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MA RAINEY / THE MOTHER OF THE BLUES Agrandir

MA RAINEY / THE MOTHER OF THE BLUES

1 CD / 1923-1928 / Blues Collection / Historic Recording

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R403

8,00 €

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Artiste
MA RAINEY
Type de musique
JAZZ
Ma Rainey

1 New bo-weavil blues
2 Moonshine blues
3 Barrel house blues
4 Dream blues
5 Lucky rock blues
6 Jealous hearted blues
7 See see rider blues
8 Jelly bean blues
9 Countin’ the blues
10 Chain gang blues
11Jealousy blues
12 Mountain Jack blues
13 Blues oh blues
14 oh papa blues
15 Deep moanning blues
16 Daddy, goodbye blues
17 Blame it on the blues
18 Black eye blues
19 Man and Pa poorhouse blues
20 Big feeling blues

Ma Rainey
Au milieu de l'aéropage de reines, de princesses et autres duchesses que dominait, du haut de son trône, leur impératrice, les chanteuses de blues ont eu leur mère. Plus âgée que la plupart d'entre elles, elle pouvait être aussi bien la mère, celle qui rassemble et maintient la cohésion de la famille — et l'on sait que dans la société afro-américaine (comme dans beaucoup d'autres) c'est la mère qui est le pivot de la structure familiale — comme celle qui transmet un savoir, des connaissances, dont elle est la dépositrice, sinon l'inventeuse. Il fallait que le blues, terme flou, informel, sans signification musicale précise, passe entre les mains et dans la voix d'une mère pour être, d'abord adopté et modelé, puis ensuite transmis aux générations à venir. Son histoire à elle commence le 26 avril 1886 à Columbus (Géorgie). Ce jour-là naît Gertrude Pridgett, fille d'un couple de minstrels, artistes à tout faire (comédiens, chanteurs, danseurs, etc.) des spectacles itinérants qui enchantent alors la population libérée de l'esclavage. Dans cette famille qui comptera cinq enfants et où la grand-mère a aussi tâté de la scène, la jeune Gertrude ne pouvait que se retrouver sur les planches. Ainsi dès 1900, elle chante et danse dans «A Bunch of Blackberries», un show programmé au Springer Opera House de sa ville natale, puis commence à "faire" la route (ce qui lui permet de rencontrer le blues dès 1902). Elle n'a pas 18 ans losqu'elle épouse, le 2 février 1904, un "vieux" minstrel, William "Pa" Rainey qui sera son partenaire pendant une bonne dizaine d'années. Elle devient donc, malgré son jeune âge, "Ma" Rainey, et se produit sous les chapiteaux (tent shows) et sur les scènes des cabarets et des théatres comme le célèbre 81 d'Atlanta où la jeune Bessie Smith apparaît au même programme que le duo. Ils tournent souvent au sein de troupes connues comme le Moses Stokes Show en 1912, les Rabbit Foot Minstrels en 1915 ou encore le Tolliver's Circus & Musical Extravaganza entre 1914 et 1916 où le couple se présente sous le nom de «Rainey & Rainey, The Assassinators of the Blues», tout un programme qui finira par une séparation !
"Madame" Rainey, comme elle aime se faire appeler, a 30 ans et elle peut désormais voler de ses propres ailes, des ailes où les plumes sont d'ailleurs fortement lestées par une surcharge de diamants, de bijoux et d'un lourd collier de pièces d'or ! 1920 : Crazy Blues, à la fois le titre de Mamie Smith (et le premier race record) et la frénésie qui s'empare du show business avec la découverte d'un marché afro-américain et le filon qu'il représente. Au début de ces "années folles", on enregistre à tour de bras des chanteuses dites de blues, en fait des artistes de variété, de vaudeville, qui font les belles soirées des cabarets et des revues des music halls des grandes villes du Nord et que les gens de spectacle ont sous la main car tous les disques sont réalisés dans les studios de New York ou de Chicago. Ma Rainey n'est pas de la partie — elle n'est la vedette que des Noirs du Sud — pas plus que les trois autres grandes chanteuses de blues véritable, Bessie Smith, Clara Smith et Ida Cox qui a parfois partagé les mêmes scènes que Ma. Ce n'est qu'en 1923 qu'elles vont être enregistrées, les deux "Smith" à New York pour Columbia respectivement en février et en mai, les deux autres à Chicago pour Paramount, Cox en juin et Rainey, bonne dernière, en décembre. Elles sont toutes deux accompagnées par la formation de la pianiste Lovie Austin où se distingue un jeune et talentueux trompettiste de la Nouvelle Orléans, Tommy Ladnier. C'est peut-être à Chicago que Ma Rainey rencontre pour la première fois Louis Armstrong, autre trompettiste néo-orléanais au brillant devenir. Celui-ci fréquentait les parties organisées par un certain Richard Morgan, oncle de Lionel Hampton. Le futur roi du vibraphone se souvenait que Ma Rainey n'y chantait qu'accompagnée par Jelly Roll Morton ! (1) Dommage qu'aucun disque n'en ai témoigné, dommage aussi que la chanteuse n'ait enregistré toute sa production (une centaine de faces) que pour la maison Paramount, sans doute l'une des plus importantes dans le domaine de la musique noire mais dont le souci de rentabilité primait sur celui de la qualité : prise de son médiocre, gravure peu soignée, pressage de disques bas de gamme, etc., heureusement sauvés en partie grâce à un directeur artistique noir de talent, J. Mayo Williams, qui aura souvent la possibilité d'offrir à la chanteuse d'excellents accompagnateurs.En 1927, Ma Rainey promène sa revue «Louisiana Blackbirds» dans tous les théâtres du Sud et achève, juste avant un ultime duo avec Papa Charlie Jackson, ses enregistrements en septembre 1928 avec la paire Tampa Red/Georgia Tom, nouveaux rois du hokum blues et précurseurs du Chicago Blues urbain. Une page se tourne, Ma Rainey n'a que 42 ans mais la crise de 29 n'est pas loin qui marque la fin d'une époque et balaie d'un revers de main les anciennes divas du "blues classique". Ma se retire de la vie musicale pour retrouver son frère, Thomas Pridgett Jr, diacre à la Friendship Baptist Church de Columbus dont elle va renforcer la chorale. C'est là, dans sa ville natale que la Mère du Blues laissera ses "enfants" orphelins le 22 décembre 1939, suite à une crise cardiaque. Elle avait 53 ans.

Jean Buzelin




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