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LE FRONT POPULAIRE / CHANSONS DE LUTTE ET D'ESPOIR

4 CD / 1936 - 1938 / DEUX ANNÉES DE COMBAT, DE PASSION ET D'ESPOIR / TOUTES LES CHANSONS REFLETS DE CETTE ÉPOQUE

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"Nous voulons que l'ouvrier, le paysan et le chômeur trouvent dans le loisir la joie de vivre et le sens de la dignité."
Léo Lagrange, lors de sa première émission radiodiffusée, le 10 juin 1936
 
Formellement encadré pour l'exercice du pouvoir entre les deux dates décisives du 26 avril 1936 (premier tour des Législatives) et du 8 avril 1938 (chute du second gouvernement Blum), le Front populaire a, en près de deux années, suscité espoirs et passion dans les couches populaires en France et jeté les bases d'une société nouvelle empreinte de plus de justice sociale, dont les effets se font encore sentir aujourd'hui.
De grands moments d'histoire politique et sociale marquent la période entendue au sens large, depuis la journée sanglante antiparlementaire du 6 février 1934, qui dégénère et vire à l'émeute, puis celles des rassemblements antifascistes et spontanément unitaires des 9 et 12 février 1934, jusqu'à la capitulation des démocraties occidentales devant les exigences des régimes fascistes allemand et italien avec la signature des accords de Munich le 29 septembre 1938.

CD1 1930-1934 Les prémices du Front populaire
 
01 À nous la liberté - Raymond Cordy & Henri Marchand (4'22)
(R. Clair / G. Auric) du film À nous la liberté - (P) 1931 Bande originale du film
02 Qu'il est bon d'être libre - G. Delmas (3'47)
(J.P. Monteil / G. Isabelli) - 1931 - (P) 1933 ERSA La Voix des Nôtres
03 Hardi Camarades ! - Robert Le Vigan avec chœurs (2'34)
(adapt. Parijanine / P. Radine) - (P) 1929 Disques Henry
04 Marche des blouses bleues - Coopérative ouvrière de TSF, avec le concours du R.P.U.O. et de la F.T.O.F. (3'08)
(inc. - participation P. Vaillant-Couturier) - (P) 1932 Piatiletka
05 Soleil levant - G. Delmas (3'06)
(E. Bizeau / G. Isabelli) - 1931 - (P) 1934 ERSA Le Disque d'Avant-Garde
06 Si vous rêvez ! - Rosalie Dubois (3'22)
(J.P. Monteil / E. Cloërec-Maupas) - 1928 - (P) 1980/81 Rosalie Dubois / Bernard Ascal (EPM)
07 Formons la chaîne/Hymne à l'allégresse - Georges Gratias & Jules Vibert (3'32)
(F. Mouret / J. Jemain) - (P) 1930 ERSA La Voix des Nôtres
08 C'est un beau jour - Dorville (3'09)
(P. Briollet - L. Lelièvre / J. Lenoir - Brunel) - (P) 1931 Odéon
09 C'est pas vrai, y a pas de crise - Pierre Daragon (2'56)
(D. Daix - F. Vimont / Grunberg) - (P) 1933 Idéal
10 La Tirelire - Armand Bernard (2'10)
(J. Boyer / P. Abraham) du film Dactylo - (P) 1931 Columbia
11 Le Chant des chômeurs - Rosalie Dubois (2'21)
(Ducamp / R. Caby) - 1933 - (P) 1981 Rosalie Dubois / Bernard Ascal (EPM)
12 Sois fier, ouvrier ! Jean Weber (2'52)
(A. Frapier / S. Roncin) - c.1928/32 - (P) 2017 Jean Weber
12 Han Coolie - Catherine Sauvage (3'20)
(F. Hoff - L. Aragon / P. Arma) - 1933 - (P) 1962 Philips
14 Chant des marcheurs (de la faim) - Pierre Reggiani (2'04)
(anonyme / R. Chantegrelet - P. Doubis) - 1933 – (P) 1986 Association P.A.S.A.
15 Ah ! Les salauds ! - Claire Franconnay (3'01)
(R. Dorin / R. Dorin) - 1930 - (P) 1931 Columbia
16 On stocke ! - Paul Colline (3'16)
(P. Colline / A. Calabrèse) - (P) 1932 Pathé
17 Réunion électorale - Vincent Hyspa (2'47)
(V. Hyspa / V. Hyspa) - (P) 1932 Odéon
18 Aucune importance - René Dorin (3'08)
(R. Dorin / M. Zimmermann) - (P) 1933 Pathé
19 Aux urnes, citoyens - Malloire (3'00)
(G. Koger / V. Scotto) du film Aux urnes, citoyens - (P) 1932 Columbia
20 Le Grand étang - Marianne Oswald (2'25)
(J. Tranchant / A. Honegger) - (P) 1933 Columbia
21 Travailleurs, attention - Nevchehirlian (2'17)
(J. Prévert / Nevchehirlian) - 1933 - (P) 2012 Olivier Jacquet-Coopérative Internexterne
22 Marche ou crève - Rosalie Dubois (2'10)
(J. Prévert / L. Bessières) - 1934 - (P) 1980/81 .Rosalie Dubois / Bernard Ascal (EPM)
23 La Prière du pauvre homme - Lys Gauty (2'12)
(G. Grener / J. Tranchant) - (P) 1933 Columbia
24 La Java des prolétaires - Orchestre musette Georges Sellers, refrain chanté par René Darvil (2'42)
(C. François / Wal-Berg) du film Horizons nouveaux - 1934 Gramophone
25 Sur le trottoir - Georges Milton (3'08)
(J. Boyer / M. Yvain) du film Nu comme un ver - (P) 1933 Columbia
26 La Crise est finie - Albert Préjean (2'37)
(J. Lenoir - M. Colpé / F. Waxman - J. Lenoir) du film La Crise est finie - (P) 1934 Columbia
 
