puis Léon de Bercy, il change de nom pour devenir, en novembre 1893, le célèbre Cabaret des Quat ’z’ Arts où se produiront, un jour ou l’autre, outre Fragson, tous les grands chansonniers de Montmartre : Meusy, Sécot, Tiercy, Sombre, Delmet, Lemercier, Marcel Lefèvre, Teulet, Louise France, Marcel-Legay, Trimouillat, Yon Lug qui débute, Daubry, Montoya, Blès… dès les premières années, auxquels s’ajouteront Fragerolle, Botrel, Hyspa, Lucy Pezet, les nains Auguste et Delphin, Goudeau, Mévisto, Privas, Chezell, Ferny, Marinier, Rictus, Boyer, Bonnaud, Couté, Laurence Deschamps, Victor Tourtal, Fernand Dhervyl, Suzanne Dariel, Gaston Perducet, etc. On croirait énumérer les pensionnaires du Chat Noir ! Maurice Boukay et Clovis Hugues y animent les Matinées littéraires et un journal paraît sous la direction d’Émile Goudeau. Un théâtre d’ombres est installé en 1900, remplacé en 1907 par un guignol. On peut d’ailleurs considérer que les Quat ’z’ Arts ont largement assuré la continuité de cet “esprit montmartrois“ né, forgé et grandi au Chat, un monde qui s’achevait à la fin du XIXe siècle et qui a connu une sorte de prolongation jusqu’à la guerre de 14-18. Les Quat’ z’ Arts sont également à l’origine d’un genre nouveau : la revue de cabaret (4).En 1909, Montoya et Hyspa reprenaient les rênes d’un cabaret qui, après la guerre, appartiendra définitivement au passé malgré la tentative du jeune Gabriello en 1922. Nous traversons la rue Coustou pour tomber sur… le Caveau du Chat Noir ! Nous ne rêvons pas. Le malin chansonnier Jean Chagot, qui a négocié le nom avec la veuve Salis, a installé son établissement au 68 boulevard de Clichy en 1908. Tozini et Yon Lug en sont un temps les pensionnaires. Après une parenthèse rue de la Lune en 1910, il réintègre les lieux où, jusqu’après la seconde guerre mondiale, de nombreux jeunes chansonniers vont faire leurs premières armes : Roméo carlès, Pierre Gilbert, Pierre Still, Maurice Horgues, etc. Un café-basserie à l’enseigne du Chat Noir existe toujours.
Passons sur le trottoir d’en face. De l’autre côté du terre-plein central, au n° 43,  s’est ouvert en 1901 le Petit Théâtre dirigé par Georges Oble, où chantent Yvette Guilbert, Delmet, Hyspa, Boyer et Bonnaud. Une belle mais brève affiche puisque, en 1903, le restaurant-théâtre Le Rabelais le remplace. Il faut attendre 1913 pour que s’installe dans les lieux et sous l’égide d’Émile Wolf et de Roger Férréol, le Moulin de la Chanson où apparaissent Jean Vorcet, Jean Bastia et tous les chansonniers mobilisés lorsqu’ils ont une perm’ : Bonnaud, Hyspa, Martini, Baltha, Jack Cazol, André Dahl, Dominus, Paul Enthoven… Lucien Boyer en prend la direction en 1919 et accueille le tout jeune Noël-Noël qui, précisément, a écrit ses premiers couplets au front. Tour à tour, Jean Marsac qui débute, Eugène Héros et Fursy (en 1921) prennent les commandes et reçoivent aussi bien Paul Marinier, auteur comblé, que les nouveaux René Dorin et Jean Rieux, tandis qu’on y applaudit le retour de Dranem et la prestation de Lina Tyber. Bientôt, Fursy et son associé Mauricet vont prendre possession du Moulin. À suivre… Si l’on peut passer sans s’arrêter devant le 47 où le Casino de Montmartre deviendra le Comedia, on ne peut pas rater, de part et d’autre du n° 53, les façades du Ciel et de l’Enfer, deux cabarets complémentaires (comme il se doit) dont seules les devantures extravagantes ont assuré la postérité. Fondés par Antonin en 1898 dans la foulée de son Néant, ces deux établissements tapageurs “attraperont“ les touristes et amateurs de sensation à peine fortes jusque dans les années 50. Plus intéressante, au 75, la Boîte à Musique, dirigée par Eugène Frey et Léon de Bercy n’aura qu’une courte existence malgré un théâtre d’ombres et une programmation annonçant André Masson, Perducet, Rachel de Ruy et Odette Dulac ; entre chanson et variétés ? Le ressort de la Boîte remonté en 1896 s’arrête en 1899 pour laisser la place à la Fin du Monde. La Fin du Monde remise à une date ultérieure, voilà qu’Eugénie Buffet y transplante de la rue Montmartre son Cabaret de la Purée en 1902. Le public ne suit pas… (5) En passant, nous avons regardé tourner les ailes du Moulin Rouge. Mais est-ce que cela vaut le coup de poursuivre jusqu’au 93 et d’entrer dans le Cabaret Macabre ?
