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Charles BAUDELAIRE

LES FLEURS DU MAL
Chanté par Georges CHELON
1 CD réédition

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985962

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Artiste
Charles BAUDELAIRE
Type de musique
POÉSIES
Chanté par Georges Chelon

1 La voix                             3’09’’
2 De profundis clamavi       1’31’’
3 Le chat                             2’25’’ 
4 Élévation                           2’43’’
5 L’horloge                           1’57’’
6 Le reniement de Saint Pierre      2’45’
7 Les litanies de Satan        4’45’’
8 Le soleil                            3’06’’
9 Le jeu                                2’17’’
10 La cloche fêlée               1’39’’
11 Les aveugles                  1’38’’
12 À une dame créole         2’36’’
13 Le rêve d’un curieux       2’24’’
14 Correspondances           2’16’’
15 Chanson d’après-midi     2’18’’
16 La servante au grand cœur       2’31’’
17 Don Juan aux enfers                  1’40’’
18 Moesta et Errabunda                2’38’’
19 Ciel brouillé                               2’24’’
20 Brumes et pluies                       2’46’’
21 Le vin du solitaire                      1’32’’
22 Que diras-tu ce soir ?                1’13’’
23 Les petites vieilles                      2’10’’
24 Le cadre (extrait de Un fantôme) 1’26’’                         


Poèmes : Charles Baudelaire

Musiques : Georges Chelon

 



Charles BAUDELAIRE (1821 - 1867)
Dans son immense et magistrale Histoire de la Poésie Française, Robert Sabatier introduit le chapitre consacré à Baudelaire par ce titre : “ Naissance de la poésie moderne ”. Conviction si largement partagée, aujourd’hui, qu’il n’est peut-être pas tout à fait inutile d’essayer de comprendre en quoi résidait alors la modernité de Baudelaire. Car, au regard d’une sévère analyse critique, la chose peut ne pas sembler si évidente. Si l’on excepte les “ petits poèmes en prose ” du Spleen de Paris, dont les premiers textes ne furent publiés qu’à partir de 1862 - soit plus de cinq ans après la première édition des Fleurs du Mal - la métrique et la versification baudelairienne ne sont guère révolutionnaires par rapport à celle d’un Victor Hugo qui, bien des années auparavant s’était attaché à mettre “ un bonnet rouge au vieux dictionnaire ”. Hugo avait depuis longtemps exploré tous les systèmes rythmiques, y compris, parfois, à l’intérieur d’un même poème (“ Les Djinns ” - 1829), et les subtilités de la rime ou de l’assonance, de l’enjambement et des césures décalées n’étaient pour lui que jeux d’enfant. En fin connaisseur qu’il était, il salua “ un frisson nouveau ” chez ce jeune confrère qui lui dédiait plusieurs poèmes ; pourtant, à de rares exceptions près, Baudelaire use d’une métrique relativement conventionnelle, dans ses “ fleurs maladives ” où l’alexandrin et le décasyllabe abondent, entrecoupés, parfois, de vers de cinq ou sept pieds, voire - ce qui est plus banal - de vers de six pieds (qui ne sont jamais que des demi-alexandrins avec rime à l’hémistiche) ou d’octosyllabes, qui sont les deux cadences de base de toute la chanson populaire française.
Quant aux poèmes en prose, du propre aveu de Baudelaire : “ C’est en feuilletant pour la vingtième fois au moins le fameux Gaspard de la Nuit d’Aloysius Bertrand que l’idée m’est venue de tenter quelque chose d’analogue… ”.
Plus que dans l’audace de la forme, c’est donc du côté de l’inspiration proprement dite qu’il faut chercher l’originalité et l’innovation baudelairiennes. Comme tous les poètes de son temps, Baudelaire est profondément marqué par le romantisme, dont il conserve la plupart des thèmes récurrents : la mort et l’attrait pour le morbide, la malédiction du poète, le spleen, les vicissitudes de l’amour et le goût du voyage et des espaces inconnus. Mais, alors que le romantisme s’appuie sur une exaltation de la nature, se traduisant par la fameuse relation “ nature-état d’âme ”, Baudelaire propose une esthétique beaucoup plus ramassée, dégraissée de toutes digressions lyriques, puisant au cœur même de la réalité - le plus souvent citadine - et une véritable recherche introspective. Ainsi le poète n’est-il plus spectateur, mais véritable objet de sa propre quête spirituelle. Ce qui le conduit, parfois, à épouser une véritable mystique noire, à travers laquelle il nous livre son désordre intérieur, ses espérances, ses défaillances, voire sa déchéance. Quitte à chercher “ La beauté du Mal ” et jouir secrètement du “ Plaisir aristocratique de déplaire ”. En ce sens, Les Fleurs du Mal, cet unique recueil, si ramassé, dont Baudelaire disait : “ Dans ce livre atroce j’ai mis toute ma pensée, tout mon cœur, toute ma tendresse, toute religion (travestie), toute ma haine ! ”, ne pouvait qu’ouvrir la voie à des poètes aussi différents que Rimbaud ou Lautréamont (pour sa part d’anticonformisme et de sédition) ou Mallarmé (pour son implacable rigueur).
Marc Robine

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