CD2 1934-1936 L'arrivée du Front populaire
 
01 Au devant de la vie - Chorale Populaire de Paris, dir. Peters Rosset (2'55)
(J. Perret / D. Chostakovitch) du film soviétique Contre-plan - 1932 - (P) 1935 Éd. Musicales de l'Humanité
02 La Voix du communisme : debout les prolétaires Avec le concours de la F.T.O.F. (3'03)
(inc.) - (P) 1934/35 Piatiletka
03 Le Jeu de massacre - Gilles et Julien (3'12)
(H.G. Clouzot - J. Villard Gilles / M. Yvain) - (P) 1934 Columbia
04 Ça se fait aussi - René Dorin & Paul Colline (3'11)
(R. Dorin - P. Colline / J. Fragerolle) - (P) 1934 Pathé
05 Chant des Ligueurs - Marcel Girard (2'49)
(A. Foucher / J. Fromentin) - ( P) 1934 Saturne
06 Chant des Croix de Feu et des Volontaires nationaux - Charles Panzéra (3'21)
(G. Boissy / C. Delvincourt) - (P) 1935 Gramophone
07 Les Croix de Feu - Marcel Dambrine (3'32)
(M. Dambrine / V. Alix) - (P) 1934 Hébertot
08 Le Militant syndicaliste - Joseph Declercq (2'58)
(J. Declercq / J. Declercq) - (P) 1933 Lumen
09 Chanson des sardinières - Jacques Prévert (1'05)
(J. Prévert / L. Bessières) - 1935 - (P) 1954 Philips
10 Y' a trop d' tout - Marc Ogeret (4'28)
(P. Vaillant-Couturier / M. Marc) - 1935 (P) 1987 ARAC
11 Au nom de la Fédération - Orbal, Cey, Gerbey, De Bruey et chœur (2'17)
(A. Willemetz / H. Christiné?) du film Dédé - (P) 1935 Bande originale du film
12 Les Barrières - Gilles et Julien (2'38)
(J. Villard Gilles / J. Villard Gilles) - (P) 1935 Columbia
13 Que demande le peuple ? - Georges Milton (2'14)
(L. Boyer / M. Yvain) du film Jérôme Perreau - (P) 1935 Columbia
14 Tout va très bien (Madame la Marquise) Mlle Bordas et Adrien Lamy (3'17)
(P. Misraki - F. Bach - H. Laverne / P. Misraki) - 1935 - (P) 1936 Columbia
15 Quand les lys blancs refleuriront - Fanny Lancret (3'51)
(G. Neyron de Méons / D. Dihau) - (P) 1934 Hébertot
16 Front national - Robert Jeantet, Orchestre et chœurs, dir. Victor Alix (3'04)
(J. Junger / J. Peyronnin) - (P) 1934 Hébertot
17 La France n'est pas aux Français - Chœur parlé des comédiens (0'28)
(inc.) du film La Vie est à nous - (P) 1936 Bande originale du film
18 Marche des Poilus de la Paix - Despoi (2'55)
(G. Varenne / E. Flyn) - (P) 1936 Polydor
19 Le Décor va changer - Montéhus (2'33)
(Montéhus) - (P) 1936 Odéon
20 Le Drapeau rouge - Louis Zucca, orchestre dir. G. Briez (2'55)
(M. Rety / P. Degeyter) - (P) 1936 Idéal
21 Ma mie - Jamblan (3'07)
(Jamblan / H. Herpin) - (P) 1935 Columbia
22 Fermé jusqu'à lundi - Mireille et Jean Sablon (2'56)
(J. Nohain / Mireille) - (P) 1935 Columbia
22 Une petite maison de campagne - Pills et Tabet (3'17)
(R. Dorin / G. Tabet) - (P) 1934 Columbia
23 Les Foins sont coupés - Chœur de la Télévision Française ? (1'38)
(Y. Laporte / L. Durey) - 1936 - (P) 1977 SERP
24 Les Rayons du SoleilChœur de la Télévision Française ? (0'50)
(Y. Laporte / L. Durey) - 1936 - (P) 1977 SERP
26 L'Internationale (part.1 & 2) - Benharoche et le Chœur Mozart (5'26)
(E. Pottier / P. Degeyter) - 1888 - (P) 1935 La Voix des Nôtres
 
CD3 1936-1937 Le temps du Front populaire
 
01 La Victoire du Front populaire - Jehan Zedd (2'56)
(J. Hubert / R. Chantegrelet - P. Doubis) - (P) 1936 Vox Populi
02 Vas-y Léon - Montéhus (2'58)
(Montéhus / R. Chantegrelet) - (P) 1936 Odéon
03 La Paix, le pain, la liberté - Jordan (2'58)
(R. Goupil / J. Yatove) - (P) 1936 Excelsior
04 Chanson de grève au magasin du Printemps - Le fantaisiste Champi (3'07)
(Champi / G. Gabaroche) - (P) 1936 Dismay
05 La Belle France - Gilles et Julien (3'15)
(J. Villard Gilles / J. Villard Gilles) - (P) 1936 Columbia
06 Quand on s' promène au bord de l'eau - Jean Gabin (3'18)
(J. Duvivier - L. Poterat / M. Yvain - Sautreuil) - (P) 1936 Columbia
07 Prends la route - Pills et Tabet (2'32)
J. Boyer / G. Van Parys) - (P) 1936 Columbia
08 Le Soleil s'en fout - Jean Tranchant (2'32)
(J. Tranchant / J. Tranchant) (P) 1936 Pathé
09 J'ai pas la gueule qui plaît aux riches - Nane Cholet (3'12)
(J. Tranchant / J. Tranchant) - (P) 1935 Ultraphone
10 La Chanson des loisirs - Bernadette Delchambre & Jean-Philippe Winter (3'34)
(J. Villard Gilles / J. Villard Gilles) J.-P. Winter, guitare & harmonisation - 1936 - (P) 2017 EPM
11 Ohé, les gars du bâtiment - Chœur inconnu (5'38)
(R. Desnos / A. Honegger) du film documentaire Les Bâtisseurs - (P) 1937 Bande originale du film
12 Nous allons au devant de la vie - Jean Nocher et les J.E.U.N.E.S. (2'27)
(J. Nocher) - (P) 1937 J.E.U.N.E.S. ST
13 La Briscarde (Hymne des Patriotes) - Émile Rousseau, chœur et orchestre, dir. Georges Briez (3'20)
(G. Watson / G. Sundy) - (P) 1936 Idéal
14 L'Espoir de la France - Miguel Villabella (2'53)
(E. Poussard / F. Andrieu) - (P) 1937 Polydor
15 La Grève de l'orchestre - Ray Ventura et ses Collégiens (3'06)
(J. Vorcet / H. Himmel) - (P) 1936 Pathé
16 Y' a du bonheur pour tout le monde - Maurice Chevalier (2'16)
(A. Hornez / M. Lattès) du film Avec le sourire - (P) 1936 Bande originale du film
17 La Rue - Damia (3'11)
(C. Fallot / Y. Gosselin) - (P) 1936 Columbia
18 Mon apéro - La Môme Piaf (3'43)
(R. Malleron / R. Juel) - (P) 1936 Polydor
19 Pour faire un feu - Ensemble Populaire de Paris (2'34)
(P. Vaillant-Couturier / Y. Desportes) -1936 - (P) 1977 SERP
20 Le Campeur en chocolat - Jean-Christophe Benoit (1'38)
(P. Vaillant-Couturier / G. Auric) - 1937 - (P) 1977 SERP
21 La Corvée d'eau - Jean-Christophe Benoit (1'36)
(P. Vaillant-Couturier / G. Auric) - 1937 - (P) 1977 SERP
22 Les Soutiers - Marianne Oswald (2'34)
(G. Bonheur / Wal-Berg) - (P) 1936 Columbia
23 Le Bon système (Faut s'en foutre) - Maurice Chevalier (2'17)
(R. Heymann / J. De Letraz -  A. Willemetz) - (P) 1936 Gramophone
24 La Situation de Tartempion - Fred Adison et son orchestre, refrain chanté par Charles et Johnny (3'12)
(Valandré - A. Chabert / J. Jacquin - Géorémy) - (P) 1936 Gramophone
25 Allons au-devant de la vie - Harmonie et Chœur de la Voix des Nôtres (2'43)
(G. Isabelli / D. Chostakovitch) - (P) 1937 La Voix des Nôtres
 