Place Blanche, plusieurs directions s’offrent à nous, au nord et au sud. On peut par exemple descendre au coin de la rue de Douai où Georges Charton a, en 1895, ouvert au 42 le Cabaret de la Roulotte, pour y entendre dans un cadre cossu Ferny, Goudeau, Legay, Rictus, Louise France, Francine Lorée (Madame Xavier Privas), Lemercier et Odette Dulac qui y crée J’suis bête. Mais peut-être est-il temps de monter sur la Butte ? C’est simple par la rue Lepic qui grimpe tout droit, au moins jusqu’au 25 où, en 1909, rumine la Vache Enragée, sous la garde d’un certain Lafon. Gardons-nous bien de courir après ce facétieux bovin qui va d’abord se perdre 37 rue Lamartine (en 1918) avant de remontrer le bout de son museau. Lâchons la rue Lepic avant de tourner et prenons celle des Abbesses où, dès 1885, Marcel-Legay — on le retrouve décidément partout — avait ouvert le Cabaret de la Franche Lippée. Poursuivons l’ascension par la rue Ravignan. Quelques marches escaladées, nous passons devant le Bateau-Lavoir où, c’est probable, Picasso, Max Jacob et autres futures célébrités vont nous entraîner Au Lapin Agile, au coin de la rue des Saules et de la rue Saint-Vincent. Nous y sommes, au Vieux Montmartre. Nous renverrons volontiers le lecteur/auditeur curieux à notre coffret « Au Lapin Agile » (EPM 980612) qui narre en détail les aventures bi-centenaires de cette petite bicoque branlante mais aux fondations solides. Dénommée Cabaret des Assassins depuis 1869, elle était le rendez-vous de toute la faune artistique montmartroise. André Gill lui offrait en 1880 l’enseigne peinte avec son fameux lapin, Jules Jouy y organisait chaque semaine, à partir de 1883, ses dîners de « La Soupe et le Bœuf » avec ses amis chansonniers dont Victor Meusy qui composait l’hymne de l’établissement. En 1886, une ancienne danseuse de cancan, Adèle Decerf, reprenait la maison qu’elle baptisait À ma Campagne, avant que, en 1903, Frédéric Gérard, dit le Père Frédé, ne s’installe avec sa compagne Berthe. Entre temps, le “Lapin Agile“ avait fini par s’imposer et Aristide Bruant racheta le cabaret en 1913 pour lui éviter d’être démoli ! En dehors de Frédé, on y entendait Mac Orlan, Charles Dullin, Jules Depaquit et Francis Carco dans une ambiance informelle, bonne franquette et intellectuelle tout à la fois. Nous y reviendrons.
Retour “obligé“ par la rue Norvins et la place du Tertre avec ses cafés-hôtels-restaurants chez la Mère Catherine et chez Bouscarat (Hôtel du Tertre cher à Gaston Couté), le Restaurant de la Bohème, au Clairon des Chasseurs à pieds ou au Coucou, place du Calvaire, mais point de cabarets pour le moment. Il faut décidément redescendre sur les boulevards.
