Et toujours...

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Liste des albums de :  Bud POWELL

Pianiste de jazz américain

BUD POWELL BIO On peut parler de musicien « fertile », pour désigner un homme dont le génie engendra une pépinière de disciples. Chez les pianistes, le qualificatif s'applique particulièrement bien à Bud Powell, car aucun autre ne suscita une telle cohorte de suiveurs ; du piano "bebop” il demeure le représentant le plus éloquent. Cela explique pourquoi John Lewis s'exclama : "Il n'y a plus de styles originaux. Les pianistes ressemblent tous à Bud ou à quelqu'un d'autre, alors que Bud ne ressemble à personne."(Jazz Magazine, mars 1956). On pourrait dire à peu près la même chose de Louis Armstrong et de Charlie Parker et, mais à un degré moindre, de Bill Evans. Ces hommes constituèrent des sortes de continents jazzistiques et l'on peut s'étonner qu'ils aient souvent montré dans leur vie privée une fragilité presque à l'inverse de la force de leur œuvre. Dans sa prime carrière, Bud Powell manifesta une maturité assez exceptionnelle et un solo datant 1944, enregistré à l'âge de 20 ans, sur Honeysuckle Rose présentait un musicien en pleine possession de ses moyens et presque de son style, explicitement forgé à l'école de Teddy Wilson, de Billy Kyle aime-t-on préciser, et, on le découvrirait bientôt; d'Art Tatum. Né dans une famille de musiciens, Bud Powell 'commença l'étude du piano à l'âge de six ans et acquit une solide formation classique avant de faire ses débuts de jazzman, sous la houlette du trompettiste Cootie Williams, entre 1942 et 1944, au sein d'une grande formation. Un autre bon exemple du style de Bud Powell au milieu des années 1940 est son solo, qualifié de "sublime" par Alain Tercinet, sur September In The Rain pour le compte du saxophoniste Frank Socolow et qui portait, nous semble-t-il, la trace de l'influence de Monk. En effet, et Powell ne manqua jamais de le proclamer, il apprit très tôt de Monk des tournures harmoniques, à l'époque où ce dernier était un habitué du Minton's Play House , et fut sans doute un des premiers à avoir été persuadé de l'importance de l'apport musical du "Prophet". Parmi les premières séances auxquelles participa Bud Powell, l'une des plus intéressantes est celle où il accompagna Dexter Gordon avec une autorité indiscutable, chacun de ses chorus étant remarquable ; notons que le reste de la section rythmique constituée par Curley Russell et Max Roach se trouverait aux côtés de Powell pour son premier disque chez Roost un an plus tard. Même si Powell n'avait pas encore un statut de grande vedette, il imprima sa marque sur la séance. Cette réflexion s'applique encore mieux à celle, dirigée la même année par le saxophoniste Sonny Stitt, à la tête d'une petite formation. Stitt et l'autre grand soliste, le trompettiste Kenny Dorham, semblaient quelque peu inhibés, en revanche Powell était au mieux de sa forme et imposa sa stature. Plutôt que d'exagérer la timidité des souffleurs, mieux vaut insister sur ie fait que le piano apparut comme une vraie troisième voix. On notera que deux des compositions choisies, compositions de Powell, Bebop In Pastel et Fool's Fancy deviendraient respectivement Bouncing With Bud et Wail lors de la première séance sous le nom de Bud Powell pour Blue Note. On a souvent disserté sur la relation de Powell à Charlie Parker et Dizzy Gillespie, soulignant qu'il était pratiquement le seul à avoir un phrasé comparable à celui du saxophoniste et du trompettiste. C'était en effet une sorte d'exploit de transcrire au piano l'abrupt et le sinueux des phrases des instruments à vent. Pour Hines, ce grand maître du jazz dit classique, l'homologue au piano de Louis Armstrong, on parlait de trumpet piano style, non qu'Hines eût emprunté son style à Armstrong mais son jeu avait été marqué par le fait que lui-même avait commencé par jouer du cornet. Il faut comprendre que si la révolution bebop fut par bien des aspects une