CD4 1937-1938 Le crépuscule du Front populaire
 
01 Jeunesse - Chorale Populaire de Paris, dir. R. Désormière (2'48)
(P. Vaillant-Couturier / A. Honegger) - (P) 1937 Éd. Musicales de l'Humanité
02 La Voix du Front populaire - Guy Sella (2'40)
(G. Sella / J. Porret) - (P) 1937 Polydor
03 Chant de l'Humanité - Henry Etcheverry et la Chorale Populaire de Paris (3'25)
(P. Vaillant-Couturier / H. Sauveplane) - (P) 1937 Éd. Musicales de l'Humanité
04 Familiale - Gilles et Julien (2'50)
(J. Prévert / J. Kosma) - (P) 1937 Columbia
05 Sur la commode - Jeanne Aubert (3'02)
(Rip - A. Willemetz / M. Simons) de la revue V'là l' travail - (P) 1937 Columbia
06 La Chanson de l'Exposition - Georgius (3'24)
(Georgius / G. Claret) - (P) 1937 Pathé
07 Tout fout l' camp - Damia (2'47)
(R. Asso / R. Juel) (P) -1937 - (P) 1939 Columbia
08 Unissons nos voix (Chanson d'adieu) - Groupe choral des Auberges de Jeunesse (CLAJ), dir. Pierre Jamet (2'42)
(inc.) - (P) 1937/38 La Voix des Nôtres
09 Les Deux compagnons - Groupe choral des Auberges de Jeunesse (CLAJ), dir. Pierre Jamet (2'53)
(inc.) - (P) 1938 La Voix des Nôtres
10 Vive la vie - Groupe choral des Auberges de Jeunesse (CLAJ), dir. Pierre Jamet (1'30)
(L. Poterat / J. Wiener) - (P) 1938 La Voix des Nôtres
11 Hymne du Parti populaire français - Orchestre, dir. Georges Briez (2'44)
(A. Henry / A. Fontaine) - (P) 1937 France Libère-toi
12 La Voie nationale - Jane Pierly (3'16)
(G. Noël / J. Archainbaud) - (P) 1937 National
13 La France aux Français - Robert Jeantet (3'18)
(R. Leblond / J. Nelly) - (P) 1937 National
14 Chant de l'avenir, chanson des Amicales socialistes - Orchestre dir. M. Emer, avec refrain chanté (3'14)
(P. Farge - G. Gabetter / M. Emer - G. Aubry) - (P) 1938 Disque du Comité National des Amicales Socialistes
15 Jeu du camp fou - Jean-Chistophe Benoit (1'20)
(P. Vaillant-Couturier / A. Jolivet) – 1937 -  (P) 1977 SERP
16 Le Réveil - Ensemble Populaire de Paris (2'33)
(P. Vaillant-Couturier / Y. Desportes) - 1937 - (P) 1977 SERP
17 Le Sac mal fait - Jean-Christophe Benoit et Ensemble Populaire de Paris (2'51)
(P. Vaillant-Couturier / H. Sauveplane) - 1937 - (P) 1977 SERP
18 Chantons jeunes filles - Bernadette Delchambre & Karine Kurek (2'07)
(L. Moussinac / G. Auric) Bernard Toubiana, piano & harmonisation - 1938 - (P) 2017 EPM
19 La Vie qui va - Charles Trenet (2'28)
(C. Trenet / C. Trenet) - (P) 1938 Columbia
20 Qu'est-ce qu'on attend (pour être heureux)? - Ray Ventura et ses Collégiens (3'06)
(A. Hornez / P. Misraki) du film Feux de joie - (P) 1938 Pathé
21 Un p'tit air - Maurice Chevalier (2'44)
(A. Willemetz / Mireille) - (P) 1938 Gramophone
22 C'est pour demain - Georgius (2'52)
(Georgius / É. Prudhomme) - (P) 1939 Pathé
23 Paris sur sable - Francis Lemarque (3'36)
(G. Coulonges / F. Lemarque) - 1975 - (P) 1977 Stéphane Korb
24 36 au quotidien - Roger Varnay (2'45)
(R. Varnay / R. Varnay) - (P) 1986 Sunrise
25 Ça valait la peine - Roger Varnay (3'08)
(R. Varnay / R. Varnay) - (P) 1986 Sunrise
26 Au beau temps du Front populaire - Annie Nobel et Philippe Richeux (4'54)
(A. Nobel / A. Nobel) - (P) 1978 Moshe-Naïm/Annie Nobel
 
LE FRONT POPULAIRE EN CHANSONS
 
"Nous voulons que l'ouvrier, le paysan et le chômeur trouvent dans le loisir la joie de vivre et le sens de la dignité."
            Léo Lagrange, lors de sa première émission radiodiffusée, le 10 juin 1936
 
Une embellie de deux ans
 
Formellement encadré pour l'exercice du pouvoir entre les deux dates décisives du 26 avril 1936 (premier tour des Législatives) et du 8 avril 1938 (chute du second gouvernement Blum), le Front populaire a, en près de deux années, suscité espoirs et passion dans les couches populaires en France et jeté les bases d'une société nouvelle empreinte de plus de justice sociale, dont les effets se font encore sentir aujourd'hui.
De grands moments d'histoire politique et sociale marquent la période entendue au sens large, depuis la journée sanglante antiparlementaire du 6 février 1934, qui dégénère et vire à l'émeute, puis celles des rassemblements antifascistes et spontanément unitaires des 9 et 12 février 1934, jusqu'à la capitulation des démocraties occidentales devant les exigences des régimes fascistes allemand et italien avec la signature des accords de Munich le 29 septembre 1938.
Notre propos n'est pas ici de nous substituer aux historiens patentés de cette séquence historique (cf. notice bibliographique) ni de commenter leurs travaux. Nous avons sciemment choisi de nous placer du point de vue de l'observateur contemporain des faits et de tenter de mettre en lumière l'ambiance de cette époque, dans sa diversité et sa complexité, en nous servant de l'ensemble des  documents sonores chantés (pour une bonne part inédits en CD), qui ont illustré les années 30, qu'il s'agisse de documents militants à vocation confidentielle ou de grands succès du moment diffusés en boucle à la TSF. Tous, chacun à leur façon, fervente ou distanciée, critique ou ludique, mélancolique ou enjouée, évoquent et témoignent de l'air du temps et du grand mouvement de fond qui secoue alors la société française.
 
