Et toujours...

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Avant même qu'ils ne paraissent sur une scène parisienne, les Comedian Harmonists avaient pris place chez nous parmi les vedettes du disque. Leur premier enregistrement en notre langue Les gars de la marine avait remporté un tel succès que chacun fredonnait l'air, sans même avoir vu le film d'où sortait la ritournelle : "Le Capitaine Craddock" (!), version française d'un"Bomben auf Monte-Carlo" tourné dans les studios berlinois. C'était en 1931. Il sied peut-être de remonter quelques années en arrière. 1927 : un jeune comédien-chanteur, ténor sans emploi, Harry Frommermann, séduit par le groupe vocal américain "The Revellers" (premiers enregistrements en 1925, tournée londonienne dès 1926), décide de former un groupe allemand comparable. A l'image de l'exemple américain, il pense à un quintette vocal avec piano et commence par écrire une quinzaine d'arrangements dans lesquels les voix prennent en charge l'accompagnement orchestral. Reste à recruter : Frommermann, qui à procédé par voie d'annonce pour rencontrer des "chanteurs âgés de moins de 24 ans", reçoit 70 candidatures. La première retenue est de premier choix : la basse Robert Biberti, fils d'un ténor italien de l'Opéra de Berlin, est déjà choriste dans une troupe de revue fameuse, dirigée par Erik Charell. Ceci ne va pas être sans conséquence. Biberti recommande le ténor bulgare Asparuch "Ari" Leschnikoff, ex-militaire dévoyé et le baryton d'opéra polonais Joseph Roman Cycowski. A son tour, Leschnikoff présente le très jeune pianiste Erwin Bootz, étudiant à l'Académie de musique de Berlin (arrangeur, "harmoniseur", il possède au surplus un beau brin de voix et en usera souvent)… qui suggère enfin un troisième ténor, Eric Abraham Collin. La réaction en chaîne est terminée. Elle a réuni un bel éventail de talents et d'origines, bien à l'image de ce Berlin d'avant les années noires. C'est chez Asta Nielsen, "la Diva", que les cinq chanteurs répètent en secret, accompagnés au superbe Steinway de leur hôtesse. Ils s'acharnent pendant plus de six mois, s'efforçant à la perfection avant d'affronter le public. Une perfection qui n'aura pas l'agrément de la Deutsche Grammophon qui leur refuse un essai (So Blue et Jig Walk, deux titres qui situent bien l'orientation du quintette) le 10 mai 1928. Ils ont choisi de s'appeler les "Melody Makers". La Grammophon a tort : moins de trois mois plus tard le groupe vocal entre dans la carrière par la grande porte, ou plutôt par une grande porte à deux battants : Odeon, la célèbre firme de Carl Lindström, qui publie aussi Beka, Parlophon et Gloria, leur signe un contrat, tandis que le "Berliner Revue Köing", Erick Charell lui même, les incorpore dans son opérette à grand spectacle "Casanova" de Johann Strauss et Ralph Benatzky s'il vous plaît. Les six compères (car Bootz y chante aussi) occupent la scène au cours des trois intermèdes, costumés en musiciens ambulants vénitiens, bohémiens, espagnols. L'ambition est grande, le succès triomphal, la revue se jouera sept mois au Berliner Grossen Schauspielhaus. Charell, qui trouvait trop modeste un titre de "Faiseurs de mélodie" pour cet ensemble auquel il a confié les rôles d'une véritable troupe, leur conseille d'en changer. L'affiche annoncera les "Comedian Harmonists", et les étiquettes Odeon commenteront : "Die Deutschen Revellers". Leur carrière va recevoir une fois encore un utile coup de pouce, car c'est auprès d'Electrola, la branche allemande de His Master's Voice, que Charell a placé les airs de sa revue : le 28 août 1928, les "Comedian" y enregistrent les thèmes de deux tableaux, Spanisches intermezzo et iIalienisches intermezzo. Un an plus tard, ils quitteront Lindström pour signer un contrat avec H.M.V., cette firme britannique née du savoir-faire d'Emile Berliner. Ils y demeureront tout au long de leur carrière. Ils se sont organisés en véritable coopérative, ce que nos Frères Jacques sauront faire à leur tour vingt ans plus tard. Désormais, cabarets et théâtre ne vont cesser de les accueillir. Au nouvel An 1929, ils sont les vedettes du Grand Théâtre de Cologne, puis ils chantent dans toutes les grandes villes d'Allemagne. Et ils enregistrent. En ce début des années 30, c'est, malgré "la crise", l'explosion du cinéma qui parle et qui chante. Dans la moitié au moins des films produits à Berlin et à Paris, le metteur en scène place