révolution du saxophone (la trompette ayant déjà connu la sienne avec Louis Armstrong), on a parfois qualifié le style des pianistes bebop "d'anti-pianistique", faisant référence au caractère télégraphique de leur jeu, notamment la main gauche jugée parfois un peu faible. Dans le cas de Powell, on pourrait dire qu'il possédait deux mains droites, traçant des figures à l'instar de deux saxophones. On connaît la fameuse anecdote, selon laquelle Art Tatum, probablement convaincu que la plupart des boppers n'avaient pas de main gauche, commença par traiter Bud de "petit pianiste assez doué" et qu'après l'avoir entendu interpréter un Sometimes l'm Happy où la senestre lit jaillir des étincelles il dut admettre s'être lourdement trompé. La séance du 26 juin 1946 pour le compte du tromboniste Jay Jay Johnson n'est sûrement pas ce que le bebop offrit de plus saignant à l'époque, mais, en tout cas, Bud Powell survola les débats IMad Be Bop est un bon exemple), fort à l'aise dans le nouvel idiome et impressionnant par la qualité de son accompagnement et pour toutes ses interventions en solo. Le 10 janvier 1947, Bud Powell eut droit à son premier disque, invité à enregistrer pour le petit label Roost. Il était accompagné par une section rythmique idéale, une des meilleurs dans le style bebop, composée de Max Roach à la batterie et de Curley Russell à la contrebasse. Ce coup d'essai fut un coup de maître et Powell réserva la majorité du programme à des morceaux pris sur des tempos rapides (l'Il RememberApril, Indiana, NiceWork If You Can Get It, Bud'sBubble, Somebody Love's Me, Off Minor), seuls Everything Happens To Me et/ Should Care furent joués sur des tempos plus lents. La maîtrise de Powell évita la monotonie, car c'est probablement une des marques de sa grande classe que de savoir faire respirer la mélodie sur des tempos rapides, comme sur / Remember April, à qui il imprima une allure d'irrésistible liberté, aérée et aérienne. La présence d'une composition de Monk, Off Minor, fut le premier tribut payé par Powell ÿ celui qu'il considérait comme un grand maître. "Ce qu'il faut surtout dire au sujet de Bud, nous prévint Henri Renaud, c'est ce que c'était avant tout un improvisateur (...)Pendant ses grandes années, donc de 45 jusqu'à 50, Bud fut un improvisateur extraodinaire, et j'envie ceux qui ont pu l’entendre en direct à New York à cette époque, quand il jouait Sweet Georgia Brown sur un tempo d'enfer et qu'il improvisait chorus après chorus. Personne n’a jamais improvisé comme cela au piano." ("Bebop Highlights", Jazz Hol, mai 1974). Nous avons choisi de commencer notre sélection portant sur une courte période (de 1944 à 1947) par l'intégralité du premier disque que Powell enregistra sous son nom, inversant l'ordre chronologique. Rien ne paraissait alors devoir résister à cet art et c'est sans doute le sens de ce jugement du pianiste Lennie Tristano, qui nous servira de conclusion et qui situe de manière extrêmement parlante Part de Bud Powell : "Chaque note que jouait Bud était le fruit d'une volonté bien spécifique et c'est fabuleux quand on pense à ce qu'est un piano : rien de plus qu'un gros tas de merde. Ce n'est que vis et bouts de feutre, morceaux de bois et de colle (...) C'est ce qu'on entend quand la plupart des gens en jouent. Mais, quand c’est Bud, ça n’est plus un piano ! (...) Parvenir à cela, c'est pratiquement impossible. C'est pourtant ce qu'il a fait (...) Sa logique musicale était absolument parfaite, quelle que soit la manière dont il l'a conçue dans son esprit et transmise à ses doigts (...) Derrière tout ça il y a l'habileté de Bud, capable grâce à ses doigts et son feeling de réellement vous transmettre tout ce qu'il ressent exactement (...) Il est vraiment difficile de trouver quoi que ce soit à dire sur Bud Powell qui rende compte de sa grandeur (...) Il a apporté quelque chose de vraiment nouveau au vingtième siècle." François Billard

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