De l'ancienne, récurrente et si difficile union du mouvement ouvrier
 
La notion de Front populaire visant à regrouper les diverses tendances du monde du travail est une idée ancienne. Depuis le 19e siècle, marqué par les premières luttes du mouvement ouvrier et les écrits des grands penseurs socialistes (Babeuf, Charles Fourier, Proudhon, Karl Marx, Friedrich Engels, Bakounine…), la volonté de réunir les forces du mouvement ouvrier dans une seule organisation s'impose, afin de transformer en profondeur la société française. Au-delà des divergences tactiques ‒ ou plus subtiles ‒, le prolétariat reste jusqu'alors morcelé en divers courants et chapelles, qui sont autant de freins à son efficacité. À plusieurs reprises, avec la création des Internationales socialistes et leurs nombreux Congrès préparatoires, le monde du travail tente vainement de fédérer ses forces. Pourtant, en France, ce n'est seulement qu'en juin 1936, avec la prise du pouvoir par le premier gouvernement de Front populaire, que cette grande idée se concrétise sociologiquement et politiquement. Et même si les communistes préfèrent alors soutenir le gouvernement qu'en faire partie et si d'autres organisations comme les trotskystes, les courants libertaires et les pacifistes poursuivent leurs chemins parallèles, un immense espoir s'est levé dans le peuple, qui en quelques mois à peine est parvenu a pousser les organisations politiques et syndicales à se fédérer, à négocier et à s'unir jusqu'à la conquête du pouvoir.
Le Front populaire est effectivement l'aboutissement d'un long combat pour l'unité des forces du travail contre le capital en général, contre les tentatives d'insurrection antiparlementaires et les Ligues factieuses, contre les "deux cents familles" (un slogan politique lancé par Édouard Daladier lors du Congrès radical-socialiste d'octobre 1934), contre la presse très majoritairement aux mains des puissances de l'argent. Mais c'est aussi un combat au sein du mouvement ouvrier lui-même après les années sectaires résultant de la doctrine du stérile combat "classe contre classe" mené par le Parti communiste. Ce n'est qu'après le revirement total opéré par l'Internationale Communiste (suivant en cela les directives du Komintern piloté par l'Union soviétique), qui intervient graduellement entre 1934 et 1935, que le Parti communiste français, soucieux désormais de rassembler avec le prolétariat les couches moyennes et les milieux chrétiens, opère sa politique nouvelle de la main tendue. Nul doute cependant que la pression de la rue, constatée lors des manifestations antifascistes de 1934 n'ait joué un rôle décisif.
 
Le 14 juillet 1935, avec ses immenses cortèges unitaires pour "le pain, la paix et la liberté", reste l'acte fondateur d'une nouvelle conscience sociale en mouvement, que la victoire électorale du 5 mai 1936 confirmera en donnant à la coalition de gauche nouée entre socialistes, radicaux-socialistes et communistes une confortable majorité à la chambre des députés. Quelques semaines plus tard, Léon Blum, principal dirigeant de la SFIO, formait son gouvernement. Entre-temps, le pays venait de déclencher une sorte de révolution pacifique avec les grèves multiples et surtout la nouveauté inédite des occupations d'usines et des lieux de travail par les salariés eux-mêmes. Les grèves de mai 1936, qui impliquent plus de deux millions de salariés, se répandent dans pratiquement tous les secteurs de la société, depuis les entreprises de la métallurgie qui ont lancé l'action les premières. Ces "grèves de la joie" (pour reprendre les propres termes de la philosophe engagée Simone Weil) touchent aussi bien le commerce et les grands magasins, la chimie, le textile, l'ameublement, les mines, les chantiers navals…
Il faudra attendre la signature des accords Matignon et les lois sociales sur les 40 heures et les Congés payés, ainsi que la clairvoyance du Président du Conseil, Léon Blum, lors de ses allocutions de juillet 1936, et l'attitude avisée de Maurice Thorez (cf. le fameux "Il faut savoir terminer une grève") pour que la machine économique se remette à l'ouvrage sur des bases nouvelles. Ni mouvement spontané des masses assoiffées de revanche ni complot ourdi par une avant-garde manœuvrée par une quelconque organisation extrémiste, cet élan populaire reflétait plutôt la dignité retrouvée des travailleurs après tant d'années d'humiliation et de frustration. Et si l'on a beaucoup dansé et chanté dans les usines occupées pour passer le temps (et sans aucun doute plus souvent des chansons de variétés et des parodies circonstanciées que des couplets engagés) et organisé des fêtes et défilés carnavalesques, les salariés continuaient cependant à entretenir les machines et partout l'ordre régnait. Et si certaines occupations n'ont connu leur terme qu'à la fin juillet, ce fut le plus souvent dû à des conditions locales.
 
Pour un bref moment, la situation sociale avait créé, dans sa confusion même, un rapport de force favorable au monde du travail et le patronat le reconnaît implicitement en signant illico les accord Matignon. À leur façon, les artistes de variétés soutiennent les grévistes par esprit populiste ou sentimental pour la majorité ou par conviction pour certains, se faisant photographier au milieu d'un piquet de grève ou chantant avec les employés dans une usine occupée. Malheureusement, les témoignages filmés et enregistrés ‒ à la TSF et aux Actualités notamment‒, sont extrêmement rares.
Cependant, les premières difficultés se font jour dès courant 1936 avec la politique de non-intervention en Espagne, imposée par les radicaux et la Grande-Bretagne, et le suicide de Roger Salengro, victime d'une odieuse campagne de calomnies de l'extrême-droite, qui amènent bientôt Léon  Blum à déclarer la "pause" à la fin février 1937.
 
