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Liste des albums de :  Renée LEBAS

Chanteuse française

Renée Lebas (Paris, 1917-2009) Née dans une famille juive émigrée de Roumanie, Renée Lieben passe son enfance dans le quartier de La Bastille. Toute jeune, elle collabore au journal L’Écho du XIIe et rencontre Nathan Korb, le futur Francis Lemarque. Vers 1935-36, avec son frère David, Renée fait partie du Groupe 12, affilié à la Fédération du Théâtre Ouvrier de France. Un radio-crochet gagné sur les ondes de Radio-Cité en 1938 lui ouvre la porte du Casino de Cabourg. Sur cette lancée, elle décide de se consacrer à la chanson et obtient un engagement à La Conga, cabaret situé rue La Fontaine. Elle rencontre alors Raymond Asso et enregistre son premier disque en 1939. En mai 1940, Renée obtient un contrat avec Pathé mais doit fuir en zone libre. À Cannes, en 1941, elle chante accompagnée au piano par Michel Emer qui lui compose De l’autre côté de la rue, tandis que Paul Misraki lui offre Insensiblement qui va marquer sa carrière. Sous les conseils de Francis Carco, elle se réfugie en Suisse en 1942 ; pendant ce temps, son père et sa sœur sont arrêtés et amenés au Vel d’Hiv, dont ils ne reviendront pas. À partir de 1942, elle chante et enregistre en Suisse des chansons marquées par la situation : 14 juillet de Gilles, Exil de François Reichenbach, réfugié comme elle. Elle crée La Mer de Charles Trenet avant même son auteur qui la baptise « la chanteuse irréaliste » car elle refuse l’étiquette « réaliste » qu’on lui colle souvent. Pour le fou chantant, elle restera « la mère de la Mer ». À Radio Lausanne, en 1948, elle enregistre Les Feuilles mortes juste après Cora Vaucaire. De retour à Paris, Renée Lebas est la première à retrouver le chemin des studios après la Libération. Elle grave notamment La Fille au manège, peut-être en écho à La Fête Foraine, le cabaret où elle se produit place Pigalle. En 1946, elle passe à l’A.B.C et au Théâtre de l’Étoile. L’Européen, l’Alhambra, Bobino suivront… Elle connaît alors le succès avec notamment Où es-tu mon amour de Michel Emer et Tire, tire l’aiguille sur un air de mariage yiddish, et conservera une grande notoriété durant les années 50. Renée Lebas fut parmi les premières interprètes de Léo Ferré (Elle tourne la terre en 1948), puis de Boris Vian qu’elle rencontre en 1954 avant un récital Salle Pleyel ; celui-ci lui écrit quatre chansons (dont Ne te retourne pas) avec Jimmy Walter, alors le pianiste de la chanteuse. Elle est la créatrice de nombreuses chansons comme La Valse des lilas de Michel Legrand, ou la Ballade irlandaise que popularisera Bourvil. En 1962, elle enregistre La Fête est finie, au titre prémonitoire puisqu’elle abandonne les planches l’année suivante pour se consacrer à la production de jeunes artistes comme Serge Lama. Contemporaine, à un ou deux ans près, d’Édith Piaf – elle créera L’Accordéoniste en 1942, en même temps que la Môme – de Patachou, de Cora Vaucaire, de Michèle Arnaud, Renée Lebas demeure l’une des grandes interprètes féminines des années 40 et 50, chantant d’une voix superbe, claire, assurée, persuasive et prenante un répertoire choisi, en particulier chez ses amis rencontrés dès sa jeunesse et auxquels elle restera fidèle : Raymond Asso, Michel Emer, Francis Carco, Francis Lemarque… ainsi qu’Eddy Marnay et Emil Stern qui lui écriront, entre autres La Fontaine de Varsovie (ou endormie) sur le thème de la shoah… sans oublier Ferré, Aznavour, Brel… qui avaient trouvé, en Renée Lebas, l’une de leurs plus talentueuses interprètes.

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