On dégringole quatre à quatre les escaliers pour tomber sur la rue des Trois Frères que prolonge la petite rue Dancourt qui nous ramène au boulevard de Rochechouart. À l’angle existait la Brasserie du plus grand Bock fondée en 1880 par Charles Moreux ; un pré-cabaret sans doute. Tournons à gauche pour remonter le boulevard. Au 88 ont lieu les Soirées chantantes de À l’Tartaine (la Tartine) organisées par Taffin à partir de 1895. En 99, Gaston Couté y fait ses premiers pas, juste avant que l’établissement, repris par Marcel-Legay — encore ! — et Léo Lelièvre devienne brièvement le Cabaret de l’Alouette ; Fernand Dhervyl y passe. À côté, le Mirliton est devenu tout simplement le Cabaret Aristide Bruant en 1895. Mais le patron n’y vient plus et en a laissé la gérance à son pianiste Marius Hervochon. On y entend des “gloires“ comme Yvanoff, Prosper Bedoux ou encore Buffalo qui fut le premier, en 1903, à enregistrer les chansons du célèbre chansonnier au chapeau noir et à l’écharpe rouge ! Devenu abusivement Chez Bruant, le cabaret fermera ses portes à l’aube des années 60 ! Beaucoup plus intéressante, et qui fit quelque bruit, fut l’arrivée en force des chansonniers dans une vraie salle de spectacle, en l’occurrence le Trianon, à l’ombre de l’Élysée-Montmartre. Lancé avec publicités et affiches par Chauvin, avec une programmation confiée à Victor Meusy, Legay, Lemercier, Delmet, Hyspa, Bonnaud, soit les grandes figures chansonnières de l’époque, Jules Moy, Eugène Poncin, Laurence Deschamps, etc., s’y retrouvent à l’affiche. Malheureusement, l’expérience ne dura que quelques mois. Après avoir brûlé en 1900, le Trianon redevint un théâtre, appelé Victor Hugo à partir de 1910. De l’autre côté du boulevard, tout en haut de la rue de Dunkerque, se tient le Cabaret de la Bohème que dirige Alexandre Leclerc, l’ancien bras droit de Bruant. On y entend Paul Daubry. La Bohème grimpera plus tard rue du Mont Cenis. Au 15 du boulevard, nous passons devant la Gaîté-Rochechouart, grand music-hall parisien. Un petit tour en face : 15 rue d’Orsel se tiennent les réunions du Sénat de Montmartre, de petite renommée à la fin du siècle. Encore plus confidentiels et oubliés : le Belhomme, 1 rue du même nom, le Camélia, 2 rue Bervic ; et rue de la Nation (devenue rue de Sofia), au coin du boulevard Barbès : les Deux Alsaciennes au 2 et 3, le Palmier au 4, les Petits Normands au 6… Cafés ? Cabarets ? Ils pullulaient en ces années 1880/90.
Il nous reste à présent à plonger dans le Bas Montmartre en descendant la rue de Rochechouart. Au 42, le Pardès-Théâtre (1886) qui fut et redeviendra les Fantaisies Parisiennes. En face, 28 rue Condorcet, un Caveau de l’Enfer qui précéda l’autre, passons… Un peu plus bas, nous attrapons à droite la rue de la Tour d’Auvergne où, au 43, dans l’ancien hôtel de Lesdiguières, Georges Tiercy fonde en 1892/93 un établissement d’une tout autre envergure, le Cabaret du Carillon. On y applaudit parfois Paul Delmet, Edmond Teulet, Louise France, Marcel-Legay, Charles Fallot (eh oui, l’auteur de La Petite église), Mévisto, Numa Blès, Paul Daubry, Hugues Delorme, Gaston Dumestre, Fursy (sous son vrai nom Henri Dreyfus)… lequel assiste Bertrand Millanvoye lorsque celui-ci reprend la direction du cabaret en 1895. S’y produisent alors Dominique Bonnaud, Lucien Boyer, Delphin, Maurice Mérall, Xavier Privas, Gaston Couté… jusqu’en 1904 et on applaudit les revues de Georges Courteline. En 1908, Martial Boyer relancera le Carillon boulevard de Bonne Nouvelle avec Paul Marinier comme pensionnaire principal, Eugénie Buffet, Privas, Montoya… mais tout ceci nous entraîne bien loin de notre périmètre montmartrois.
Ne dépassons pas le bout de la rue et reprenons à gauche la rue des Martyrs pour descendre tout en bas jusqu’à l’église N.D. de Lorette. Entrons, au 18 rue Saint-Lazare, dans le Théâtre de la Bodinière où, à partir de 1888, le vieux chansonnier-conférencier Octave Pradels y anime des soirées. Marcel Lefèvre, Dreyfus/Fursy, Georges Millandy, Paul Weil, Georges Fragerolle, et exceptionnellement Bruant y vont de leurs strophes, et Félicia Mallet y chante peut-être Le Fiacre de Xanrof qu’elle a créé à l’Ambigu. Prenons la rue N.D. de Lorette. Au 32, le Caveau des Roches Noires, ex-Café de Monte-Carlo où chantait Jean Varney, est lancé en 1888 par les frères Dubusc. À Varney se joignent Marcel-Legay, Montoya, Hector Sombre, Andhré Joyeux, Baltha, Nobody, Gasta… Le caveau se referme en 1892. Au 58, à l’emplacement de la Truie qui File, Maxime Lisbonne lance, en janvier 1898, le Jockey-Club de Montmartre. Quelques mois plus tard, la Truie a repris sa place dans l’écurie, nourrie par Couté, Dominus et Dumestre ; on y entend aussi Varney et Trimouillat. Vers 1910, le Capitole prendra place.