Une fête du corps et de l'esprit
 
Avec le recul du temps, le Front populaire se révèle avoir été une fête joyeuse et féconde du corps et de l'esprit. Et d'abord de l'esprit, puisque c'est le moment où vont se développer et éclore une multitude de mouvements culturels et d'associations en rupture avec l'ordre établi : fondation de la FTOF (Fédération du Théâtre Ouvrier de France) en 1931, de l'AEAR (Association des écrivains et artistes révolutionnaires) l'année suivante, création en mars 1935 de la première Maison de la Culture à Paris – qui prend la suite de l'AEAR –, dirigée par Louis Aragon et de l'Alliance du Cinéma Indépendant (ACI), qui préfigure Ciné-Liberté, en octobre 1935. C'est dans cette période également que les grandes institutions culturelles et de recherche sont créées : CNRS ("Centre National de la Recherche Scientifique"), Conseil de la France d'outre-mer (CFOM, préfiguration de l'Orstom) Palais de la Découverte, Musée des Arts et Traditions populaires… Tous les domaines scientifiques, artistiques et culturels sont concernés et la plupart vont relayer l'action gouvernementale dans le but de démocratiser la culture et favoriser l'accès à la connaissance.
 
Tout au long des années 30, les écrivains favorables au Rassemblement populaire des forces de gauche (parmi lesquels Romain Rolland, Paul Vaillant-Couturier, André Chamson, André Malraux, Jean Guéhenno, André Gide, Léon Moussinac, le collectif de l'hebdomadaire culturel Vendredi et jusqu'à Jean Giono…) se regroupent dans divers comités antifascistes (dont le plus illustre est le Comité Amsterdam-Pleyel fondé lors du Congrès antifasciste européen de juin 1933) et apportent un soutien résolu à toutes les initiatives qui préfigurent la formation d'un front populaire. De son côté, la nébuleuse de la Muse Rouge, groupe de poètes et chansonniers révolutionnaires et pacifistes tiraillés entre l'adhésion à la 3e Internationale et le pacifisme libertaire, comprenant notamment  Jean-Paul Monteil, Eugène Bizeau, Charles d'Avray, Coladant, Marguerite Greyval, Georges Isabelli (ou Delmas), Robert Guérard, Clovys, Louis Loréal et plus épisodiquement les chansonniers Noël-Noël, Gabriello et Jacques Grello, tente de trouver un compromis avec la FTOF, mais doit renoncer devant l'intransigeance de celle-ci. Dès lors, la Muse Rouge se recentre sur ses propres difficultés et ne suit plus que de loin l'action gouvernementale.
 
Le théâtre avait de longue date montré la voie en France avec notamment Firmin Gémier (1869-1933), comédien, metteur en scène et directeur de théâtre engagé, fondateur du premier Théâtre national populaire en 1920, et, en parallèle, avec Maurice Pottecher (1867-1960) et son Théâtre du Peuple ouvert à Bussang (Vosges) au début du siècle, qui réunissait chaque saison les troupes de théâtre et les comédiens en une communauté fraternelle.  En 1931, regroupant divers groupes populistes et militants préexistants, la FTOF est constituée. En son sein, la troupe d'agit-prop (groupes de théâtre ouvrier d'agitation et de propagande calqués sur les modèles russe et allemand) Prémices s'impose rapidement avec ses chœurs parlés, mais c'est seulement après la rencontre avec Jacques Prévert, qui leur écrit plusieurs textes, qu'elle s'impose dans la "forme nouvelle" (l'agit-prop) et change son nom pour celui de groupe Octobre, en référence à la révolution soviétique.
Outre le groupe Octobre, désormais animé par Jacques Prévert et sa bande, d'autres troupes de théâtre ouvrier, groupes vocaux militants, chœurs parlés et chantés, affiliés ou non à la très politisée FTOF se forment, comme Les Blouses bleues de Bobigny ou le Groupe Mars dirigé par l'homme de théâtre Sylvain Itkine et dont feront partie les Frères Marc (Francis Lemarque et son frère Maurice).
 
C'est aussi l'éclosion de la décade prodigieuse du cinéma français avec Jean Renoir, René Clair, Marcel Carné, Jean Duvivier, Jean Grémillon et les cinéastes proches du Parti communiste comme Jean-Paul Le Chanois (Dreyfus), Jacques Becker, Jean Epstein. Tous, réalisateurs, acteurs, techniciens et personnels des studios se mobilisent afin de libérer l'industrie cinématographique des diktats des producteurs et des financiers et de laisser libre cours à la créativité nouvelle née avec le "parlant".
 
Les musiciens français, dont certains furent membres ou sont les continuateurs du Groupe des Six, sont nombreux à sympathiser avec le mouvement social et le parti communiste. Ainsi, Georges Auric, Arthur Honegger, Charles Kœchlin, Louis Durey, Henri Sauveplane, Albert Roussel, André Jolivet… se retrouvent pour composer des œuvres communes comme le "14 juillet" de Romain Rolland ou plus humblement des chansons, souvent écrites sur des poèmes. Le mouvement choral prend son essor à cette époque avec le réseau des Auberges de Jeunesse et les innombrables associations musicales et culturelles encouragées par les organisations politiques, les municipalités et les mouvements d'éducation populaire. Des musiciens de renom, comme Paul Arma et Roger Desormière, apportent leur concours au mouvement en créant ou dirigeant des répertoires chansonniers engagés, notamment pour la fameuse Chorale populaire de Paris, association encore en activité en 2018 !
 
Les artistes plasticiens, les architectes, les urbanistes se mobilisent aussi comme Fernand Léger, Robert et Sonia Delaunay, Le Corbusier, Auguste Perret, Jean Lurçat, Édouard Pignon... Ils donneront une nouvelle dimension à leur expression au moment de l'Exposition qui se prépare pour 1937, dans laquelle ils occupent une place privilégiée. Les jeunes photographes (Robert Doisneau, Willy Ronis, Capa, Cartier-Bresson… et Pierre Jamet, sont aussi partie prenante du mouvement. Appareils photo en bandoulière, ils sillonnent les manifestations, les rues et la campagne et laisseront des témoignages visuels irremplaçables sur les séquelles de la crise, la période euphorique des débuts du Front populaire et les derniers soubresauts de bonheur et de liberté de l'avant-guerre.
 