quelques couplets. Les Comedian Harmonists jouent sur deux tableaux : ils participent à 12 films et ils enregistrent nombre des airs les plus célèbres des productions de la U.F.A., franchissant avec bonheur l'obstacle des langues : Das ist die liebe der Matrosen deviendra Les gars de la marine ou bien The way with every sailor. Un rien d'humour s'introduit, sinon dans les textes, au moins dans les titres : Wenn der Wind weht über das Meer, c'est notre romantique Quand la brise vagabonde ou le bref Over the blue d'Outre-Manche. On retrouvera ici des airs bien connus de films souvent oubliés : "La chanson d'une nuit" "Le chemin du Paradis", "Le vainqueur", "Un rêve blond", "Les bohémiens de la nuit", "Les nuits moscovites". La vente des disques atteint des sommets. Dès 1930, Electrola leur suggère de transporter leur concerts dans les hauts lieux du "classique". L'idée est révolutionnaire : comment va réagir ce nouveau public aux chansons, succès de films ou de comédies musicales, qui constituent l'ossature de leurs prestations? Elargissez votre répertoire et adaptez à votre manière les airs populaires de grands compositeurs ou de grands moments du jazz ! En 1933, ils enregistrent leur premières "chansons sans paroles", Menuet de Boccherini, Creole love call de Duke Ellington (mais oui, en 1933!), Perpetuum mobile de Johann Strauss. Le public de la Berliner Philarmonie les applaudit ; le 19 octobre, à Paris, la salle Gaveau leur fait un triomphe. Ils en rapportent la photo dédicacée d'un jeune auditeur enthousiaste, elle est signée Yehudi Menhuin. Plus tard, ce sera la Reale Filarmonica romana. Les enregistrements en français se multiplient tant à Paris qu'à Berlin. Mais là, un certain Adolf Hitler occupe le devant de la scène. Frommermann, Collin et Cykowski sont juifs : les pressions pour que le groupe ne se produise plus en public deviennent sérieuses. Le 22 février 1935, la Reichsmusikkamer du Docteur Goebbels, présidée par Richard Srauss, interdit aux trois "aryens" de paraître sur scène avec "les juifs", le label "Comedian Harmonists" est interdit : "étranger" ! Le 1er mars, ils sont pour la dernière fois dans les studios d'Electrola pour enregistrer la Danse hongroise n°5 de Brahms et la Barcarolle d'Offenbach ; ils donnent leurs derniers concerts le 2 mars à Berlin, le 25 à Munich, puis ils se séparent. Au revoir bon voyage, du 9 novembre 1934, devient un titre prémonitoire. Biberti, Leschnikoff et Bootz demeurent à Berlin où ils s'adjoignent deux ténors et un baryton pour relancer "Das Meister Sextett". Les trois "non aryens" se fixent à Vienne et recrutent eux aussi trois nouveaux : Hans Rexeis, ténor, Rudolf Mayreder, basse, Ernst Engel puis Fritz Kramer, piano ; c'est ainsi que les "Comedian Harmonists" poursuivent leur carrière. De toute évidence, Paris les attire, ils y enregistrent en 1935 les succès du jour : Guitare d'amour, iI pleut sur la route, Il ne faut pas briser un rêve, ou ces airs dans lesquels ils excellent : Sur un marché persan, Ouverture du Barbier de Séville (on n'y mettra des paroles que beaucoup plus tard). Ces enregistrements rares, jamais réédités même au temps du microsillon, sont présents dans ce double compact. Les Comedian Harmonists sont aussi sur scène à Paris à l'A.B.C. aux côtés de Joséphine Baker, au Palladium de Londres, à Copenhague, à Vienne, au Canada, aux Etats-Unis, en Amérique du Sud, en Australlie et Nouvelle Zélande, en Afrique du Sud. L'Anschluss les chassera à nouveau, pour Londres cette fois. Ils y sont des fidèles de la B.B.C. depuis leur première émission le 11 avril 1936, ils enregistreront encore une dizaine de disques, la déclaration de guerre les séparera définitivement… Encore qu'en 1947, Frommermann et Collin tenteront une dernière résurrection des Comedian ; l'aventure ne durera que deux ans. Il en subsistera un disque enregistré à Zurich : The donkey serenade et You and the night and the music. Eric Collin est décédé en 1961, Ari Leschnikoff avait regagné Sofia, Erwin Bootz, Hambourg après un long séjour au Canada, Biberti était resté à Berlin. Harry désormais Frohman, bien que devenu citoyen américain, était revenu à Brême. Seul Joseph Roman Cykowski s'était fixé définitivement aux Etats-Unis, kantor apprécié d'une synagogue de Palm Springs (Californie) célèbre dans la communauté juive américaine. Alain Délot & Marc Monneraye

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