La rue N.D. de Lorette se prolonge par la rue Fontaine. Au 6, le Cabaret de la Fourrière qui deviendra un temps le Concert Damia (1915-1917) avant que la future “tragédienne de la chanson“ ne laisse la place à six ou sept autres cabarets à la même adresse. Au 16 bis, là où se trouvait le Café (Cabaret) des Incohérents, ouvert en 1884 par l’Hydropathe Jules Lévy, se trouve alors le Concert (Cabaret) des Décadents dirigé par Carpentier avec Jules Jouy qui y convoque les meilleurs : Legay, Hyspa, Delmet, Masson, Lefèvre, Tiercy, Daubry… Changement d’enseigne et de programme en 1896 avec Marguerite Duclerc qui en fait son Concert Duclerc, dit aussi “Concert du Pendu“, avec au programme May Belfort, connue pour l’éternité, non par sa voix mais grâce à son affiche signée Toulouse-Lautrec. Au 25, au sous-sol de ce qui furent et seront le Théâtre des Funambules et le Théâtre des Folies Parisiennes, et avant qu’il ne devienne brièvement le cabaret du Champ de Foire ou celui de la Côte d’Azur, Jehan Rictus anima les Deux Masques. On y entendit Fernand Dhervyl, Yon Lug, Gaston Couté et Eugène Manescau.
Au coin de la rue Pigalle, au 58, s’ouvre en 1895 le Tréteau de Tabarin dirigé par Paul Ropiquet et Georges Charton auxquels se joindront Fursy et Georges Docquois. Vincent Hyspa, Théodore Botrel, Henri Grégeois, Jean Battaille, Dominique Bonnaud, le “docteur“ Montoya et des vedettes plus populaires comme Prince/Rigadin s’y distinguent ; Odette Dulac y fait ses débuts et Marguerite Deval y obtient son premier triomphe. On démonte en 1899. Fursy, décidément animateur avisé et compétent — tous ne peuvent pas en dire autant ! — récupère les tréteaux en 1902 après deux ans passés à l’emplacement de l’ancien Chat Noir. Il y transplante sa Boîte à Fursy et y garde Botrel (qui y crée Les Couteaux), Odette Dulac, Hyspa, Montoya, Battaille ; Paul Delmet vient y pousser ses dernières romances (il meurt en 1904), et Edmée Favart, Georges Chepfer, les frères Mévisto ou Rachel Launay, qui chante Les Petites bonnes d’hôtel de Xanrof, complètent le programme éclectique. Fursy, en avance, prévoit l’évolution des cabarets montmartrois. Il déménage boulevard des Italiens de 1918 à 1922, laissant dès 1914 son local à Léonie qui y aménage un Théâtre Doré, mais les ors pâliront lorsque la Lune Rousse, quittant le boulevard de Clichy, viendra y briller…
En remontant au pied de la place, 73 rue Pigalle, est-il utile d’aller papoter au Casino des Concierges lancé par Gasta (Gaston Gelempois) et repris par l’inévitable colonel Lisbonne en 1893-94, ou, au même endroit en 1898, de se faire casser les oreilles Chez le Bruyant Alexandre, Leclerc, le faux Bruant ?
Du vrai, du faux, on n’a pas fini d’en voir et d’en entendre lorsque des canons autrement plus assourdissants auront cessé de tonner !
 
Les Années folles
 
Si nous commencions donc notre second tour par la place Blanche ? À côté du Moulin Rouge au 100 boulevard de Clichy, se trouvait le Cabaret des Truands dit aussi l’Araignée, que tenait Constantin (le Rieur ?). Le Porc qui Pique, animé par Maurice Mérall, en prit la succession. Saint-Granier, Gabaroche et un débutant, Pierre Dac, s’y produisent avant que l’établissement ne devienne les Deux Ânes en 1921 grâce à André Dahl et Roger Férréol. Le vétéran Jules Moy fait l’ouverture avec notamment Trémolo. Mais, bien vite, Paul Colline, Marc-Hély, René Dorin, Noël-Noël, Raymond Souplex, Roméo Carlès, Pierre Dac… partagent l’estrade avec Loulou Hégoburu, Koval, Dalio, Jeanne Fusier-Gir et Arletty ! Où comment astucieusement doser une programmation attirante et de qualité. André Claveau y fera ses débuts en 1937 et Suzy Delair y chantera quelques années plus tard.
Remontons le boulevard. Au 62, les Quat ‘z’Arts ferment leurs portes en 1924, la fin d’une époque ! Juste avant, au coin de la rue Coustou, Jean Bastia ouvrira en 1935 le Café Chantant. Sa brève existence n’est là que pour mentionner que, douze ans plus tard,

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