Mais le Front populaire est aussi une fête du corps avec le développement de l'hygiène dans toute la société, de la gymnastique et des sports en général, des Auberges de Jeunesse et du camping, dopés par la grande nouveauté des loisirs de fin de semaine et la loi sur les Congés payés ‒ deux semaines en 1936 ‒, impulsée par Léo Lagrange, sous-secrétaire d'État aux Sports et à l'Organisation des loisirs. On remarque alors la vigueur des comités d'entreprise, des services culturels des municipalités de gauche et des mouvements d'éducation populaires chrétien, socialiste, communiste, anarchiste aussi, qui tous ambitionnent de développer le corps autant que l'esprit et qui organisent des centres de vacances et des activités sportives pour la jeunesse et pour les familles.
Tous les sports, de la pétanque à l'aviation populaire, prennent leur essor durant ces années fastes. La Fédération syndicaliste omnisport FSGT (Fédération sportive et Gymnique du Travail"), créée en 1934, se développe à son tour avec ses propres organisations et ses épreuves sportives. Athlétisme, natation, marche, cyclisme, canotage, pêche sportive, sports d'hiver (très prisés par Léo Lagrange) sont à l'ordre du jour. En mars 1937, Léo Lagrange promeut la création du "Brevet sportif populaire", qui dès la première année récompense les 400.000 jeunes gens et jeunes filles qui ont passé les épreuves de course, saut, lancer et natation. D'un autre côté, même si les dirigeants politiques de gauche refusent le sport-spectacle, les grands événements sportifs populaires comme le Tour de France, les 6 jours, les 24 heures du Mans, les combats de boxe, les très en vogue meetings aériens et les fêtes foraines comme La Foire du Trône (ou Foire au Pain d'épices), Luna-Park et la Fête à Neu-Neu, dont la dernière édition a lieu en 1935, continuent d'attirer les foules avides de distractions et de sensations.
 
De la belote du quartier aux vacances pour tous
 
Tordons ici opportunément le cou à quelques idées reçues comme celle selon laquelle le temps du Front populaire serait celui des loisirs populaires version moules-frites et de la rumba exotique tendance "Marinella". En effet, il n'y aucune contradiction entre l'exaltation ressentie en défilant en rangs serrés et en chantant à pleine voix sur le pavé parisien Au-devant de la vie et Jeunesse et le fait de se distraire le dimanche avec les copains, en reprenant qui un succès de Tino Rossi, qui Tout va très bien ou Quand on s' promène au bord de l'eau. Un même élan dynamique et salutaire anime ces manifestations d'un bonheur collectif en devenir. Rappelons tout de même que ce sont près d'un million de personnes qui se mobilisent en juillet 1935 et en juillet 1936 pour défiler à plusieurs reprises dans Paris contre la réaction et les ligues et bientôt pour célébrer la victoire du Front populaire et les conquêtes sociales, sur les quelque 2,5 millions d'habitants qui résident alors en Région parisienne. Et ce sont souvent les mêmes personnes qui s'adonnent volontiers à la java et à l'accordéon et qui participent aux Comités de grève en organisant la vie collective, la discipline républicaine et le ravitaillement dans les usines occupées.
Autre vision caricaturale du Front populaire en chansons : celle qui consiste à postuler que l'artiste qui symbolise le mieux cette période serait Charles Trenet, dans la veine fantaisiste et bucolique ouverte précédemment par Jean Nohain et Mireille (auteurs d'une opérette discographique fraîche et originale "Un mois de vacances"), les duettistes Pills et Tabet (Couchés dans le foin) et Charles Trenet lui-même quand il se produit encore en duo avec Johnny Hess (Quand les beaux jours seront là). Il suffit d'indiquer que le premier disque gravé et commercialisé par le "fou chantant" date de mars 1938 et que sa première et fracassante apparition au music-hall eut lieu le même mois à l'A.B.C., au moment où le Front populaire vit ses toutes dernières heures et où la fragile union des forces progressistes subit les effets d'une politique économique désastreuse provoquée par le Sénat et les aléas de la politique extérieure en Europe (Espagne, Allemagne…).
 
Il s'agit pour nous de comprendre l'élan populaire, l'air du temps, fait de gravité devant les méfaits de la crise et les conditions de vie précaires d'une large part de la population (chômage, habitat, santé…), mais empreint aussi de distractions variées avec la radio populaire désormais présente dans près de la moitié des foyers (la France compte alors 5 millions de postes de TSF), le cinéma avec ses films grand public et ses Actualités filmées diffusés dans les 5.000 salles en activité en France, la loterie nationale lancée en novembre 1933 qui apporte son lot de rêve dans le quotidien, les grandes revues de music-hall et les moments de liesse au 14 juillet…
 
Si, sauf exceptions comme Vas-y Léon ou La Chanson des loisirs, la plupart des titres de la période ne font aucune référence à l'actualité politique et sociale en tant que telle, le climat de l'époque laisse des traces plus ou moins décelables dans nombre de chansons fantaisistes ou tragiques. La plupart du temps, les auteurs se servent des événement pour écrire des fantaisies humoristiques non dénuées de sens critique (La Grève de l'orchestre, La Chanson de l'Exposition ou Y'a trop d'tout). Plus originales en revanche sont les virulentes diatribes chantées concoctées par Prévert (Marche ou crève), Clouzot (Le Jeu de massacre) ou Gilles (Les Barrières). Leur tonalité agressive, jamais exempte d'humour, est accueillie joyeusement ; la fête des mots rejoint alors la fête de la rue avec ses défilés et ses bals populaires. Mais, à côté de ces brûlots révolutionnaires lettrés, la majorité des textes des chansons qui prennent fait et cause pour la transformation de la société ont trop souvent recours à de mièvres allégories et à des lieux communs (Qu'il est bon d'être libres, Debout les prolétaires, Sois fier, ouvrier, La Paix, le pain, la liberté…).
Les chansons de l'extrême droite et des ligueurs ne se réfèrent pas non plus à une actualité immédiate et restent sur un mode convenu (La France aux Français) ou nostalgique (Quand les lys blancs refleuriront) ou déjà vu tel le cycle des chansons dédiées aux Croix de feu avec leurs rythmes stéréotypés de marches militaires.
 
Thème en vogue, lié celui-ci aux évolutions sociétales (40 heures, Congés payés…), la célébration de la nature et des loisirs (Quand on s' promène au  bord de l'eau, Une petite maison de campagne, Le Soleil s'en fout) occupe une place de choix dans les répertoires inspirés de la vie quotidienne. L'essor des auberges de jeunesse, la bouffée d'air apportée grâce au billet annuel à tarif réduit de 40% (vite surnommé "billet Lagrange"), négocié de haute lutte par Léo Lagrange avec les patrons des compagnies de chemins de fer ‒ qui ne seront nationalisées que le 31 août 1937 pour devenir la SNCF (Société nationale des chemins de fer français) ‒, la cohue des familles et des colonies de vacances en partance dans les gares parisiennes, la découverte de la mer pour des milliers de gens des couches populaires (la symbolique omniprésente de Dieppe avec ses plages envahies par les ouvriers en casquette en témoigne), sont autant de bienfaits qui résultent de la loi sur les Congés payés.
 
Si l'égalité hommes-femmes est de règle dans les Auberges de Jeunesse, elle est encore loin d'être réalisée dans la société française, où les femmes n'ont pas encore le droit de vote en dépit d'un audacieux projet de loi du gouvernement, mais repoussé par les radicaux et le Sénat. Nonobstant, Léon Blum nomme trois femmes à des postes de ministres et secrétaires d'état, dont Irène Joliot-Curie à la Recherche scientifique. Autre signe de l'émancipation prochaine des femmes : la création d'un nouveau magazine Marie-Claire, dédié à la jeune fille et à la femme française "à la fois simple et élégante, enthousiaste et mesurée, courageuse… mais en même temps gaie, prenant sa part des joies comme des peines que la vie apporte" (cf. premier éditorial du 5 mars 1937), journal ouvertement moderniste et vaguement féministe, qui obtient très vite un succès populaire qui ne se démentira pas. Pour autant, aucune chanson n'aborde le thème de la femme en tant que partie prenante du mouvement social en cours, encore que certaines lui réservent un sort appréciable comme Ma mie ou Chantons jeunes filles.
 
Une fin de partie déroutante
 
Mais le Front populaire restera comme une étape inachevée pour une avant-garde qui ambitionnait d'engager une transition effective vers un système économique socialiste dans lequel les moyens de production et les leviers de l'état seraient aux mains des travailleurs eux-mêmes. L'opposition résolue du Sénat à l'instigation de Joseph Caillaux, l'abandon honteux de la République espagnole victime d'un coup d'état fasciste et le manque de soutiens extérieurs (cf. la position ambiguë de la Grande-Bretagne, la relative indifférence de Roosevelt et la réserve prudente de Staline pour cette transformation inédite de la société) mettront un terme aux espoirs placés dans le Front populaire. Il est symptomatique de constater que dès le printemps 1938 le temps des chansons "militantes" est bien révolu (nous n'avons d'ailleurs trouvé aucune création nouvelle à cette date) et que les titres qui clôturent chronologiquement ce coffret, sont très nettement distanciés par rapport aux événements ou carrément démobilisateurs (Un p'tit air, Qu'est-ce qu'on attend…, La Vie qui va) sinon inconcevables (C'est pour demain).
De fait, à la fin 1938, le sentiment dominant au sein de la population est plus proche d'un pacifisme candide et de la préservation des acquis sociaux obtenus que des regrets exprimés à propos d'une révolution manquée. On n'en veut pour preuve que l'accueil paradoxalement chaleureux qui est réservé aux négociateurs français et anglais Daladier et Chamberlain de retour de Munich.
Bientôt les nuages s'amoncellent sur la vieille Europe. Le coup de semonce apparaît dans le ciel d'Espagne avec les bombardement allemands et italiens en avril 1937, sur la ville martyr de Guernica notamment, puis c'est l'épisode brutal de l'Anschluss en mars 1938 avec l'annexion de l'Autriche par le régime hitlérien à la faveur d'un coup de force. S'ensuit l'annexion du territoire des Sudètes et la prise de Prague en Tchécoslovaquie en octobre 1938, qui ne soulève que des indignations aussi légitimes que stériles des démocraties occidentales, en attendant l'invasion de la Pologne en septembre 1939, épisode qui déclenche la déclaration de guerre de la Grande-Bretagne et de la France à l'Allemagne.
 
L'enthousiasme qui avait marqué l'esprit unitaire et triomphant des débuts du Front populaire s'était transformé au fur et à mesure en résignation devant l'impuissance à renverser l'ordre établi et l'inéluctabilité de la guerre. En tout juste deux ans, nous étions passés sans transition de l'entraînant et euphorique Tout va très bien au blues morbide de Tout fout l' camp.
 
             "Il fut un moment où les Français crurent vraiment qu'ils allaient s'aimer les uns les autres. On se sentait porté par une vague de générosité."
            Jean Renoir (livre "Ma vie et mes films", Flammarion, 1974)
 
Christian MARCADET
 
UN PARCOURS EN CHANSONS
 
En tant que tel, le Front populaire se situe au milieu d'une petite dizaine d'années qui ont chamboulé le Monde, période qui commence avec la crise économique de 1929 et s'achève avec le début de la Seconde Guerre en 1939. Nous avons donc choisi de dérouler notre programme musical entre ces deux dates. Tout en nous appuyant sur l'Histoire et la chronologie des événements, nous avons tenté de saisir quelle place occupait la chanson durant cette période et à qui s'adressait-elle dans toute sa diversité. Il nous fallait donc essayer de dresser le plus large panorama possible des genres, tendances et sujets des chansons de cette époque en choisissant en priorité celles qui en reflétaient l'atmosphère et le climat, celles qui évoquaient tel événement en particulier, celles qui étaient délibérément engagées dans le mouvement populaire, et aussi celles qui combattaient et s'inscrivaient résolument contre le Front populaire.
Ainsi, tout au long de notre parcours, nous entendrons des chansons « ouvriéristes », d'autres plus engagées, militantes ou politiques, celles qui constituent un appel à la liberté, aux loisirs, aux vacances – les congés payés – à la nature, au camping qu'illustrent notamment les chansons (non militantes) de Paul Vaillant-Couturier, aux auberges de jeunesse... Il va sans dire que les chansons populaires, dites « de variétés » et commerciales, occupent une place non négligeable, car elles traitent du quotidien et des préoccupations qui touchent un large public tout en le distrayant. Elles accompagnent les prémices du Front Populaire, son avènement et sa victoire électorale, son arrivée aux affaires, les grèves, les réformes, les acquis sociaux, jusqu'à son crépuscule et sa fin. Notons que les chansons satiriques ne sont pas très nombreuses, les chansonniers d'actualité, qui enregistrent peu, réservaient sans doute leurs meilleurs couplets au public des cabarets, les sujets du jour étant vite dépassés.

Les prémices du Front populaire
Notre voyage dans l'Histoire commence avec la chanson-générique (début et fin) du film fameux de René Clair, À nous la liberté, dont nous avons choisi d'opérer le montage de la bande sonore originale ; si elle ne possède pas tout à fait la qualité sonore d'un disque de studio, l'interprétation est plus vivante. Cette chanson donne le ton « libertaire » d'un changement que beaucoup espèrent. Parmi les chansons qui ouvrent la voie au futur Front populaire, nombre d'entre elles sont gravées sur de petits labels militants : La Voix des Nôtres, fondé par le journaliste publiciste Jean-Lorris en 1929. Ce militant socialiste, mort en 1932, édite également des discours politiques, parfois en coproduction avec ERSA, organe phonographique de la SFIO ; les Disques Henry, à saphir, filiale de Pathé, dont le Hardi camarades !, adaptation d'une chanson soviétique commanditée par l'Humanité, est interprétée par... Robert Le Vigan (!) ; Piatiletka, « le disque prolétarien » (Plan quinquennal en russe), affiliée au Parti communiste français, qui publie aussi des discours de Duclos et de Thorez, et dont la Marche des blouses bleues est chantée par la Coopérative ouvrière de TSF, soutenue notamment par la Fédération du Théâtre Ouvrier de France. Formons la chaîne, chanson franc-maçonique est interprétée par Gratias, ténor des Concerts Touche, et Vibert, baryton d'opéra – les artistes lyriques seront souvent sollicités, à gauche comme à droite. Notons également que le chanteur Delmas et l'auteur-compositeur Isabelli (son pseudonyme ?) ne font qu'un. La condition ouvrière, le chômage, la pauvreté, font l'objet de nombreuses chansons militantes, comme Le Chant des chômeurs ou Sois fier ouvrier et Le Militant syndicaliste, tendance CFTC/JOC (Jeunesse ouvrière chrétienne), Jacques Prévert et Louis Aragon y allant même de quelques couplets bien sentis : Marche ou crève, Han Coolie, et de chansons populaires ou réalistes, comme La Prière du pauvre homme, La Java des prolétaires ou Sur le trottoir. On économise (La Tirelire), on met de côté (On stocke!) mais puisqu'on vous dit que La Crise est finie ! De toutes façons, ça n'a Aucune importance, comme le constate le chansonnier René Dorin, que chante Claire Franconnay dans une version rare de Ah les salauds !
L'arrivée du Front Populaire
Au devant de la vie, adaptation française d'un chant soviétique – musique de Chostakovitch – et enregistré à de nombreuses reprises, peut être considéré comme l'un des hymnes du futur Front populaire, alors que la rue commence à s'agiter sérieusement. La manifestation de l'extrême droite devant la Chambre des Députés se retrouve illustrée par des chansons : Chant des Ligueurs et des Croix de Feu. Et tandis que le Front National appelle au rassemblement des forces de droite, les royalistes de l'Action française se demandent Quand les lys blancs refleuriront. De l'autre côté, après une grève générale antifasciste, un pacte d'unité socialo-communiste aboutit à la grande manifestation des forces de gauche en 1935, avant que ne soit établi le programme du Front populaire au début de l'année 1936. Le duo Gilles et Julien, qui ne cache pas ses sympathies à gauche, chante Le Jeu de massacre et  Les Barrières, chansons « engagées » dira-t-on plus tard, et Georges Milton s'interroge : Que demande le peuple ? Un jour de congé hebdomadaire (Ma mie, Fermé jusqu'à lundi) et, pourquoi pas, Une petite maison de campagne ? Mais en ce milieu de la décennie : Tout va très bien, immense succès que nous vous proposons dans une rare version de Bordas et Adrien Lamy, accompagnés par l'orchestre musette Alexander, comme on devait le chanter dans les rues. Fin 1935, Jacques Duclos avait demandé à Aragon de lui recommander un cinéaste pouvant réaliser un film de propagande pour le Parti communiste en vue des prochaines élections législatives. Le choix se porte sur Jean Renoir qui, entouré d'une équipe de collaborateurs, va diriger le tournage de La Vie est à nous juste avant ce scrutin que le Front Populaire remporte. Aussitôt Le Drapeau rouge est hissé suite à la grève générale, et Le Décor va changer, clame le vieux chansonnier humanitaire Montéhus sorti de sa retraite, comme L'Internationale, ici dans une version longue et dont la musique originale est parfaitement respectée, ce qui n'est pas souvent le cas !
 
Le temps du Front Populaire
 
La Victoire du Front Populaire est acquise et on peut la chanter sur l'air de Gloire au XVIIe de Montéhus qui encourage le nouveau président du conseil, Léon Blum ; Vas-y Léon. Pendant ce temps, comme Mistinguett, Champi chante pour les grévistes, un autre chansonnier, Robert Goupil, demande La Paix, le pain, la liberté et, chez Ray Ventura, on fait La Grève de l'orchestre. Rapidement, les accords Matignon sont signés et la loi sur les congés payés votée. On ne compte plus les chansons qui accompagnent les vacanciers, les promeneurs, les campeurs, les voyageurs, à pied, en vélo, en auto (parfois), en chemin de fer : La Belle France et La Chanson des loisirs (Gilles), Quand on se promène au bord de l'eau (Julien Duvivier pour Gabin), Prends la route (Pils et Tabet), Le Soleil s'en fout (Jean Tranchant), Y' a du bonheur pour tout le monde (Maurice Chevalier), et, mis en musique, les poèmes de Vaillant-Couturier tirés de son recueil « Les Chants du campeur » : Pour faire un feu, Le Campeur en chocolat, La Corvée d'eau, Jeu du camp fou, Le Réveil, Le Sac mal fait... Mais tout le monde n'en profite pas : J'ai pas la gueule qui plaît aux riches (Tranchant pour Nane Cholet), La Rue (du chansonnier de Montmartre Charles Fallot et grand succès de Damia), Les Soutiers (de Gaston Bonheur par Marianne Oswald), Mon apéro (par Édith Piaf). Aussi en février 1937, une pause dans les réformes n'est pas du goût du philosophe Jean Nocher, ancien de la CGTU, qui fonde les Jeunes Équipes Unies pour une Nouvelle Économie Sociale (J.E.U.N.E.S). Et la présente vigoureusement sur l'air de Au devant de la vie. Par ailleurs, cet air emblématique sera rajeuni par de nouvelles paroles d'Isabelli. Sur l'autre bord, l'association entre les Croix de Feu, les Volontaires Nationaux et La Briscarde, essaie de maintenir L'Espoir de la France, incarné notamment par le Parti social français du Colonel de la Roque (parti républicain qui a succédé aux Croix de feu). Maurice Chevalier, lui, ne prend pas parti, pour lui, Le Bon système  : faut s'en foutre !
 
Le crépuscule du Front Populaire
 
Paul Vaillant-Couturier reprend sa plume pour rendre hommage à Roger Salengro dans son Chant de l'Humanité, et surtout s'adresse à la Jeunesse, dont la vitalité se manifeste avec notamment, sous l'impulsion de Léo Lagrange, la création des Auberges de Jeunesse, dont la chorale est dirigée par Pierre Jamet, futur animateur du quatuor vocal des Quatre Barbus. Les Amicales socialistes emboîtent le pas avec le Chant de l'avenir. Mais entre-temps, Blum a démissionné, peu après l'inauguration de l'Exposition Internationale des Arts et des Techniques, qui fournit un excellent sujet pour la verve de Georgius, et qui offre un moment réjouissant pour nombre de Français, en même temps qu'une crainte à la vue

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